Bl., II, 150, 167. 220-21 ; VI
2. Obseru. sur les Poés, de Mallierbe, p. 531 de l'éd. de 1666 Le passage cité par Ménage vient du poète alexandrin Nicandre. Alexipharmaca. vers 405 à 410
leurs odes légères ; qu'enfin beaucoup d'entre elles furent adressées à
des personnes qui autrement n'y auraient rien entendu. L'Ode légère, qui prend parfois le nom de chanson, est une ode ''^ courte, ayant pour sujets, simultanément ou non, la nature extérieure / sous ses plus riants aspects, l'amour, le vin, la bonne chère, et d'une
façon générale le plaisir des sens. Cette définition dépasse quelque
peu celle d'Horace :
Musa dédit fidihus
El juvcnum cnias, et libéra vina referre ;
Mais elle ressort des imitations qu'il a faites d'Âlcée, de Sapho, d'Anacréon.et de la strophe bien connue où Horace, se compare àl'abeille industrieuse qui butine les sucs délicieux du thym à la lisière des bois de Tibur et sur les rives fraîches de l'Anio. — Elle ne se dégage pas, non plus, aussi complètement des opuscules tliéoriques de Du Bellay et de Ronsard, nous avons vu pourquoi'. 11 faut aller la chercher dans certaines odes sans prétention, où Ronsard n'aspire, comme Horace, qu'à jouir d'une bonne santé dans un « beau séjour » et à chanter le vin et r « amour «, au murmure d'un ruisselet ou parmi les senteurs des roses. On la trouve encore avec un peu de bonne volonté dans les épîtres liminaires à Christofle de Choiseul et à Jean de Mnrel, où il vante les charmes de l'ode anacréontique et de la chanson marullienne^.
Peletier, dans son unique chapitre surl'Oiic, ne distingue pas sufTisamment l'odelette rustique, amoureuse et bachique de l'ode sans épithète, qu'il traite comme un genre supérieur, susceptible d'un ample développement ; il ne dit pas un mot de la chanson ^. — Laudun a écrit sur rOf/t' co»»?iune un chapitre très confus, où, tout en répétant que « ode et chanson ne sont qu'une même chose », il rapporte une « distinction qu'on a mise » entre la chanson, qui « est le plus souvent de choses viles et rurales », et l'ode, qui « n'est employée qu'es choses graves, à la louange des rois, princes et hommes illustres », distinction qui n'est ni juste ni fondée sur les faits, à laquelle il ne semble pas tenir, mais qu'il ne remplace cependant par aucune autre*.