Carm., lib. I, p. 121 de Téd. de
DE RoNSARn POÈTE LYRiorE [Ode léçirre) 459
ô source fraîchette (frigidvle), tu brililais d'amour, et vous, eaux limpides, vous brilliez d'un pins vif éclnt. O'ie de fois, quand elle vous effleurait de ses lèvres, vous êtes devenues plus douces que le miel de l'Hybla < 1 »
Oril esteertain que Ronsard a suivi les Italiens jusqu'à cette conceptiûn-artiflciclle, précieuse et trop jolie de la nature. Non seulement, comme chez Pétrarque. « le ciel d'amour atteint » brûle de voir les beautés de Cassandre et se penche vers elle « pour mirer l'honneur de son teint » "\ non seulement les fleurs « pâlissent » et « se deulent » du même amour que lui, elles eaux « bruissentw pour Cassandre Il leurs amours éternelles »,
Si son bel fcil se mire en elles ■>,
mais encore, comme chez Flaminio, Cassandre a souvent « miré ses beaux yeux » et « lavé son beau corps » dans la fontaine P.ellerie, et la « mignarde ondelette »
A cent fois baisé les brins De ses boutons cinabrins.
De ses lèvres pourperées, De ses lé\Tes nectarées ;
puis Cassandre s'est endormie « languissante » sur l'herbe de la rive, et tandis que le vent agite son sein « oîi pris il se joue », des oiseaux perchés au-dessus d'elle brûlent d'amour pour cette « nymphe vive »,
Et trepignans dedans l'arbre Font dessus son sein de marbre Escoulcr dix mille fleurs Fleurs fie dix mille couleurs Qui tombent comme une nue Dessus sa poitrine nue ^.
L'imitation des poètes italiens et néo-latins n'échappera ici à personne, surtout si l'on confronte les deux pièces de Flaminio que j'ai alléguées avec la 3» ode A la fontaine Bellerie, d'où j'ai extrait mes dernières citations. .\ la « contamination » déjà opérée par Flaminio dans l'ode Ofons-Melioli, Ronsard en a superposé une autre, s'inspirant pour la même pièce de l'ode 0 fous Melioli et de l'élégie Cur subito /bn«. J'ajoute que le ton général de cette ode astrophique, ces petits vers