lil., II, 403, ode .4 J. Pelelier, publiée eu
2. /(/., I, 120, sonnet Depuis le jour, publié en 1553, où il se reporte à plus de sept aus en arrière.
3. Id., II, 465, ode Si les âmes uagabonJes ; même tome, p. 12.
4. Ce sont les odes Chanson voici le jour el Le printemps vient, puis les trois premières str. de la Défloration de Léde(Bl.. II, 427, 453, 226j. Là, R. célèbre la beauté pbvsique et morale de Cassandre ;iciil lui déclare soaéternel amour et se plainl de sa résistance, comme le fait à chaque instant le chantre de Laure et sur le même ton, sans qu'on puisse toutefois préciser la source de l'inspiration. J ai relevé aussi des traces certaines de pétrarquisme dans l'ode Ma petite niniphe Macêe (v. ci-après l'Appendice, pièce justifie. \ }.
5. Cf. VËlegie à J. de la Peruse, et sonnet à Tvard De tes erreurs l erreur industrieuse (Bl., '\'I, 44 ; I, 424). — Avant que Du Bellay chantât son Olive, et Tyard sa Pasithée, le Lyonnais M. Scéve avait chanté sa Délie, « objet de plus haute vertu » (1544), mais en dizains, imités des strarabotti italiens, el non en sounets. Bien que Du Bellay et Tyard l'aient suivi dans son mélange de platonisme el de pétrarquisme, Bonsard, pour qui le dizain était une forme tout à fait sur année, ne le nomme même pas dans sa revue des poètes erotiques contemporains, tant il attachait d'importance à la forme pour définir et juger les genres.
DE RONSARD POÈTE LYRIQUE {Ode légère) 479
qui, « trop eaflés ou énervés ou amoureux d'une dame paillarde, ou plus curieux des vers que des sentences », n'avaient encore pu à son gré
Apprendre l'art de bien petrarquiser ' .
Après quoi nous l'avons vu dès 1354 traiter de « sots » les « admirateurs de chasteté qui morfondus pelrarquisenl », et en 1336 pousser l'irrévérence à l'égard de Pétrarque jusqu'à railler la constance de son amour ou douter de sa pureté - ; ce qui ne l'empêcha pas de garder une profonde admiration pour son « gentil esprit » et pour son art 3 ; d'où les emprunts postérieurs faits encore au mailre ou aux disciples, mais espacés, triés, atténués ou mitigés.
L'art de petrarquiser ayant été plus d'une fois analysé dans des études relatives aux poètes du xvi^ siècle *, je me contenterai de rappeler pour ma part les principaux thèmes d'inspiration de Pétrarque et la manière dont il les exprima.
Thèmes. — 1° Description de la beauté physique de la bien-aimée qui est idéale : les cheveux, les yeux, le teint, la bouche, les mains, les bras, les pieds, la démarche, l'altitude, la voix, le sourire, surtout les yeux larges et brillants, qu'Amour a fait mouvoir de si douce façon à la première rencontre (le bel accueil). 2° Description de sa beauté morale qui est angélique : bienveillance et commisération honnêtes, modestie, mansuétude, haute intelligence, raison, chasteté, décence, dignité, résistance, rigueur. 3" Influence physique et psychique de ces deux genres de beauté sur l'amant : soupirs, langueur, pâleur, fièvre, insomnie, larmes, perte du libre arbitre, obsession par l'image de l'aimée, cristallisation de toute pensée autour de l'exclusive pensée, indifférence et dégoût pour tout ce qui lui est étranger, goût de la solitude et principalement des lieux où l'amanl est devenu amoureux, où l'aimée a vécu, où elle habite, et auxquels il parle comme à des amis ; par contre, timidité et silence en présence de l'aimée, dont la supériorité trop éminente en impose à l'amant. 4° Antagonisme des