INTRODUCTION XLV
1535 : « L'ode est capable de divers sHle » '. — En 1398 Laudun Daigaliers, grand admirateur de Ronsard et de Du Bellay, mais théoricien éclec.tique et libéral, résumait dans son Àvl poétique tout l'effort des poètes du xvi« siècle, de Lemaire de Belges à Du Bartas et Desportes inclusivement, en s'appuyant sur les théoriciens précédents, y compris Sibilel -. Or, s'il consacrait un chapitre au Cantique et Chanson, un autre à l'Ode commune, un aulre à ['Ode pindarique, un quatrième aux Statices, il ne les en considérait pas moins comme les variétés d'un même genre, le poème lyrique, et il écrivait: « La chanson se gouverne de même façon (que le cantique). Il est vray qu'elle n'est pas si longue et le suject en est plus divers. La chanson et Ode sont presque tout de mesme ^... De son origine l'Ode est venue des Grecs et signifie chant. Et à vray dire ce n'est aussi qu'une chanson; mais pource que la chanson est le plus souvent de choses viles, et rurales, et que l'Ode n'est employée qu'es choses graves, à la louange des Rois, Princes et hommes illustres, voilà la distinction qu'on a mis (sic) entre l'Ode et la chanson »; distinction qui devait lui paraître plus spécieuse que solide, et fausse dans bien des cas, car il ajoutait pour la troisième fois, en se fondant sur Scaliger : « De là est facile à remarquer que Ode et chanson ne sont qu'une chose » ^.
On lit enfin dans les commentaires des Odes de Ronsard, dus à Nicolas Richelet : « Les Odes des anciens n'estoient rien quasi autre chose que nos Chansons, sinon qu'elles estoient plus sérieuses... Notre autheur a mieux aimé retenir le mot ancien comme plus sérieux et moins vulgaire, et par ce aussi que la chanson entre nous ne contient ordinairement que choses simples et populaires, au lieu que les Odes so'nl la plus part graves ei pleines de sujets élevez et recherchez ^ ». Malgré ses prudentes restrictions, Richelet est resté bien en deçà de la
mique, lequel Simonides, 1 un des plus excellents lyriques grecs, n'a point rejette » : il entendait par style comique le style de la conversation, dénué de tropes et de figures. On a opposé de tout temps à la gravité sublime et au style hardi de Pindare la grâce, l'élégance, la simplicité, le pathétique doux de Simonide de Céos ; en outre, au xvi' siècle, on l'a très souvent confondu avec Simonide d'Amorgos, l'iambographe.