Liv. Il, chap. vu, tin
4. Liv. 111, chap. i, début. Tout ce passage n'empêche pas Laudun décrire immédiatement après au sujet de l'ode ; (( .Je puis affirmer avec Pelletier du Mans que c'est Ronsard qui en a été le premier inventeur ou innovateur », ce qui n'a pas de sens : 1" parce que Peletier n'a pas dit cela; 2" parce que, d'après Laudun lui-même, » l'ode commune n'est ù vray dire qu'une chanson ». Cf. Egger, Hellénisme en France, I, 365.
5. Ed. de 1609, t. 11, p. 4. — Ces Commentaires parurent dès 1 édition collective de 1604 ; Richelet nous apprend dans sa dédicace qu'il les a composés « sept ou huit ans y a », c'est-à-dire en 1596 et 1597,
XLVl LES POESIES LYRIQLES DE PIERRE DE RONSARD
vérité. Il se peut qu'en théorie Ronsard ait considéré la gravité, l'élévation et la recherche comme les caractères distinctifs de l'Ode, relativement à la Chanson ; mais dans la pratique il a désigné sous le nom d'ode un nombre considérable de pièces qui n'ont aucun de ces caractères-là et qui ressemblent tellement aux chansons qu'on peut les confondre avec elles ; et inversement, comme l'avoue R. Belleau commentant le deuxième livre des Amours, « sous ce titre de Chansons il a compris un bon nombre d'Odes autant mignardes et gentilles que les premières, ausquelles il a fait porter ce nom » *. Bien mieux, Ronsard a d'abord appelé du nom d'ode de petites pièces qu'il rangea plus tard parmi les chansons, telles que : Du jour que je fus amoureux, et : Quand au temple nous serons, donnant ainsi raison à Des Autels et à B. Aneau, qui protestaient tous deux que le mot ne fait rien à la chose -.
Aon, si une distinction s'impose, ce n'est pas celle que Du Bellay a faite dans sa Deffencc entre la chanson marotique, qu il condamne, et l'ode ronsardienne, qu'il porte; aux nues-'. Non, car il y a des chansons marotiques dans Ronsard et des odes ronsardiennes dans Marot. La distinction qui s'imposait en looO, et qu'il est regrettable de ne pas trouver dans la préface des Odes, c'est entre l'ode légère (odelette, chanson ou vaudeville) des deux écoles réunies, et l'ode grave (héroïque, religieuse ou philosophique) des deux écoles réunies. L'erreur est volontaire chez Du Bellay, l'omission est volontaire chez Ronsard, parce que, cette distinction une fois faite, ils eussent été contraints d'abandonner à leurs prédécesseurs une bonne part de leurs revendications. S'il y eut une « manœuvre », nous croyons qu'il faut la voir là, et non dans les réflexions de Sibilet, de B. Aneau et de Des Autels.
1. V. ci-dessus, p. xliv, note 2. — Sur les rapports intimes de l'ode et de la chanson, voir encore Hoffmann : « L'ode, pour qui nous avons tant de respect, n'est autre chose qu'une chanson... » [De la Chanson, Œuvres, t. III, p. 388. Cité par A. F. Didot dans sa Xotice sur Anacréon, p. 10.)
2. Honsard a même employé le mot chanson et le mot ode l'un pour l'autre dès son premier recueil. En 1550 il commence ainsi l'ode 10 du livre IV : ■■ Chanson, voici le jour, >' BI., 11, 427). En 1552, il va jusqu'à donner ce nom de chanson avec insistance à la plus longue, à la plus grave, à la plus pindarique de ses odes, celle qu'il dédie à Michel de l'Hospital (épode xxi, antistr. xxiii, épode finale .Dans ces passages Ronsard donnait prohablement au mot chanson le sens général de pièce de vers, comme ailleurs où il désigne ainsi des poèmes, des élégies, des églogues et autres genres qui diffèrent totalement des poésies lyriques, comme aussi Du Bellay dans l'Adieu aux Muses et maints endroits. — Voici une variante intéressante à cet égard : en 1551, Honsard terminait ainsi son ode Aux trois sœurs Seymour : « Lors voz escriptz avancez | Se voiront récompensez | D'une aultre Ode mieux sonnée I Qui crira vostre Hymenée. » Mais à partir de 1552 on lit cet avant-dernier vers : ■« D'une chanson mieux sonnée. •»
3. Loc. cit. Cf. la préf. des Vers lyriques, où Du Bellay traite avec mépris les " vaudevilles et chansons s.