Id., son. 101 ; 113, vers 7 et 8 ; 116; 121, vers
10. Id., sext. 6, st. 4 ; son. 157, fin ; Trionfo d'Am., cap. iv, vers 149-51.
11. Id., son. 160. fin ; canz. 7 (à Laure morte), vers 24 ; Trionfo d\im., m, vers 190.
12. Ce dernier vers « E 'n allrui vivo in se stesso morire » correspond au premier tercet de la pièce de Bembo et en explique le deuxième vers.
DE RONSARn POKTE LYRIOl'E {Ode léljrre) 480
De la raison qui languit presque morte
Pour en bailler la clef à l'ennemie...
C'est un grand feu couvert d'un peu de glace...
C'est un despit, uue guerre, une trêve,
Un long penser, une parole brève
Mais .son imitation n'est nullement servile. Il a laissé au modèle italien les traits qui lui ont paru d'un goût douteux, tels que la chasse au tigre ; il en a remplacé d'autres par des équivalents (voyez son troisième quatrain) ; il a modifié profondément l'ordre des idées et le rythme ; il a, en outre, donné un cadre à la peinture. Le début et la fin me semblent bien venir de Jean de Meung plutôt que de Pétrarque ou de Bembo. « Ori met bien ton entencion, » dit Raison à l'Amant dans le Roman de la Rose ; « Vez en ci la description. | Amors ce est pais haineuse, | Amors est haine amoreuse ; | C'est loiauté la deloiaus, | C'est la deloiauté loiaus. | C'est paor toute asseurée, | Espérance désespérée. | C'est faus délit, c'est tristorlie, | C'est léece la courroucie... ' ». Si quelqu'un, dit à son tour Ronsard, veut connaître la nature de l'Amour,
Lise ces vers, je m'en vais le décrire.
C'est un plaisir tout rempli de tristesse.
C'est un tourment tout confit de liesse.
Un desespoir où tousjours on espère,
Un espérer où l'on se désespère
C'est une foy pleine de tromperie.
Où plus est seur celuy qui moins s'y fie...
A la fin Ronsard s'adresse à un ami qu'il met en garde contre la tyrannie de l'Amour ; son langage est encore celui de dame Raison; c'est aussi celui de Lucrèce à Memmius et aux Romains : Il n'y a pas de pire mal que de « recevoir une femme pour maislre » ;
Doncques, à En que ton cœur ne. se mette Sous les liens d'une loy si sujette, Si tu m'en crois, prens y devant bien garde, Le repentir est une chose tarde -.
D'autres vers de cette chanson viennent directement du Roman de la flos(' et achèvent de lui donner une couleur bien française ^. Ladescrip-