Son. Àmor co la nmn (fin
4 Caiii. S' r 7 dissi mai (En) ; son. U misera ; toute la seconde partie du Canzoniere.
DE RONSARD POKTK LYRIQUE (Ode légère) 499
Il est impossible d'en dire autant de RoDsard. Avec la plupart des poètes italiens et néo-latins de la seconde moitié du xv' siècle eldela première moitié du xvi', avec les derniers poètes delà cour de France, il a goûté infiniment les poètes du paganisme, et les plus voluptueux. Comme eux il a négligé le caractère surnaturel et divin que Pétrarque avait exalté dans la femme ; il ne l'a pas considérée comme d'une nature supérieure à la sienne; il a étébeaucoup plus épris de ses charmes matériels que de sa valeur morale et les a décrits beaucoup plus volontiers. Il a mis dans l'amour terrestre le bonheur suprême et ne s'est point soucié de celui de l'au-delà. Il a aimé enfin à la manière de TibuUe et d'Ovide. Il ne s'est jamais établi en lui de lutte entre l'amour et la foi ; surtout chez lui la foi n"a pas vaincu l'amour comme chez Pétrarque ; etce n'est pas lui qui eût terminé son œuvre erotique par un hymne à la Vierge. Tandis que pour Pétrarque l'amour est surtout une vertu, qui, dit-il, lui enlève toute pensée vile et l'incite à la piété ', pour Ronsard c'est surtout un désir charnel, qu'il avoue sans la moindre pudeur.
Ces différences s'accusent dès qu'on entre quelque peu dans le détail, et que l'on compare leur constance, leur plastique, leurs aspirations en amour.
Evidemment diverses amours ont agité l'âme de Pétrarque et il eut des relations plus ou moins pures avec plusieurs femmes. Ses aveux là-dessus ne manquent point dans les Epistolac et le Secretum ; dans le Ca«;on(ere même il lui est arrivé d'écrire qu'il allait parfois « chercher chez d'autres dames la vraie forme désirée de Laure » -. Mais Laare fut son unique amante poétique, ou du moins Pétrarque s'est ingénié à le faire croire et y a réussi; l'impression qui se dégage de ses vers d'amour, c'est qu'il n'a chanté qu'une seule femme et même qu il n'en a vraiment aimé qu'une 2.
Ronsard au contraire ne s'en est pas tenu aune seule maîtresse poétique. 11 a aimé et chanté successivement et même simultanément plusieurs femmes, de nombreuses femmes. Il n'a point cherché à le dissimuler ; il a laissé son ami .Muret écrire et répéter dans son commentaire des Amo«r.s : Telle et telle pièce « ne sont pas faites pour Cassandre, mais pour d'autres qu'il a aimées », et cette note a subsisté dans toutes
1. Canz. Perché la vita ; Gentil mia donna ; SOQ. lo amai senipre ; Le stelU fiai, etc..