Sou. Mùuetii il vecvhierel
'6. y. à ce sujet H. Cocbin, Chrunol. du CanzonierCt pp. 7 et suiv.
les éditions contemporaines du poète'. Il s'est même vanté de son inconstance et en a parfois donné les raisons. S'ilchange de maîtresse, c'est, dit-il, que celle-ci n'a pas été assez « tendre» et « traitable », que celle-là « a faitaccointance d'un autre serviteur », que cette autre est d'une condition trop élevée pour permettre une intimité tranquille, ou qu'une quatrième, volage comme lui, a bien voulu rompre à l'amiable 3. — Nonseulementilne se pique pas d'être fidèle, mais il excuse, il approuve chez les autres l'infidélité avec une désinvolture sans pareille : si l'on trouve mieux que ce qu'on a, il faut en profiter,
Sans grisonner au sein li'une vieille amoureuse,
le contraire serait ridicule, condamnable même :
Celuy qui u'ose faire une amitié nouvelle A faute de courage ou faute de cervelle... Les hommes maladifs ou mattez de vieillesse Doivent estre constans : mais sotte est la jeunesse Qui n'est point éveillée et qui n'aime en cent lieux •*.
Comme Tibulle et Ovide il en courtise, et de très près, deux à la fois :
Ainsi Tibulle aimoit Nemesis et Délie... J'ay cent fois espreuvé les remèdes d'Ovide- . Je suis amoureux en deux lieux *...
et, comme Properce, il écrit à propos de deux passions simultanées:
Hé scais tu pas, lîelleau, que deux ancres jettées Quand les vents ont plus foit les ondes agitées Tiennent mieux une nef qu'une ancre seulement ° ?
11 est même « enflammé d'amour » pour les trois sœurs en même temps '*. Enfin il raconte avec cynisme qu'il passe le même jour des bras d'une « pucelette » qu'il aime « esperdument » dans ceux d'une
1. V. par ex. dansl'éd. Rlancliemain, 1,71,108, 117. Quantaux notes analogues qu'on lit aux pages 48 et 74, tout porte à croire qu'elles sont d'un pseudo-Muret, ayant fait leur apparition seulement dans les éditions de 1584 et 87, trente ans et plus après le premier livre des Amours.