‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 362 sur 509 · Flaminio, Carm. IV. Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Flaminio, Carm. IV. Cf. ci-dessus, p

celles enfin de l'amie rêvée par Ronsard i et surtout de sa première maîtresse poétique.

Pour mesurpr la distance qui sépare Pétrarque de Ronsard, à cet égard, il suffît de rapprocher encore de la canzone Chiare, fresche e dolci acque la 3' ode A la fontaine Sellerie : Laure est seulement assise sur le bord de l'eau, humble et pudique, adossée à un arbuste et toute habillée; sa robe recouvre l'herbe ainsi que son «seinangélique », Cassandre, après s'être baignée dans la source, se couche et repose toute nue sur la rive ; aucun voile ne la recouvre, et Ronsard ne nous fait grAce d'aucune des formes et des couleurs du bel animal humain. Même remarque si l'on rapproche les portraits de Laure et de Cassandre que Pétrarque et Ronsard ont demandé plus ou moins réellement à des peintres de leurs amis. Simone Memmi, pour fixer sur la toile les traits de la première, est allé « dans le Paradis » ; c'est an Ciel qu'il en a pris l'idée, et non sur terre « où le corps fait un voile à l'âme » '. Pour idéaliser la seconde, Nicolas Denisot devra, lui aussi, monter au ciel, mais au ciel des Dieux de l'Olympe, dont la beauté est avant tout corporelle 3 ; et Janet(Fr. Clouet) restera sur terre et la représentera « telle qu'elle est », c'est-à-dire d'après les documents que lui donne Ronsard lui-même, et qu'il puise un peu dans la réalité, un peu dans son imagination, mais plus encore dans Anacréon et l'Arioste.Tous les traits de l'hétaire anacréontique et la plupart de ceux de Bathyllosont été reproduits, ou plutôt développés, dans ÏElcgie à Janet, depuis les cheveux jusqu'aux talons ■*■ ; quant au nez « où l'envieux malin nesauroitque reprendre », au col

Plus blanc que laict caillé dessus le jonc,

à certaines beautés cachées que l'on « juge par conjecture semblables à celles que l'on voit », telles que les « deux pommes verdelettes » qui décorent le sein « poli, large, profond », ou encore les cuisses « faites au tour )), les genoux « douillets » et « la grève pleine », — ils viennent

1. On retrouve dans l'ode Des beautez qu'il voudrait en s'Amie. des détails empruntés à l'Arioste fOrl. fur., portraits d'Alcine et d'Olympie : Capilolo VI, tercet 9, Finio chespiri ..) : d'autres empruntés à Properce, I, élég. 2 ou à Ovide, Ars amal., 111. l.i.l,

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