‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 366 sur 509 · Livre la moi quelque jour · texte numérisé non relu

Livre la moi quelque jour

Dedans un lit à séjour.

Afin qu'eir me baise et touche...

Qu'eir me serre, qu'ell' m'encbaine.

Comme un lierre le cliesne

Ou la vigue les ormeau.\

Mon col de ses bras jumeaux ■*.

Dans une autre, qui termine l'ode A Jnnne impilogable, notre poète, renchérissant sur le Sublimi flagello | Tange Chloen semel arrugantem d'Horace, et se rappelant une ode à Lydia du même modèle, prie la déesse, qui peut le venger mieux encore que l'âge, de mettre la rebelle en feu comme une simple cavale*. Dans une prière A Cupidon pour punir Jane cruelle, inspirée d'Ovide, il demande qu'elle brûle des mêmes ardeurs «indiscrètes» que Biblis ou Pasiphaé 5. Pétrarque,

1. 151., 1, pp. 18, lOô, 106, 110, 392. Même invention au sujet d'Hélène, I, 329 : Ces longues nuits d'byuer.. , et au sujet d'une inconnue, 1\', 333.

2. Id , II, pp. 341 et 486 — Anacr., n" 12 : E'î ysÀioova ; Anthoi, n»> 2, 237 et 243 des Kpigr. érot., 286 des Kpigr. descript. — Saint-Gelais avait écrit un dizain, d'ailleurs très décent, sur le même sujet , I, p. 107). \'. encore le troubadour Arnaud de Marueil Haynouard, Choix des poés. des troub., III, pp. 204 et 218j ; le Hoitiaii de la Rose, vers 2448 et suiv. ; et Cl. Marot, Epigr.viii.

3. lil , 11, 468-69. Cf. Hor , Carm. I, 30 et 36 ,fin; ; Catulle, 6a de la pièce 11 et fin de la pièce V combinées ; Second, Basia, II, début.

4. Ibid , 213-14. Cf Hor., Carni., III, '26. lin ; I, 25, vers 9 à 19 ; il y a eu « contamination » des deui passages. — Xavpgero, qui s était inspiré du Tancje Chloen dans une charmante prière à \'énus \Lusus, u** 38, Diua. quae bas...., n'avait pas eu semblable audace

ô.Ibid.. 2'20 21 Cf. Ov , Amor., 1,2 ; II, 9; III, 2; Ars amat., 1, vers 283 et suiv.

qui, lui aussi, coaaaissait à fond Horace et Ovide, s'était contenté d'écrire : « Je suis prisonnier ; mais si ton arc solide conserve encore quelque pitié et quelque flèche, venge-nous, toi et moi, ô Maître » ', et ailleurs ; « Je ne demande plus [à l'Amour], car désormais cela ne se peut, que mon cœur brûle modérément, mais que Laure ait sa part de mon feu -. »

Dans Pétrarque, on ne trouve rien qui ressemble, même de loin, à celte ode lascive par laquelle débuta Ronsard : Des beaulez qu'il voudroit en s\Amie. Pétrarque y est bien nommé, mais non comme inspirateur de la pièce. La source d'inspiration serait plutôt le roman de Jean de Meung, également cité, où « la Rose » est « si bien décrite » ainsi que les divers manèges de la coquetterie féminine. Certains détails, nous l'avons vu, viennent de l'Arioste et des élégiaques latins ^. Enlin des trois dernières strophes, la première est l'écho d'un passage célèbre de Marot *, et les deux autres la « contamination » de deux strophes horatiennes '•>.

Ce n'est certes pas Pétrarque qui eût écrit l'ode De ta jeune amie d'un sien ami, paraphrase de celle où Horace compare Lalagé à une génisse, trop faible encore pour recevoir l'assaut du taureau « se ruant aux jeux de Venus » ; surtout cette fin qui renchérit, à la façon de Pontano ou de Marot, sur l'invention du poète latin ;

De toi pensive et idolastre. T'adorera quelque matin :

Je prevoi ta maiii qui folastre Déjà sur sa cuisse d albastre.

Et sur l'un et l'autre tetin ^;

ni 1 ode A Cassandre fuyarde, paraphrase de l'ode d'Horace à Chloé, Vitas hinnuleo similis..., surtout cette lin où Ronsard interprète avec une franchise toute gauloise le Tandem desine matrem \ l'empesliva sequi viro :

Et toi, jà d'âge pour te fendre Laisse ta mcre et vien apprendre Combien 1 amour donue d'esbas ' ;

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