‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 38 sur 509 · XLVIII LES POESIES LYRIQUES DE PIERRE DE RONSARD · texte numérisé non relu

XLVIII LES POESIES LYRIQUES DE PIERRE DE RONSARD

pour ainsi dire par manière d'acquit ' ». — Antoine Foclin, à la même date, ne se gêna pas pour insérer dans sa lihrloriijue, parmi de nombreux exemples de tropes et de rjUniies extraits des premières œuvres de Ronsard, ces lignes empruntées à VArt poétique de Sibilet : « La cinquième [manière de vers français] est de six syllabes, de laquelle sont les vers d'uup ode de Saingelais, qui commence :

O combien est heureuse... -

Par contre, dans une page sur les « épistrophes » ou refrains, élément essentiel de certains genres lyriques rejetés de très haut par Ronsard et Du Bellay, il sembla mettre un malin plaisir à citer comme exemple non pas les deux chansons de Sainl-Gelais, Puisque nouvelle affection, et Puisque vivre en servitule, déik c'\lées par Sibilet (II, ch. xv), mais bien une ode de Ronsard, qui est une véritable villanelle, tout à fait analogue, pour le ton et la facture, aux chansons de l'école marotique :

En mon cœur n'est point écrite La rose ni autre fleur.

C'est toi, hlanclie Marguerite, Par qui j'ai cette couleur '■'.

Or aucun poète de la Pléiade ne s'avisa de contredire Peletier ou Foclin, ni même de leur présenter la moindre objection. Plus tard, E. Pasquier, sans plus d'opposition, mit en lumière avec insistance les mérites des poètes qui vécurent sous François V, « entre lesquels Clément Marol et Melin de Saint-Gelais eurent le prix », et des « avantcoureurs » de la Pléiade, « Seève, Bf-ze et Peletier » ; il jugea les Psaumes de Marot aussi beaux qu' « une Venus d'Apelles », admira, malgré son irrégularité rythmique, la chanson de Saint-Gelais sur la mort d'Adonis :

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