‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 380 sur 509 · Ibid, : « Le ciel de chandelles n'eut · texte numérisé non relu

Ibid, : « Le ciel de chandelles n'eut

6. Sannazar a pris la double comparaison des étoiles et des grains de sable à Catulle (VU et LXI) et l'a transmise à Second, qui l'a variée ainsi : Quot guttae Siculo mari, \ Quot sunt sidéra caelo [Bas. VII}.

DE RONSARD POÈTE LYRiQLE [Ode légère) 525

Changement de tableau. Cette fois, aucun baiser n'est donné. Le poète indique seulement comment il veut qu'on les lui donne pour les faire trouver meilleurs, pour irriter le désir, pour éviter la satiété. Second avait commencé son neuvième Baiser par huit vers qui posaient bien le sujet et l'expliquaient. Ronsard les a remplacés, on ne voit pas trop pourquoi, par une strophe qui semble moins opportune, bien qu'elle soit aussi mignarde dans la forme que la scène entière l'est dans le fond. En revanche, ila substitué avec à-propos au.K quatre derniers vers de la dite pièce une double comparaison, souvent employée depuis Catulle, pour exprimer le nombre infini des baisers finalement exigés. — On peut penser que la dernière strophe manque d'harmonie, que le iétail du baiser de l'Aurore au vieux Tithon ne vaut pas celui du baiser de la fillette à son père, emprunté par Second à Sannazar ' ; on peut encore penser que l'attitude de l'amant vainqueur est moins précise, moins pittoresque dans Ronsard. En revanche, on avouera que celle de l'amante vaincue l'est davantage, par suite d'une interversion liabile et d'une heureuse addition 2 ; que certaines expressions, telles que « d'un pié fretillard » et « en vain serez pendante » valent bien celles de Second ; enfin que l'image du taureau courroucé poursuivant « son imourée » est plus originale, plus puissante que les quatre vers à répétitions où Second joue à cache-cache avec la belle fugitive.

On voit que ces premiers baisers de Ronsard ne sont pas de simples paraphrases de Second ; il lui emprunte le thème et en fait le centre de ses odelettes ; il compose le début et la fin avec des réminiscences quelque peu étrangères àce thème, qu'il les prenne à d'autres pièces de Second ou à d'autres auteurs ; il s'évertue en outre à modifier les détails de la mise en scène et réussit quelquefois par là à égaler ou même à surpasser son modèle.

11 est encore une pièce de looO qui peut être rangée parmi les « baisers », mais dont on chercherait vainement l'original dans les œuvres de Second. C'est l'ode A Macée,

Ma petite nymphe Macée Plus blanche qu'ivoire taillé... '

l'ai cru pendant longtemps que Ronsard ne la devait qu'à lui-même,

1. Sannazar, Epigr., I, Ad Xinani. vers 3 : Non quas dent bene filiae parenti... Ovide avait seulement parlé du baiser entre frère et sœur, et de celui de Phœbus à Diane, dans le passage qui a inspiré Sannazar Amores, II, 5, vers 25-28,. — Ronsard a repris 1 idée dans le sonnet pour Astrée, A mon retour... BI., I, 273.)

2. L'addition, c'est la parenthèse : « Tenant un peu l'œil baissé, ■> — qui vient ellemême du Baiser X, à la fin duquel on lit : Legem subniissis audiat banc oculis...

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