‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 383 sur 509 · Bl · texte numérisé non relu

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4. Secoad : Labra cvhuubatini coniniitte corallina labris {Eleg., 1. 5, 23'. Duni me mollibus hinc et hinc lacertis | Astrictiim premis... Bas. Y). — Catulle. \ .

5. Second : lJeu,quae sunt ociilis nieis | Nala praelia ciini labris ! {Bas. Vil). Cf. Muret. Jnuenilia : Dum te. Margari. basiare conor...

6. Féli'., Canz. 1 jSt. 2j et2 (st. 1) ; .Marulle, Epigr.. 11. Donec liber eram...

7. R. Belleau emploie deux fois le mot dans ses notes sur cette cbansou.

DR RONSARD POÈTE LYKIQLE {Ode légcrc) 531

Veux tu que je les haise Hà, ma cliere ennemie.

Afin de les ouvrir ? Si tu veux m'appaiser

Hà, tu fais la mauvaise Redonne moy la vie

Pour me faire mourir: Par l'esprit d un baiser.

Je meurs entre les bras Hà I j'en ay la douceur

Et si ne t'en chaut pas ! Senti jusques au cœur.

Ces deux strophes simples, alertes, expressives, contiennent l'argument irrésistible : la coquette ne veut pas être homicide et cède enfin ; l'amant, transporté de joie, revient à la vie. Tout cela appartient bien à Ronsard, quoique l'idée du baiser qui ouvre les yeux lui ait été suggérée par Properce *, et que celle du souille vital que les amants échangent, s'enlèvent et se rendent à volonté par le baiser, lui vienne encore de Second -. La strophe finale fait ressortir la douceur d'une passion mutuelle et jette ce cri d'enthousiasme :

Heureux sera le jour Que je raourray d'amour.

Nous avons déjà vu Ronsard souhaiter à propos de Cassandre, non pas seulement de mourir entre ses bras de cette mort dont on ressuscite, mais d'y trouver bel et bien la mort vérilalile, comme le souhaitaient Properce et surtout Ovide 3. H avait répété à Sinope :

Entre vos doux baisers puissé-je prendre fin * !

11 le répétait à une autre, probablement à Genèvre, dans la chanson que nous venons de résumer.

Marchant sur les traces de J. Second, Ronsard souhaita plus encore. Il souhaita de mourir au même instant que sa maîtresse dans un spasme suprême d'amour réciproque. Second avait ainsi terminé son Baiser XIII :

Erijo, âge, lahra ineis innecle Icncicia lahiis, Assidiieqiie duos, spiritiis iiiius alat :

1. II, élégie 15, ver-s 7 ; îïla nieos soiuno hipsos palefecîl ocellos \ Ore sno, el lîirtt ; Siccine, lente, jaces ? Honsard s'était déjà souvenu de ce passage dans le délicieux sonnet à Marie : Mignonne levez-vous^ vous estes paresseuse.

2. Eleg., I, 5, vers la fin ; Et cum suaviolis aniniani deponere nostris... : Baiser X, vers 12: Et miscere duas juncta per ora animas \ Inque peregrinum di/]'undere corpus iilranigue ; Baiser XIII entier; Baiser XVI, deuxième moitié ; Et vitain tibi luniji | Reddani afilannne basii... El vitain mihi longi \ Afflabis rare basii. — Ronsard est revenu plusieurs fois sur cette idée poétique des amants confondant ot échangeant leurs âmes dans le baiser amoureux (Bl , I, 195-9(). 205, 230. 383 ; II. Uti ; IV, 290-91 ,. Pour l'origine, voir Anihol. gr,, une épigr. de Platon trad. de l'éd. Jacobs, I, p. 30, n" 78 , et .\ulu Gelle. .Viiifs Att., livre XIX, n» xi.

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