DE L'INVENTION DE LODE FRANÇAISE
I. — L'Art poétique de Th. Sibilet. Le chapitre du Cantique, du Chant lyrique et de la Chanson : trois variétés de 1 Ode ; ressemblances et différences.
II. — La Deffence et Illustration de la langue française. Opinion de Du Bellay sur l'Ode et la Chanson. Préface de Vlphigene de Sibilet. Préface des Quatre premiers livres des Odes de Ronsard. Circonstances atténuantes.
III. — Les répliques de B. Aneau et de G. des Autels. Ce qu'elles renferment de vrai. Mellin de Saint-Gelais attaqué par Ronsard.
IV. — Le nom de l'Ode. Les caractères de l'Ode avant Ronsard et chez Ronsard ; étendue de son domaine ; variété de ses rythmes ; diversité de son style : l'Ode légère et l'Ode grave.
V. — L'Ode de Ronsard est le terme d'une évolution ; lui-même l'a reconnu. L'opinion de Des Autels a prévalu au xvi° siècle : Ronsard, prince de l'Ode, n'est pas le premier auteur d'odes.
Au mois de juin 1348, un avocat poète, Thomas Sibilet, publiait à Paris un Art poétique où se trouve exposé assez exactement l'état de la versification et de la poésie françaises à la fin du règne de François 1"" ^. C'était comme un résumé de la doctrine des poètes Marotiques, doctrine mixte, faite de traditions médiévales héritées des Rhétoriqueurs, et de nouveautés dues à la Renaissance italienne, à l'imitation directe des Anciens ou à l'ingéniosité des Français. La ballade, le chant royal et la chanson y avaient leur place légitime
1, Paris, Gilles Corrozet, 1548. Privilège du 25 juin 1548. Epitre au lecteur du 27 juin (Bibl. Nat., Rés., Ye, 1213).