Cann., 111, 19, vers 9 à latin
2 Cette Madeleine ne semble pas être imaginaire. En se reportant au tableau du 3* livre des Odes de 1550 (ci-dessus, p. 32), et en remarquant que Ronsard assimile ici Madeleine à la femme du vieux jaloux Lycus, on pensera que c est à la même " mal mariée » qu'U adressa l'ode A Madelaine aiant mari uieillart.
o'ti SOURCES ET (IKIGINALITÉ
Enfin l'hémistiche d'Horace : Insanire juvat (que j'ai traduit par : Vive la folie !) ayant évoqué d'autres souvenirs: Dulce esl desipere in loco, ou bien recepto j Dulce mihi furere esl amico ; — et l'idée du « zephire qui porte les bruits» en ayant évoqué un autre : Mtisis amicus, Irixiiiiam et meliis \ Tradam ventis *, Ronsard termine avec une aisance qui achève de montrer combien il s'était assimilé son Horace vite et profondément :
Le soin qui en lame s'engrave
Secoure aus vens ores tu dois :
C'est chose saige et vraiment grave
De faire le fol quelquefois -.
D'autres fois Horace chante le plaisir de revoir ses amis: «... Ouvrons l'amphore et ne la ménageons pas, dit-il pour le retour de Numida ; dansons la danse des Saliens ; que Damalis, la forte buveuse, n'en remontre pas à Bassus pour vider la coupe d'un trait comme les Thraces ; que durant le festin abondent les roses, lâche vivace, le lis éphémère... » — «... Viens donc payer à .lupiter le festin promis, dit-il à P. Varus, son compagnon de défaite à la bataille de Philippes ; repose-toi des longues fatigues de la guerre sous mon laurier, et n'épargne pas les cruches qui te sont destinées. Oublie tes misères en buvant le Massique dans les coupes polies ; que de larges conques répandent les parfums. Qui va se hâter de tresser en couronnes l'ache des marais ou le myrte ? Qui Vénus nommera-t-elle roi du festin ? Je ne serai pas plus sage que les Thraces dans mon délire : il est doux de perdre la raison quand on retrouve un ami. » — «... Voici pour moi un vrai jour de fête, dit-il à propos du retour d'Auguste vainqueur des Cantabres ; arrière les noirs soucis ! Esclave, va chercher des parfums, des couronnes et une cçuche de vin qui date de la guerre des Marses... Dis aussi à Néère, dont la voix est si belle, qu'elle se hâte de relever d'un simple nœud ses cheveux parfumés de myrrhe ^... » .\joutez à ces passages celui que nous avons déjà traduit, où l'esclave est prié de rafraîchir les coupes de Falerne et d'aller chercher Lydé la musicienne, qui noue ses cheveux à la mode lacédémonienne * ; retranchez les détails purement romains, les libations à Jupiter, la danse des Saliens, l'ache des marais, les cassolettes, le roi du festin, l'ivresse légendaire des Thraces, la guerre des Marses ; donnez aux femmes des noms