‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 408 sur 509 · V. l'éd Jannet, pp. 39 à 42 el · texte numérisé non relu

V. l'éd Jannet, pp. 39 à 42 el

4 Temple de Veiiiis. éd. de 1549, p. 385. éd. Stecher. III, p 114. <"f. Ovide, Mélani.. X. vers 85. — Ronsard s'est plus d'une fois souvenu de ce poème de Lemaire. notamment pour le sonnet Quand vous serez bien vieille, et l'on a pensé, non sans raison, qu'il avait pu y prendre la première idée des vers où il invite ses maîtresses à jouir vite des roses de la jeunesse Thibaut, thèse fr. de 1888, p. 244". Slecher signale, en outre, au tome IV de son éd., p. 334, des vers latins et français manuscrits de Lemaire. datés de 1498, qui sont << une paraphrase assez gracieuse •> du vers d'Ovide : l'tenduni est aelale. cita pede labilur aetas.

5. Jean Marot a écrit sur le même thème, mais sous une forme brutale, et sans la comparaison de la rose, deux rondeaux qu'on lit à la p. 236 de l'éd. Coustelier.

6. Edition .lannet. II, 157 : ]\ , 22-23. On lit dans cette traduction du 't colloque " d'Erasme : « \'oyez vous bien là ceste rose ] Qui s'est toute retraîcte el close I Vers le soir? — Je la vois. Et puis? | \'oulez vous dire que je suis | Ainsi decheue? — Toute telle. » Voyez encore III. p. 85 ; II, P- 18 et p. 86. Ce dernier passage, contenu dans le Chant nuptial de Renée de France, vient directement de la fin du Carmen nuptiale de Catulle, que Ronsard a également transportée dans sa Bergerie :IV. 36\

7. Edition Blanchemain, I, 110. Ce douzain fait partie du recueil de 1547.

UK HONSARu roÉTE LïHioi E (Ode légère) 589

ajoutant des détails gracieux, et, sans perdre de vue « le rosier de maistre Jean de Meun », expose ainsi la moralité du récit : Vous donc, jeunes fillettes,

Cueillez bientost les roses vermeillettes A la rosée, ains que le temps les vienne A desseicher : et, tandis, vous souvienne Que ceste vie, à la mort exposée.

Se passe ainsi que rose ou rosée '.

Enfin c'est Antoine de Baïf, qui paraphrase lourdement en 1352 l'ode latine de Pontano citée plus haut, et termine par ces vers :

Jouon, folàtron, migaone...

Cueillon la rose épanie

De nostre flcury printemps -.

Ronsard parait alors dans le champ de roses, où languissent à ses jeux tant de fleurs fanées, où gisent à ses pieds tant de fleurs mortes, mais où survit impérissable le vieux symbole, si vieux que son origine se perd dans la nuit des temps. 11 fait la gageure de le rajeunir, il prétend rendre à Tithon la beauté quicharmarAurore, et il y réussit.

Deux mots suffisent à expliquerle miracle : disposition et discrétion ; ce sont les deux baguettes magiques de l'artiste. Dans l'ode Mignonne, allon voir, pas une image, presque pas un mot dont on ne puisse rendre compte par les lectures de Ronsard ; mais rien de trop, rien de moins, une tournure originale, un organisme nouveau, un tout complet, .vi7nplex et uiium. Dix-huit octosyllabes seulement, en trois strophes, dont chacune renferme un développement particulier, un acte du petit drame . (car le récit a cédé la place à l'action), un acte séparé du voisin par un temps, par une pause, intimement lié pourtant à lui par une fleur, celle que le couple va voir, et par une autre fleur, celle qui voit et réfléchit. Un entrelacement continu de ces deux roses, je veux dire un mélange des expressions qui conviennent à l'une et de celles qui conviennent à l'autre, une fusion hardie qui rend plus sensible la vérité du symbole. Des répétitions voulues, pour justifier la comparaison dans la première strophe, augmenter le regret dans la seconde, doubler l'urgence dans la troisième ; la présence dans les trois du mot «mignonne», caressant, insinuant, engageant. L'ensemble prestement enlevédans le minimum d'espace possible, avec un début vif et entraînant, une protestation véhémente à la « marâtre immortelle », un monosyllabe qui

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