‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 417 sur 509 · Monlaigm-, I, clup \i.i.v · texte numérisé non relu

Monlaigm-, I, clup \i.i.v

i. Tableau de la p fr. un XVI' s., éd. Charpeatit-r, pp. tSGS, ut les notes.

OU la chambrière. Il pensait, ce que Victor Hugo a si puissamment dit, que tous les mots d'une langue ont leur noblesse et leur poésie, comme tous êtres et toutes choses ; et il tenait cette opinion du Roman de laJioseK En cela il n'est point du tout classique. Pour lui, l'art et la réalité n'étaient nullement incompatibles, ni dans le fond ni dans l'expression. Ennemi du prosaïsme en vers, il ne l'était pas de la réalité 2.

En ce qui concerne particulièrement ses odes anacréontiques, où les termes d'apparence vulgaire nous étonnent plus qu'ailleurs, Ronsard a pensé que le genre même des chansons de table ^, cultivé par Anacréon au moins autant que par Alcée, autorisait, comportait même une certaine licence non seulement dans les sujets, mais dans les expressions; et il s'y est abandonné de propos délibéré, par scrupule d'érudit. Enfin il s'est fait très probablement d'Anacréon une idée assez diflérente de celle que nous nous en faisons : il se l'est représenté sous les traits d'un poète de cour peu sentimental, ayant, avec une pointe de mélancolie, lu gaîté bruyante d'un Marot ou d'un Rabelais, très libre en paroles, très bon vivant, ami des jolies filles et de la divine bouteille *. Fut-il si loin de la vérité V N'est-ce pas ainsi qu'était le vrai Anacréon, non plus celui d'Ale.xandrie, ou de la décadence grécoromaine, fin, élégant, relativement précieux dans la forme, mais celui de Samos et d'Athènes, plus naïvement simple et plus exubérant? Et la plupart des pièces anacréontiques de Ronsard ne sont-elles pas, en définitive, par leur fluidité, par leur verve facile et parfois populaire, plus voisines de l'Anacréon ionien que celles du recueil de 1354 ^ ?

Quoi qu'il en soit, elles sont plus françaises qu'alexandrines, plus gauloises que précieuses. Autant dire que Ronsard s'y est montré profondément original, et qu'il reste créateur quand il imite. Son tempérament s'y trahit à chaque instant, même quand il traduit c, comme dans les odes du même genre qu'il a imitées d'Horace. « Grâce

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