y. ci-dessus, p
2. Les mots réputés bas à partir du xvii*^ siècle abondent dans Honsard, même dans ses œuvres d'inspiration éles'ée.
3. Sur le /.(u;j.04, le i/.'JÀ'.ov et en général les jjjjiTto-ri/.i, cf. A. Croiset, Litt. gr., Il, pp 21U et suiv.
4. La preuve, c eiit que, voulant ùcrirQ VEpitapbe de Rabelais, il se contenta d'adapter à sa physionomie déjà légendaire ^en forçant un peu la noie dans le sens bouli'onet en laissant de côté les mœurs pédérastiques d'Anacréon) les épigramnies de l'Anthologie consacrées au poète ionien par Sinionide, Antipater de Sidon et Dioscoride.
5. 11 ne faudrait pas croire d'ailleurs que le recueil de 1554 fût exempt d idées licencieuses et de termes populaires ; voir par ex. les u*'* 3, 13, '23, 26, 29, 31, 38, 52 ; mais tout cela parait relevé eu grec et ne l'est plus en français, tant nous sommes dupes de notre imagination et du prestige du son des mots.
G. C'est ce qui est arrivé à Amv'ot, auquel on est très loin de le reprocher.
DE RONSARD POÈTR LYRIQUE (,Ode lé'jrre) 013
alexandrine mêlée de bonhomie gauloise ; art de reproduire la délicatesse antique et de nous pénétrer de son parfum en l'assaisonnant de sel gaulois ; curieux mélange de la mignardise anacréontique et de la saveur gauloise », telles sont les formules qui ont servi à caractériser les odes anacréontiques de Ronsard '. Ces formules me semblent excellentes en ce qui concerne les odes où paraît le personnage de l'Amour. Elles accordent trop encore à l'alexandrinisme dans les autres odes, dans celles où le poète lui-même parle aux femmes, ou bien demande qu'on lui verse du vin. Un nouvel exemple fera comprendre ma pensée. L'auteur grec avait écrit l'allégorie suivante : « Pouliche de Thrace, pourquoi donc, me jetant des regards obliques, me fuis-tu sans pitié? Penses-tu que je suis malhabile? Sache-le donc : je te mettrais convenablement la bride, et, tenant les rênes, te ferais bien tourner au bout de la carrière. Mais pour l'instant tu pais dans les prés, et, légère, tu joues en bondissant. C'est que tu n'as pas encore eu un adroit cavalier pour monter sur loi. » Ronsard en adresse la paraphrase A sa jeune maistresse :
Pourquoi, comme une jeune poutre.
De travers guignes tu vers moi ?
Pourquoi, farouche, fuis tu outre Quand je veus aprocher de toi ?
Tu ne veus pas que l'on te touche :
Mais si je t'avois sous ma main, Asseure toi que dans la bouche Bien tost je t'aurois mis le frein.
Puis te voltant à toute bride Soudain je te ferois au cours.
Et te piquant, serois ton guide Dans la carrière des Amours.
Mais par l'herbe tu ne fais ore Que suivre des prés la fraicheur, Pource que tu n'as point encore Trouvé quelque bon chevaucheur.
Plus d'allégorie, plus même d'équivoque, personne ne peut plus s'y tromper : notre poète a établi d'un bout à l'autre une comparaison entre la cavale et la jeune fille, dont il n'y a pas trace dans le grec. Les mots que nous avons soulignés ont suffi pour changer le caractère de la pièce entière. De symbolique elle est devenue grivoise, comme l'expression « chevaucher sans selle », ou simplement « chevaucher », courante chez les poètes et les conteurs des générations précédentes pour