Hor., Epist., I, 5 ; Garni t passitii
Gi'À SOURCES ET OHIGINALITÉ
2» Buvons, le via pris sans excès ébranle les nerfs, épanouit l'être, engendre la joie et dispose à l'amour :
Vina parant animas faciuntque caloribusaptos.,- Vina parant animiint ueneri,nisi plurima siimas'..-
3° Buvons, le vin copieusement absorbé fait oublier les soucis, quels qu'ils soient, notamment ceux de l'amour-passion : Dissipât Evius curas
edaces ;
Adde merum vinoque novos compesce dolores..- Saepe ego tenlai'i curas depellere vino^..-
La « folastrie » Assez vraiment on ne révère, où Ronsard salue en Homère un « heureux boiveur», ainsi que l'avait fait Rabelais 3, où il interprète un vers de l'Iliade comme un oracle de Bacchus, ainsi que l'avaient fait les poètes anacréontiques *, mais avec une abondance et un mouvement tout nouveaux, réunit avec un rare bonheur, précisément en iooli, ces trois thèmes chers a Horace, à Tibulle, à Properce, à Ovide. Et quand l'année suivante parut l'Anacréon de H. Estienne, quand Ronsard jeta les yeux sur cette odelette : « Donnez-moi la lyre d'Homère, mais sans la corde guerrière^... », qui était comme un résumé de sa « folastrie », quand il lut ces éloges du vin, ces exhortations à boire et ces descriptions de vendanges, qui exprimaient si vivement ses propres goûts, ses propres visions, et répondaient si élégamment ù ses lectures, à ses productions antérieures, ce fut une véritable ivresse poétique ; il n'eut pas de cesse qu'il n'eût fait passer dans ses odes les dix ou douze pièces bachiques du recueil béni. — Celte même
1. Ov., Ars amat-, I, 237 et suiv. ; cf. III, 761 et suiv. ; Hemcd. Ainoris, fia. Ovide, comme Horace, insiste sur la mesure qu'il faut garder en buvant.
2. Hor., C'urm., II, 11 et passim ; l'ibuUe, I, éleg. 2 et 5 ; III, élég 7. Cf. l'roperce, III, éleg. 17, prière à Bacchus, surtout ce vers très concis :
Per ie jungixntur, per te sohuntur amantes.
Les rapports de l'ode erotique et de l'ode bachique sont tous contenus dans ces passages des èlégiaques latins, et résumés dans cet hémistiche proverbial de Térence : Sine Cerere et Libero friget Venus [Eunuque^ I\', scène 6, vers 732j. Marot a traduit littéralement ce proTerbe dans son épigr. xxvii :
Sans Ceres et Bacchus toujours Venus est froide ;
et Rabelais l'a repris dans le chap. de son troisième livre où le médecin Hondibilis expose à Panurge " les cinq moyens de refréner la concupiscence charnelle », opposant les effets du vin pris « intempéraniment » à ceux du vin pris « tempéramment •> (ch. .\ixi. début . — Honsard, ainsi que tous les poètes épicuriens et anacréontiques, réunit presque toujours le vin et l'amour : comme il est, par là encore, éloigné de Pétrarque ' et comme il ressemble au contraire aux poètes ovidiens. tels que Pontauo !
3 Bl , VI. 343 — Rabelais, I, prologue (vers latin Source commune. Horace, Epitrès. I. 19 vers 6 ; Laiidibus arguitur uini vinosus Honierus.