‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 426 sur 509 · N" 48 : AoTï u'v. ÀJor.v 'Ou/ooa · texte numérisé non relu

N" 48 : AoTï u'v. ÀJor.v 'Ou/ooa

DE RO.NSARU HùÈTE LYHiyLE {Ode léijère) H^3

année, dans V Epis tre à Ambr. de la Parle, il avoue préférer «le bon Bacchus à tous les autres dieux » :

Sur tous plaisirs la vendange m'agrée, A voir tomber ceste manne pourprée Qu'à pieds deschaus un gascheur fait couler Dedans la cuve à force de fouler...,

et il décrit les vendangeurs parmi les pampres et au pressoir avec la précision d'un connaisseur, avec l'enthousiasme d'un bon vivant qui a le culte delà « plante sacrée ' ».

Cela nelui suffit pas. Ce qu'on a dit d'Alcée s'applique parfaitement à Ronsard : « S'il s'agit de trouver les motifs de boire, il n'est jamais à court. .. Quelque temps qu'il fasse, quelque circonstance qui se présente, c'est toujours pour lui une raison d'emplir sa coupe - ». Son ami Brinon lui a-t-il offert en étrennesun verre (détail significatif), il fait, d'après le poète italien Bino, l'éloge de ce verre « qui est le compagnon de Venus la joyeuse-'' ». Est-il à la Possonnière en automne, il célèbre dans un hymne imité de Marulle « le Dieu des verres et du vin... Bacchus le Vendomois », qui jadis vint camper sur les rives du Loir, fit surgir sur les collines environnantes

La vigne hérissée en fueilles et en fruits,

etprovigna de ses propres mains le clos, fertile encore aujourd'hui, de la Denysière*. Un paysan de sa vallée vient-il à se marier, il l'invile, d'après un fragment de Panyasis, à boire plutôt qu'à manger le jour des noces, pour se préparer comme un bon soudart à l'assaut :

Boy donc, ne fay plus du songeart, Au vin gist la plus grande part Du jeu d'amour et de la danse "...

Réunit-il à dîner quelques amis, entre autres Belleau, qui ne buvait guère, il les exhorte, à la façon d'Horace et de Martial, à « boire d'autant », et autant de fois que leurs maîtresses ont de lettres en leur

1. B1.,VI, 347. Cf. K. Belleau, iîerj/en'es, preni. journée, la même scène de vendanges vigoureusement développée : C'esloilen la saison... (éd. Maily-Lav., tome 1. p. 229 .

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