‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 427 sur 509 · Bl., V · texte numérisé non relu

Bl., V

5. Bl , 11, 351 Le titre « ode géniale », c'est à-dire ode conjugale ou matrimoniale, n'a paru que dans les éditions posthumes ; maiscette pièce, qui commençait primitivement par ce vers ; Boy, vilain, c est trop mangé..., l'ut certainement écrite à l'occasion du mariage d'un paysan (les trois prem. strophes le prouvent assezj Le fragment de Panyasis. conservé par Stobée .Flunl., XVUl. 22 1, ne parle nullement de o nopce ».

nom : « Je veux, me souvenant de ma gentille amie '... » Les chaleurs de l'été sont-elles accablantes, après la comète de 1556, qui « ne predisoit que la soif », il se rappelle le fragment d'Alcée : « Arrose de vin tes poumons... », et reproche à Belleau d'être trop sobre « pour un tourneur d'Anacreon* ». Ici il faut se rafraîchir ; dans la « folastrie » de 1353, citée plus haut, il fallait en buvant se réchauffer et se dédommager des rigueurs de l'hiver.

Mais quelle que soit l'occasion de ses pièces bachiques, quelle que soit la source littéraire de son inspiration, grecque, latine, italienne ou néo-latine, ses couplets et ses tirades prennent très vite le ton des beuveries larges et bruyantes du roman de Rabelais. Partout se manifeste, comme chez Rabelais, une joie franche de buveur qui aime le vin et la table, et qui en use, de tout son cœur 3. Voici même, improvisé probablement dans une auberge, un couplet de 1509, qui vaut bienl' « épilenie » que la pontife Bacbiic souille en l'oreille de Panurge *. Tout en parlant sur un vers d'Alcée, il estcomme un écho des /hicchanalesei du Chrint de folie, à Bacciius, anléricur^ de vingt ans. On remarquera en passant que ce couplet, d'un rythme unique dans l'œuvre de Ronsard, atl'ecle la forme d'une coupe :

Boivoii. le jour n'est si long que le doy. Je perds, amy, mes soucis quand je boy : Donne moy vite un jambon souz ta treille. Et la bouteille Grosse à merveille Glûugloute auprès de moy : Avecq la tasse et la rose vermeille Il faut chasser esmoy .

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