‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 435 sur 509 · Même type et même remarque que pour la pièce précédente · texte numérisé non relu

Même type et même remarque que pour la pièce précédente

->. Ordre des rimes, aabaabbbabba. Alternance presi|ue toujours observée dans chaque strophe, mais sans unité de structure.

(ï. Ordre des rimes, a b a b b c c. Même remarque.

7 Tj'pes emploj'és ; a a b b a : a b a a bhcc:nbnbbccbcb: abaabbcc d c c d ; a b a b b c c : a a b a a b b c c. Même remarque.

8. Strophes impaires : fmffm m /'- /- ; strophes paires du type inverse : ni f m m f f m- m-. Unité de structure parfaite.

ET CHANSONS DE RONSARD f)47

lant « de l'origine et beauté de la très illustre dame decedée et de sa très royalle lignée », série de dizains en décasyllabes '. — Les Annales d'Arjuilainc elles-mêmes, l'ouvrage de Bouchet le plus consulté par les historiens avec ses Epislres morales et familières, ont leur prose, du moins les deux premiers tiers, constellée de pièces monostrophiques (surtout de quatrains relalifs à des batailles ou à des sièges, de huitains et de dizains formant épitaphes), en téfe desquelles figure une véritable ode en quatrains décasyllabiques intitulée: « Hymne ou Oraison envoyée par saint Hilaire à sa fille Apre pour estre dite par elle au matin et au soir -. »

J. Lemaire de Belges est bien plus moderne que Bouchet, quoiqu'il soit mort trente ans avant lui, 11 est le vrai instaurateur de la Renaissance française, non seulement par son humanisme, parle fond païen et naturiste de ses œuvres, mais par le sens artistique très développé qui éclate dans leur composition, leur style, leur vocabulaire et la forme métrique de ses pièces strophiques. De tous les Rhétoriqueurs, c'est le plus poète ; mais ceci ne serait encore qu'une qualité négative, car les Rhétoriqueurs ne le furent guère. C'est un poète tout à fait digne de ce nom. Originaire du Ilainaut, où il a passé ses vingtdeux premières années, puis Lyonnais de séjour, de cœur et d'intelligence, et interprète éloquent des tendances esthétiques librement exprimées sur la colline de Fourvière, puis valet de chambre de Marguerite d'Autriche en Bresse, en Savoie et en Belgique, enfin secrétaire d'Anne de Bretagne et émule respecté des écrivains de la cour de Louis XII (y compris Crétin, dont il se disait le disciple reconnaissant) 3, il a été le trait d'union entre la Renaissance bourguigno-flamande et la Renaissance italo-francaise. Par ses idées nouvelles, par l'étendue de ses connaissances, parson imagination, par sa proseabondante, ample, colorée, poétique, il a exercé sur la génération de Cl. Marot et celle de Ronsard une influence comparable (quoique très difTérente) à celle de Chateaubriand sur nos Romantiques et nos Parnassiens. Il a en outre écrit les vers les plus harmonieux qui aient vu le jour en France dans le premier quart du xvi^ siècle, et il a été, en fait de rythmique, le guide le plus éclairé de nos poètes novateurs, l'agent le plus fécond de l'évolution qui s'est accomplie d'Alain Chartier à Ronsard ^. Non seulement il a été l'un des premiers, avec Jean Marot,

1 Ordre des rimes : aabaabhhcc. Alternance observée dans chaque strophe, mais sans unité de structure,

2, Trad, littérale d'une prière latine de S. Hilaire Pas d'alternance régulière.

3, Voir la dédicace du 3*^ livre des Illustrations de Gaule.

4, J. Lemaire se distingue des autres rhétoriqueurs par un sentiment très vif

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à tenter la réhabilitation du vers alexandrin dans les longues descriptions et narrations à rimes plates * ; non seulement il a introduit le premier dans lapoésie française moderne le rythme de la terza rima 2, mais il a écrit un grand nombre de pièces strophiques remarquables par la souplesse et la variété de leurs structures rythmiques.

Le Temple d'Honneur et de Vertus, composé à la gloire de Pierre de Bourbon en 1503, débute par sept chansons pastorales en huitains décasyllabiques et dizains pentasyllabiques formant deux systèmes alternants 3 ; dans la prose et les vers qui suivent, sont disséminées une ode en douzains et huitains décasyllabiques formant deux systèmes alternants *, plusieurs épitaphes en sizains décasyllabiques formant système double 5, une autre ode en neuvains et huitains octosyllabiques formant encore système double ^. — La Plainte du Désiré, écrite à la louange de Louis de Luxembourg également en 1503, contient deux odes débitées par « deux nymphes, les plus privées pedisseques de dame Nature », les « nobles pucelles, Peinture parée, et sa sœur, riche Rhétorique », la première en 31 huitains, la seconde en 3iquatorzains décasyllabiques''.

de l'harnionie musicale : « Rhétorique et Musique sont une mesme cliose », dit-il dans une lettre de 1513 à Frant^ois le Rouge, où il rapproche maislre Guillaume Crétin du musicien belge Ockeghem (éd. de 1549. p. 410 : éd. Stecher, III, p. 197).

1. V. le Temple de Minerue dans la Concorde des deux langages {1509' et ces lignes qui le suivent : H Quand j'euz achevé de lire tout ce beau dittier, composé de rhythme Alexandrine..., laquelle taille .jadis avoit grand bruit en France, pource que les prouesses du Roy Alexandre le Grand en sont descrites es anciens Rommans (dont aucuns modernes ne tiennent conte aujourdhuy, toutesvoyes ceux qui mieux sçavent en font grand estime), — je fus bien joyeux... » (éd de 1549, p. 390) — ,Iean Marot a écrit vers la même époque dans son Voyage de Venise une vingtaine de pages en vers alexandrins (éd. Coustelier, pp. 102 à 113, 127 à 129, 140 à 149i. — Malgré ces exemples et quelques autres antérieurs, ce vers fut généralement délaissé jusqu'à Ronsard, sauf par Laz.de Baif qui en a beaucoup usé dans son £/ec/rn (1537) et son HecufcaJ544).

2. \'oirdans le Temple d'Honneur et de Vertus (1503^ plusieurs morceaux de " l'acteur», de Titirus, de Galalée et d'Eglé éd. Stecher, IV, pp. 206 à 215. i ; le Temple de Venus (1509 , à propos duquel Lemaire a écrit : " Xette description! sera rhythmée de vers liercets, à la façon Italienne ou Toscane, et Florentine : ce que nul autre de nostre langue Gallicane ha encores attenté d'ensuivre, au moins que je sache " (éd. de 1549, p. 38P ; le premier Conte de Cnpido et d'Atropos (15201. Au xiii« siècle Rutebœuf et Adan de le Haie avaient employé la terza rima Rathery. Influence de la litt. italiennesur les lettres françaises^ pp. 15 et 52). Mais Leniaire l'ignorait (l'aguet, Seiz. siècle, p. 274.)

3. Strophes impaires du type a h a a h h e e; strophes paires du type a a a a haaaahy dérivé du lai. Cf un système analogue dans J Marot, qui renchérit sur J. Lemaire en remplaçant le huitain par un douzain. et le dizain par un vingtain de lai (éd. Coustelier, p. 158;.

4. Strophes imp. du type aahaabccbccb: strophes paires du type a b a b a b a b. Toutes les rimes sont féminines.

5. Strophes imp. du type m m f m^ m- f: strophes paires du type inverse ffmf'-f'-m Alternance régulière,

(> Strophes i[np. du type n\ f m / m- ni- p ni f; strophes paires du type fm fm m mm lu-. Toutes les sti-ophes correspondantes sent unisonnantes, d'où une parfaite unité de structure.

7. Ordre des rimes dans la première, a ba ab h c c jias d'unité de structure) ; dans la seconde, f f m f f f m /- f- m f- f- /''- m (unité de structure parfaitel.

ET CETANSOiNS DE RONSARD 649

— Les Rrgrpis de In Dame. Infortunée, c'est-à-dire de Marguerite d'Autriche, pleurant la mort de son frère Philippe, roi de Castille (1306), se déroulent en une pièce de 14 douzains décasyllabiques, toute en rimes féminines ^. — Les Chansons de Namur (1507) sont une suite de 39 huitains décasyllabiques 2.

En 1312, J. Lemaire rivalisa d'ingéniosité avec les poètes du « pourpris royal de Blois » pour se faire l'interprète du chagrin public causé par la grave maladie de leur protectrice, la reine Anne, et des vœux formés par la nation pour sa convalescence. Sous sa plume la France et la Bretagne « par XXITll Couplets differens en résonance harmonieuse exprimèrent la tresparfonde doleance de leurs cœurs, comme en certaine manière de psalmodiation, par répétitions alternatives » 3. Ces couplets forment en effet trois odes de rythmes différents ; chacune de ces odes se décompose en 4 groupes de deux huitains birimes, lesquels huitains sont enchaînés de telle sorte que les rimes b du premier deviennent les rimes a du second, et inversement. La première ode est hétérométrique : son huitain comprend deux vers de 10 syllabes pleines, un de 6, deux de 10, un de 6, un de 10, un de 6 ; l'ordre des rimes est aa b h ab a b ; toutes les rimes sont féminines. — La deuxième ode est isométrique : son huitain est en vers de 10 syllabes ; l'ordre des rimes est a a a b aa a b ; \e premier et le troisième groupes de huitains sont tout en rimes féminines, le second et le quatrième groupes sont tout en rimes masculines. — La troisième ode est hétérométrique : son huitain comprend un vers de 10 syllabes, un de 4, un de 6, deux de 10, un de 4, un de 6, un de 10 ; l'ordre des rimes est. aa ab aa ab ; le premier elle troisième groupes de huitains ont des rimes des deux genres, également par une rime initiale masculine; le second et le quatrième groupes, par une rime initiale féminine. — Si maintenant l'on considère que chacune de ces pièces peut se ramener à quatre seizains birimes, la première apparaît comme une ode en système strophique simple de structure parfaitement régulière, les deux autres comme des odes en système strophique double de structure parfaitement régulière aussi, et foutes les trois comme des odes dérivées du virelai sans refrain *.

1. Ordre des rimes, aabaabbba b b a. Les rimes étant de même nature, il y a unité parfaite de structure.

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