‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 439 sur 509 · V. ci-dessus, pp. 11 à · texte numérisé non relu

V. ci-dessus, pp. 11 à

2. Les trois premières de ces pièces ont paru en 1544 (éd. Lacour, I.pp. 85, 87 et 103 . La quatrième I, 182 a paru en 1540 dans une édition des Œuvres de Cl. Marol ^Paris, Nie. Duchemin , à la suite des Pseaumes ; elle y est accompagnée de la traduction des psaumes xxxin et xli par Cl Le Maistre Lyonnais, et du psaume lxii par Estienne Pasquier (trois odes parfaitement régulières comme le Cantique de Moïse). Bibl. Nation. Rès. Ye, 1489.

3. Par ex. la chanson : Sur l'arbre de la Croix, distiques en vers alexandrins et rimes féminines, chantés sur l'air : « Sur le Pont d'Avignon •> ; la chanson : Seigneur tjuand viendra le jour, huitains de 4 heptasyll. et 4 tétrasyll. croisés avec rimes masculines, chantés sur l'air : « Trop penser m'y font Amours » ; la chanson : Changeons tristesse en joye, dizains en hexasyll. /■«! /^ m /"- Z'- ;ii- /-/- .m'-, chantés sur l'air :« Las, qu'en dit-on en France » (Ed. Frank, réimpr. du texte de 1547. — V. encore les Dernières Poésies de Marg. de Savarre. puhliées par Abel Lefranc .

4. Cf. la définition de la Chanson par P. Fabri lirand art de seconde Rhetor. 1521 : « Chanson est une espèce de rithmer trois, quattre, cinq, six, etc., lignes et clauses de une lisière ou rithme, en rentrant à la première ligne de la première clause ; et les l'aict l'en de telle taille que l'en veult. » Ce qui veut dire que la structure de la strophe est ad libitum, mais que les strophes sont unisonnantes par la rime, comme celles de la ballade, et que l'un de leurs derniers vers doit rimer avec le vers initial de la pièce, qui sert de refrain.

Deux poétiques se sont constamment heurtées dans les vers de Marguerite de Navarre, celle des Rhétoriqueurs et celle des Marotiques, sans que la nouvelle ait réussi à vaincre l'ancienne. Cela est aussi vrai du fond que de la forme : elle admirait et imitait aussi bien Alain Chartier [Le Coche) que Sannazar {Satyres et Nymphes de Diane .

5. Recueil de vingt pièces strophiques d'inspiration protestante paru à Lyon en 1548, avec musique à quatre parties de Didier Lupi Second. La Bibl. Nat. possède la réédition de 1559 Rés Ye, 4111). Signalons du même auteur le Premier livre des Emblèmes Lvon. 1550), recueil de fables, la plupart en strophes régulières iBibl. Nat., Rés. Ye, 1407,;.

6. Recueil très intéressant intitulé : Les CentPsalmes de David gui restaient à traduire en nthine française, traduits par maistre Jean Poictevin. chantre de Saincte Radegande.

de Marot, de Despériers, de la reine Marguerite, et mesurées à la lyre.

Parmi les pièces lyriques d'inspiration profane el païenne qui virent le jour parallèlement à celles-là, nous citerons de Hugues Salel l'adieu .4 l'Empereur partant de France, sizains décasyll. du type m m f m m f. enchaînés par la seconde rime, le Chant poétique auquel Cupido est tourmenté par Venus, et le Chant amoureux d'un vieillard, en huitains décasyllabiques a b ab b c h c K De Charles de Sainte-Marthe une complainte A la ville d'Arles d'où est native JW"'^ Beringue s'amie, seplains décasyllabiques a b a b h c c, eX une pièce intitulée Le Philalethe blasonne son amye, quatrains décasyll. a b a b-. Ces cinq pièces, sauf la première qui est très courte, n'étaient pas mesurées à la lyre. De Despériers la Queste d'amijlié, sizains en trisyllabes et heptasyllabes croisés, àa lyjie f f m f- f- m ; le Voi/agc à N.-D. de l'Jsle, sizains développés sur deux systèmes strophiques, les slro. impaires en trisyll., tétrasyll. et heptasyll. croisés, du type m m fm-m-f, les stro. paires en tétrasyll. dissyll. et heptasyll. croisés, du type inverse /"/' 7/t /'- f- m ; la requête A Cl. Marot père des poètes françois, sinias en dissyl., tétrasyll. et heptasyll. croisés, du type f f m f- f- m ; le Chant de vendanges, dizains en trisyllabes, heptasyll. et tétrasyll. croisés, du type / / m /' fm mmf-f-\ la chansonA Claude Bectone, quatrains octosyll ffm m, avec refrain adhérent. Ces cinq pièces étaient en petits vers, et mesurées à la lyre ; les quatre premières, hétérométriques, et aussi éloignées que possible des vieux genres à formes fixes, marquaient un grand progrès dans révolution de l'ode profane 3.

En 1543-44, Jean Maitin insérait dans sa traduction de l'Arcadia de Sannazar *, les chants amébéens des bergers Montano et Uranio, sizains octosyll. du type a h b a c c, puis dizains octosyll. à rimes plates ; le chant de Galicio seul, en heptasyll. à rimes plates ; les chants amébéens de Logisto et d'Elpino, sizains décasyll. ababcc (avec demi-strophe finale) ; le chant d'Ergasto seul, sizains octosyll.

Poitiers, cliez Nicolas Petlelier. 1550. In-12, sans musique. Le privilège est du 14 avril 1550 après Pâques. Ces cent pièces lyriques, parfaitement régulières, ne doivent rien au-\ Odes de Ronsard parues vers février 1550 ; elles relèvent directement pour les rythmes comme pour le fond des Pseaumes de Marot.

1. Les Œuvres de Hugues Salel. Paris, Esllenne Rosset, 15-10. Privil. du 24 févr. (B. Nat. Rés. V, 4559, et Ye, 1061)).

2. La Poésie française de Ch. de S -Marthe Lyon, Le Prince, 1540. Dédicace du V' septembre (B. Nat., pYe, 193:.

3. Ed. Lacour, I, pp. 46, 54, 75, 92, 163 ^ La chanson A Claude Bectone et la Response ont été réimprimées dans les recueils de chansons littéraires des années suivantes. On trouve en outre dans Pernette du Guillet (1543) et dans Sainl-Gelais (1547) deux chansons écrites exactement sur le même rj'thme et les mêmes rimes Bnales.

4. Paris, Vascosan, 1544. Privil. du 2 avril 1543 (a. st.). La dédicace, datée du 15 avril 1544, nous apprend que Jean Martin avait fini sa traduction à la fin de 1543, mais qu'illa mi( ail nef durant l'hiver de 1543-44. — B. Nat. Rés. Vd,1184

ET cnANSO^s de konsahd 661

a a b c c b \le chant de Sincero seul, en vers alexandrins à rimes plates, nettement divisés en quatrains, ou en huitains (avec demi-strophe finale) ; les chants amébéens d'Ophelia et d'Elenco, en vers alexandrins à rimes plates, nettement divisés en groupes de deux tercets enchaînés par le 3^ vers ; les chants amébéens de Selvagio et de Fronimo, quatrains décasyll. a h ah, et quatrains hexasyll. fm fm. Ces pièces, sauf la dernière qui est très courte, n'étaient pas mesurées à la lyre, mais la présence de l'alexandrin dans ces chants pastoraux, ainsi que dans cinq longues chansons de la traduction que Martin donnait Tannée suivante des Azolains de F>embo, marquait un autre grand progrès dans l'évolution rythmique de l'ode '. Vers le même temps, Pernette du Guillet accordait également à l'alexandrin droit de cité dans la poésie lyrique : ses Rymes contiennent en effet, au milieu d'une douzaine de chansons de rythmes antérieurs telles que la chanson Amour avccques Psychés (condamnée par du Bellay malgré son fond mythologique), une pièce platonicienne d'un rythme nouveau et assez heureux, qui commence par : Sans cognaissance aucune en mon Printemps festoyé, en 8 cinquains de trois alexandrins, un hexasyllabe et un alexandrin, du type a a a bb"^.

La même année (1545) l'éditeur lyonnais Jean de Tournes publiait un recueil de chansons, la plupart de Mellin de Saint-Gelais, intitulé Deploration de Venus sur la mort du bel Adonis avec plusieurs compositions nouvelles, recueil qui s'augmentait en IMl de chansons extraites des Rymes de Pernette du Guillet, du roman d'Amadis, du Decameron de Boccace et des Azolains de Bembo ^. En 1547 encore, un autre éditeur lyonnais, Pierre de Tours, publiait un recueil de poésies intitulé Saingelais, œuvres de luy tant en composition que translation *. De son côté.

1. On trouve ces cinq chansons en strophes d'alexandrins au premier et au troisième livre de la Irad. des Azolains, pp. 45-48, 129-133 de l'édition princeps (Paris, Vascosan. Achevé d'imprimer, juin 1545. — Bibl. Nat , Rés. 2461, et Z. 1248 C).

Les poètes Maroliques faisaient précéder les vers de ce genre de la mention Vers Alexandrins, a comme si c'eust esté chose nouvelle et inaccoustumée d'en user », dit avec raison Estienne Pasquier [liech. de la Fr., VII, ch. vnl. Jean Martin n'a jamais usé de cette « suscription h, ce qui est encore un progrès.

2. Les Rymes de Pernette du Guillet furent publiées à Lyon en août 1545 par les soins d'Antoine du Moulin. Plusieurs de ses chansons sont unisonnantes avec refrain ; cinq sont mesurées à la lyre, les autres non ; l'une d'elles, la Kiiict, est en terza rima.

3. Rev. dHisl. litt.. de 189R, pp. 96 et suiv. — La Bibl. de l'Arsenal possède la réimpression de 1548 (B. L. 8620), qui contient 64 pièces : les 54 premières existaient déjà dans l'édition de 1547, et de ces 54 pièces le recueil de 1545 contenait déjà les n"s 1, 3 à 6. 10 à 13, 15 à 23, 25 à 29 inclus, qui ont tous pour auteur St. -Gelais, sauf les n"' 15 et 16 qui sont la chanson de Despériers .4 Claude Bectone et la Resi,oiice (Cf Bulletin de la lihr Morgand de déc. 1903, n» 44995).

4. Réimprimé au tora'; I de l'édition des Œuvres de M. de St.-Gelais par Blanche main. Voir aussi le tome III, pp. 290 et suiv.

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l'éditeur parisien Arnoui l'Angelier publiait en 1546 des chansons de Saint-Gelais à la. s\}\le du Discours du Voyage de Constantinople, et surtout en 1548 dans le Livre de plusieurs pièces, qui n'en est qu'une réimpression très augmentée '. Or, quoi qu'en ait pensé alors Du Bellay, ces recueils, d'oùles anciens genres lyriques à forme fixe étaient presque complètement bannis, devaient singulièrement hâter leur ruine, et contribuer, presque autant que les Pseauines de Marot, au triomphe définitif de l'Ode. Saint-Gelais était le prince des poètes depuis la mort de Marot : la Cour, la 'Ville, la Province, se disputaient les moindres productions de sa verve facile, au point que, nous dit Sibilet, on savait par cn>ur et l'on chantait presque toutes ses chansons. Citons entre autres le Discours amoureux et la Complainlc du loijal amant, en terza rima ^ ; les chansons : 0 combien est heureuse, en sizains hexasyll. fmfm m -m-; La Tramontane a bien sondé, en cinquains hélérométriques de trois octosyll. et deux hexasyll. embrassés, mmfmf; Ne vœilles, Jtffirfame, en quatrains pentasyll. /"wi/" m ; Laissez lu verde couleur en quatrains heptasyll. a b a b , unisonnants par la rime 6, mais non mesurés à la lyre 3 ; enfin la paraphrase de l'ode d'Horace Diffugere nives, en tercets hétérométriques de deux décasyll. et un hexasyll. enchaînés par le 3" vers et formant système strophique double, régulièrement alterné, /'/'m I 771 rn Z'^, etc. Une ode d'Horace imitée de très près en courtes strophes françaises, c'était un nouveau coup porté aux anciens genres lyriques, non moins rude que celui que leur avaient déjà porté Marot et Saint-Gelais par l'introduction du sonnet de Pétrarque. Ode horatienne, sonnet pétrarquesque, c'étaient les deux armes qui devaient ruiner de fond en comble la vieille forteresse, celles dont allaient se servir avec une vigueur peu commune Jacques Peletier d'abord, les élèves de Dorât ensuite.

En septembre 1347, J. Peletier publiait parmi ses Œuvres poétiques, à la suite de quinze sonnets, une série de dix-huit odes horatiennes,

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