V. ci-dessus, pp. 24 et
7. Préface de la 2" édition de VOlive (fin de 1550), et ode Contre les envieux {id.)
8. C'est l'ode intitulée A un poète qui n'ecrivoit qu'en latin.
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de Ronsard et de Du Bellay en publiant pour la première fois une pièce de chacun d'eux ', étaient comme le seuil de l'édifice que la nouvelle école allait élever. A partir de ce recueil, qui marque une date décisive dans l'histoire de la versification française, on peut dire que la révolution rythmique contre les anciens genres lyriques est virtuellement accomplie -. Si l'Art poétique de Sibilet, de juin 13-48, pourtant bien nouveau et tout rempli d'un goût très vif de la poésie gréco latine; si notamment le chapitre vt du livre II, que nous avons cité en tète de notre étude ^, n'en paraissait pas une preuve suffisante, le petit volume d'Etienne Forcadel, intitulé Le Chant des seraines avec plusieurs compositions nouvelles, et publié la même année chez le même éditeur, achèverait de nous en convaincre *.
Il restait aux élèves de Dorât à proclamer hautement la déchéance de l'ancienne lyrique et l'avènement de la nouvelle, et à faire disparaître les derniers vestiges des genres chers au xV^ siècle, chers encore aux Rhétoriqueurs survivants, à quelques poètes Marotiques attardés, — et c'est à quoi s'appliqua surtout Du Bellay dans son manifeste de 1S49, autant qu'à la « deffence » de la langue française. Il leur restait aussi à organiser le nouveau régime au nom de principes libéraux et à l'imposer à toute la France poétique, — et c'est à quoi ils s'employèrent tous, surtout lionsard, devenu par ses Quatre premiers livres des Odes leur chef incontesté.
Deux grands principes, en apparence contradictoires, mais en réalité très conciliables, nous semblent avoir guidé Ronsard dans sa rythmique des œuvreslyriques (et en disant Ronsard nous pensons aussi à Peletier
1. De Ronsard l'ode Des beaule: qu'il voudrait en s' Amie De Du Bellay le dizain final A la ville du Mans.
2 V. le Commentaire dont j'ai accompagné la réimpression publiée par Léon Séché dans la Revue de la Renaissance, 1904.