‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 444 sur 509 · V. ci-après, p. 674 à (iTG · texte numérisé non relu

V. ci-après, p. 674 à (iTG

3. Ihid. Deux des odes où il déclare avoir « entremesle " les vers m. avec les vers f. et les avoir o disposez avecques telle religion », le Cluint du desespéré et les Louanges de Bacchus, n'observent pas l'alternance intrastrophique, mais l'unité de structure strophique. On voit donc ce qu'il entend par là.

4. V. dans Ronsard treize odes pindariques sur quinze, et bon nombre d'odes et de chansons, dont les strophes sont plus courtes (par ex. I, 148. 169, 204, 226, 285 ; II, 141, 147. 221, 241, 386, 390), sans compter les six pièces lyriques en rimes d'un seul genre qu'il a conservées. — L'irrégularité de certaines odes qu il a reléguées dédaigneusement dans son premier Bocage ne vient pas de l'absence d'alternance intrastrophique, mais de l'absence d'unité intégrale de structure strophique.

A fortiori, Ronsard n'a jamais exigé l'alternance interstrophique ; il en a usé souvent, mais ne s'y est jamais astreint et se serait bien gardé de l'imposer.

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Si l'eQsemble du morceau esl obscur, voilà du moins une ligne qui est claire et catégorique *.

C'est encore pour des raisons analogues, parce qu'il était favorable à tout ce qui pouvait contribuer en même temps à la liberté de l'expression et au plaisir del'oreille, que Ronsard reconnut le droit d'exister aux odes construites sur deux systèmes strophiques (les strophes impaires formant l'un, les strophes paires formant l'autre), procédé de composition fréquent chez les poètesantérieurs. En effet, la variété, qui en résultait à coup sûr, offrait une large compensation à la légère contrainte qui pouvait en résulter; de plus, cette dualité de système était parfois nécessaire pour exprimer alternativement deux mouvements de l'àme différents. Mais encore fallait-il que les deux systèmes fussent sutrisamment différenciés : par exemple, qu'ils fussent inégaux de mesure ou de longueur -, ou qu'au moins, s'ils restaient égaux de mesure et de longueur, ils fussent inverses ou dissymétriques parles rimes ^, de façon que l'oreille pût saisir aisément leur différence rythmique K

Enlin — ce qui était libéral au plus haut point — Ronsard admit au nombre des odes et des chansons, et de ce fait traita comme des poésies lyriques, les pièces isométriques à rimes plates non seulement en petits vers, essentiellement lyriques ^, mais même en longs vers (décasyllabes et alexandrins), suivant l'exemple qu'avaient donné Cl. Marot, Jean Martin et Mellin de Saint-Gelais ''. Mais Ronsard y mettait une condition, c'était qu'elles fussent divisibles en sections égales, sinon par la ponctuation, dont l'absence n'avait jamais été chez les poètes gréco-latins un obstacle au système strophique, au moins par le rythme. Or comment pouvaient-elles être divisibles en sections

1. Bl. \'II, 320. Nous avons déjà donné le vrai sens de ce passage dans la Heu. d'Hisl. lût. de 1900, p. 36U. — Quant à la fin de la phrase que nous venons de citer : «... pourveu que les autres suivent la trace du premier », nous l'avons réservée, parce qu'elle est la formule même de l'unité intégrale de structure strophique dont il sera question plus loin.

2. Ex. de Ronsard : Descen du ciel Calliope ; Quand tu tietidruis les Arabes heureux : Ma petite colomhelle Bl., Il, 134, 139, 160).

3. Es. de Honsard : lîelle et Jeune fleur de quinze ans 1,169 : Cassandre ne donne pas Gaspar qui loin de Pégase ; La terre les eau.v va boiuant ; Sans auoir lien qui ni'estraigne Plus dur que fer ; Ta génisse n'est assez drue ,B1., II, 145,233, 286,372,378, 448 Quand Vesper que Venus... (IN', 342).

4. Bons, écrivit dans ses débuts les deux odes Les fictions dont tu décores et Le temps de toutes choses maistre iBl., II, 414, 446;, chacune sur deux systèmes, égaux de mesure et de longueur, qui lui parurent insufEsamment diflerenciés ; il les supprima.

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