V. ci dessus, pp. 670 et
2. Ed. Marly Laveaux, I, 175 ; éd. de la Deffence par Charaard, p. 293.
3. V. VAuant-Enlrée du roy Henri II !BI., VI, 297), et l Hymne de la France (V, 283'.
4. On devine aisément par le ton, à la fois libre et réservé, de la préface des Vers Lyriques de D. B. et du passage correspondant de la Deffence ill, ix;, la divergence d'opinion qui séparait alors à ce sujet les deux élèves de Dorât.
5 Ed. de la Deffence par (^harnard, p. 293.
régularité strophiqiie intégrale, non seulement par ce fait qu'il rejetait en appendice des Quatre prciniers livrrs des Odes 13 de ses pièces « pour n'estre mesurées, nepropresàla lire,rtij)si que l'Ode le requiert» (ce sont les termes de sa préface), mais encore en publiant d'un seul coup — ce que nul n'avait fuit jusqu'alors — 94 odes intégralement régulières. Le coup porta. L'intluence de ce recueil fut décisive au point de vue de la rythmique. Les autres amis de Ronsard reconnurent phisou moins vite la valeur musicale delà régularité strophique intégrale, et Peletier non seulement la recommanda dans son Art portique, mais alla jusqu'à refaire en 13oo quatre odes de ses Œuvres poétiques en y observant la nouvelle loi '. En 1563, dans son Abbregé de VA. /'., Ronsard résumait cette loi en quelques mots. Le poète, disait-il, reste toujours libre de construire à son gré le « couplet » initial d'un système lyrique, « pourveu que les autres suivent la trace du jjremier » -,
Cette loi de la régularité strophique intégrale entraîna celle de la régularité d'alternance dans les vers isométriques à rimes plates. Quelques Rhétoriqueurs, Oct. de Saint-Gelais, Crétin, Bouchet (celui-ci sur les conseils de Louis de Ronsart, père de notre poète), l'avaient déjà observée dans des pièces n'ayant rien de lyrique, traductions, chroniques etépitres, écrites en lonjs vers isométriques à rimes plates 3. Cl. Marot l'avait complètement négligée dans les œuvres du même genre, et dans ses élégies, qui sont encore des épîtres ; il ne l'avait observée que dans les l'seaumcs en longs et en petits vers à rimes plates, parce que les /'seaume* sont des œuvres éminemment lyriques, écrites pour être chantées, el que chaque quatrain m m f f ou f f m m, correspond à un verset de l'œuvre hébraïque, et se trouve par suite très distinct du quatrain suivant. Mais en dehors de cet exemple tout à fait particulier, personne, que je sache, ne l'avait observée dans les petits vers à rimes plates, si souvent employés par les poètes Marotiques dans des pièces semi-lyriques ou élégiaques, semi-narratives,
1. Nous avous sur cette conversion, et sur ce xait, son propre témoignage : « Ni moe non plus que lui (que Ronsard i, ne me vouloé obliger à cete ioe de masculins e féminins. Ce que je amande an mes nouveaus Ecrlz : équez esquels) j"è racoutré les quatre Sesons de l'Année, qui etoèt sans mesure aus premiers Euvres... Il et tout cerlein que les couplez se doevet (doivent) perpeluelemant observer parez (pareils), an cadances de vers masculines e féminines (car je ne changerè point l'apelacion vulguere) : c'ét à dire, que la modulacion des couplez doèt être samblable, pour être mesurée à la Lire. »(.4. P., ch sur l'Ode, pp. 64 et suiv.). — Dans ce même chapitre l*eletier appelle les Pseaumes de Marot de (I vrees odes V uniquement parce qu'ils sont « mesurés à la Ijre 'I. C'est l'unité intégrale de structure strophique, et non pas la matière de l'ode, qu'il désigne par le mot « chose » dans cette phrase ; « Mes, quaut à ia chose, si nous regardons les Seaumes de Cl Marot. ce sont vrees Odes, sinon qu'il leur defalhoèt le nom, comme aus autres la chose » (aus autres ^= aux odes primitives de Ronsard).
•2. lil., VU, p. 3'20. - V. ci dessus, note 1 de la p 672.