‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 449 sur 509 · C'est la pièce des Isles Fortunées · texte numérisé non relu

C'est la pièce des Isles Fortunées

3 C'est l'ode A Diane de Poitiers : « Quand je voudrois célébrer Ion renom... »

4. La chanson Quand je te veux raconter mes douleurs fut également conservée, au 2'^ livre des Amours, sous le litre de chanson, peut-être pour la même raison ; elle est en effet le seul spécimen de chanson en décasyll. à rimes plates non divisés par le sens en sections égales.

Pour dire la vérité entière, notons que Ronsard enleva en 1584 quatre vers de l'ode .4 sa Lyre : *■ Lyre dorée..., » qui cessa dès lors d'être intégralement divisible en huitains par le sens.

5 Bl., tOME 1:1. Depuis que je suis amoureux. 2. Le printemps n'a pas tant de fleurs. 3. Demandes tu chère Marie. 4. Petite Nymphe folastre. 5. Je te hay bien croy moy maîtresse. — Tome IL 0. J'ai l'esprit tout ennuyé. 7. Du malheur de recevoir. 8. Si j'nnne depuis naguère. 9. Pallas est souvent d'Homère. 10. Si les formes de toutes choses 11. Somme, le repos du monde. 12. Pourquoi, chetif laboureur. 13. Le petit enfant Amour. 14. Chero Vesper lumière dorée. 15. Du grand Turc je n'ay souci. 16. J'avois les yeux et le cœur. 17. Tu me fay mourir de me dire. 18. Jane, en te baisant tu me dis. 19. Sur toute fleurette desclose. 20. Je veux. Muses aux beaux yeux. 21. D'où viens tu. douce colomljelle. 22. En vous donnant ce pourtrait mien. 23. Hé mon Dieu que je te hay. Somme. 24. Laisse moi sommeiller. Amour. 25 Dieu crespelu qui autrefois. 26. Gentil rossignol passager. 27. Ma maîtresse que j'aime mieux 28. Ah, fiévreuse maladie 29. Mon petit bouquet mon mignon 30. Baiser fils de deux lèvres closes. — TomeV. 31. 0 Seigneur Dieu, nous te louons — Tome Vi. 32. Je t'ai oflensée,

ET CHANSONS DE RONSARP tî83

vraies strophes très apparentes, accusées encore par l'artifice typographique du blanc ou du retrait intermédiaire < : Ronsard les a conservées, sauf trois 2. Vingt-quatre seulement ne sont pas divisées par le sens en groupes égaux de vers, et Ronsard n'en a conservé que seize ^. Ce sont encore des témoins de sa large conception du rythme lyrique. Mais évidemment pour lui ces dernières odes étaient, au point de vue du rythme, d'une qualité inférieure. Par l'alternance régulière des couples de rimes f. et des couples de rimes m. il les avait rendues aussi strophiques qu'elles pouvaient l'être, mais leur strophisme était loin de valoir à ses yeux celui que le poète obtenait par l'hétérométrie, ou par le croisement des rimes, ou au moins par un arrêt du sens à des intervalles réguliers. Les preuves ne manquent pas. Nous avons eu l'occasion d'en indiquer quelques-unes dans l'Introduction de ce livre. Encore un fait significatif, c'est que Ronsard n'a jamais donné le titre d'ode ou de chanson à aucune de ses Folastries ou Gayetez, ni aux blasons tels que le Houx, le Freslon, le Fourrai, la Grenouille, V Alouette, qui pourtant sont d'un rythme identique à celui des vingt-trois odes en question, et qui pour ce motif auraient pu être rangées comme elles parmi les odes ou les chansons. Mais la meilleure preuve, c'est que dans son Abbregé il a employé l'expression de « vers lyriques » pour désigner plus particulièrement ceux qui sont nettement strophiques par hétérométrie, ou par croisement de rimes, ou au moins par un arrêt du sens à des intervalles réguliers*. Dans son esprit cette expression correspondait avant tout à celle de « pièces strophiques ».

C'est bien ainsi que l'entendaient également Peletier et Du Bellay quand ils intitulaient Vers Lyriques une série de pièces qui (si l'on met à part l'alternance régulière, qu'ils n'observaient pas encore) sont presque toutes franchement strophiques^. C'est ce qui ressort enfin clairement du chapitre de VArt poétique de Peletier sur l'Ode, notam-

maitresse. 33. Escoute, enfançon de Silène. — Tome VIII. 34. Je veux aimer ardentement. — Je n'ai pas compté la pièce « J'este Grevin de mes écrits », qui n'a iamais figuré dans les œuvres de Ronsard.

Deu.t autres odes, écrites chacune sur 2 systèmes, ont l'un d eux en rimes plates. C'est l'ode Contre les avaricieiix et l'ode Ma petite coloinbelle iBI.,11, 139. 160 . Mais ces pièces sont éminemment strophiques par ce seul fait qu'elles sont à double système.

1. Ce sont les n»^ 1, 3, 8. 9, 13, 17, ,30, 31. 32, .33 de la note précédente. Sept d'entre elles sont divisées en quatrains, les trois autres en huitains.

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