Les n°sô, 23, 24. 25. 26, 27, '28. 29. furent supprimés
4. Bl.. VII, 320. V. ci-dessus le passage déjà cité plusieurs fois. pp. 671 et 680, n. 1. Dans ce passage Ronsard ne considère que le rythme strophique; dans celui que nous citons plus loin, il ne considère que le rythme linéaire, ou mesure.
5. En 1547 dans les Œuvres poêt. et en 1549, à la suite de la Deffence . Toutes les pièces 1' lyriques » de Peletier sont strophiques ; deux ou trois seulement de Du Bellay ne le sont pas.
684 RYTUMIOl'E DES ODKS
ment de ce passage : « Les Couplez, équez (esquels) rlf et divisée, montret ancor qu'ele doèt diferer d'un Discours continu : non pas qu'iz ne doèvet (j'antàn les Couplez) être bien liez e raportèz les uns aus autres, mes pour le plus souvant la santance doèt être acomplie an chacun'. »
Il y a mieux. Ronsard semble avoir établi dans ses œuvres lyriques une sorte de hiérarchie fondée sur leur degré de strophisme : au bas de l'échelle les odes isométriques à rimes plates ; au sommet les odes hétérométriques à rimes croisées ou embrassées. 11 a certainement pensé, au moins après 1560, que la strophe est d'autant plus agréable à l'oreille qu'elle est plus nettement accusée, et que sa valeur expressive (au sens littéraire et musical) est en raison directe de sa variété rythmique. Cela ressort d'un alinéa de VAbbreijé, où, reprenant une idée excellente de Sibilet^, et oubliant d'ailleurs un peu trop les belles stances qu'il devait aux alexandrins employés seuls avec entrecroisement ou embrassement des rimes, — Ronsard préconise l'emploi des petits vers et leur mélange avec de plus grands. Les vers de huit à trois syllabes, dit-il en substance, n'ont pas de césure et « marchent d'un pas licencieux » ; il faut en user ad libitum, « les masculins estans quelquesfois les plus longs, quelquesfois les fœminins, selon que la caprice te prendra. Telz vers sont merveilleusement propres pour la musique, la lyre et autres inslrumens : et pour ce quand tu les appelleras Lyriques tu ne leur feras point de tort, tantost les allongeant, tantost les accourcissant, et après un grand vers un petit, ou deux petitz, au choix de ton oreille, gardant tousjours le plus que tu pourras une bonne cadence de vers (comme je t'ay dit auparavant) pour la musique, lalyre^ et autres instrumens^. » On sent à la lecture de ces lignes non seulement combien Ronsard était préoccupé de l'harmonie musicale de ses vers, mais encore quelle prédilection il avait pour ce type d'ode, qui, associant (je ne dis pas alternant) les rimes m. et les rimes /"., les embrassant ou les croisant, et mélangeant des vers de mesures différentes et bien différenciées, réalisait à son époque, éprise de variété dans l'unité, un maximum artistique.
1 C'esl-n-dire que les sections rjihmiquement égales, ou strophes, doivent être séparées par un arrêt du sens. Sur ce point particulier, Peletier me semble avoir été moins libéral que Ronsard. En effet, conformément à l'usage de tous les lyriques de l'antiquité, la strophe de Ronsard enjambe souvent par le sens sur la strophe suivante (V. par ex. Bl.. 11. pp. 26 29. 38 nS. U4, 145. 155. Ifi?, 1(!8. 199, .3t>9 379. etc. Il pensait exactemcTit ce que Th. de Banville a très bien dit : " Chez, tous les lyriques... le Sens et le Rythme poursuivent parallèlement leur route sans se croire obligés de faire halte aux mêmes endroits. • 'Pelil traité de poésie fr., p. 163.1