‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 465 sur 509 · V. Iode A sa lyre stro 3 et 4 (Bl., II · texte numérisé non relu

V. Iode A sa lyre stro 3 et 4 (Bl., II

2. A de Monlaiglon. préface de ./e/ian de Paria ^Collection Jannet-Picard'. début.

3. J J. Ampère, Mélanges d'Hist litl. (Paris. Michel Lévy. 1867". Inme I, p. 280

4. Ouvrage paru en 1529 ; c'est l'un des premiers plaidoyers en faveur de la langue frani;aise. E. Pasquier le cite à plusieurs reprises au livre VII de ses Recherches Cf. F. lîrunot, Hist. de la langue française, tome II, ch. iv.

5. Ouvrage paru en 1525 à Venise, réimprimé en 1538, en 1.549, et souvent depuis ;

CONCLUSION 7!o

origines de la poésie française, et, à cette occasion, s'entretint avec Estienne Pasquier de la « grande flotte de poètes françois » qui vivaient au xiii' siècle * ; lui enfin qui connaissait, goûtait et imitait directement le Roman de la Rose, auquel aboutit comme à un vaste réservoir la poésie descriptive et psychologique des trouvères. Mais ces thèmes nous revenaient transformés et diversifiés par l'art italien. Ronsard à son tour leur donna une grâce et une force nouvelles au contact de la poésie gréco-latine, et sous l'influence des réalités dont il fut le témoin et l'acteur, sous l'inspiration des poèmes vivants que furent Cassandre, Marie, Isabeau, Genèvre, Astrée, Marguerite de Valois, Hélène. Si bien que l'on peut dire que, dans le domaine de la poésie lyrique, les thèmes des trouvères ont reçu leur plus haute et leur plus élégante expression sous la plume de Ronsard.

Ronsard n'a pas seulement ressaisi l'esprit qui animait la poésie profane de l'ancienne France ; il n'en a pas seulement conservé et cultivé la langue avec amour, avec cette patriotique passion qui est au fond du manifeste de son ami Du Bellay et que lui-même a exprimée plus d'une fois -. lia hérité encore des poètes de la première Renaissance le goi'it de la musique et l'opinion que la poésie lyrique est inséparable du chant. A cet égard, les témoignages abondent dans son œuvre ^. Autant Lamartine semble avoir dédaigné la collaboration des musiciens*, autant Ronsard l'a recherchée : « La Poésie sans les instrumens, disait-il, ou sans la grâce d'une seule ou plusieurs voix, n'est nullement aggreable, non plus que les instrumens sans estre animez de la mélodie d'une plaisante voix 5. » Depuis Malherbe, le luth, comme la lyre, n'est plus pour nos poètes qu'une métaphore, et quand Musset se fait dire par la Muse : « Poète, prends ton luth », ces mots s'entendent au figuré. C'est au contraire sans métaphore qu'il faut souvent comprendre ces expressions

ce sont des dialogues sur l'excellence de la langue florentine. Du Bellay y fait allusion dans la Deffence, II, xii (éd. Chamard. p. 329 , et E. Pasquier, rappelant au livre VII de ses Recherches, eh. iv, que les Italiens se reconnaissent les débiteurs des Provençaux, cite entre autres références h Pierre Bembe en ses Proses ».

1. Voir Lettres de Pasquier, livre 11, n° 7 ; et ses Recherches, liv. VII, chap. m et iv V, ci-dessus, p 227, note 1.

2. Voir par ex. El.. III. 35; VI. 80 et 238; VII, 127, 333 Cf. H. Guy. les Sources fr. de Ronsard, art. cit., p. 219. Sur le caractère éminemment national de la Deff'ence et Ultistr. de la langue fr., voir Chamard, thèse fr.. pp. 99 et suiv — E. Faguet : " Rien ne montre mieux que le goût des archaïsmes) combien par certains côtés la Pléiade était conservatrice et nationale. ' op. cit.. p. 220.1 — Honsard, ainsi qu'E. Pasquier et Henri Estienne, fut un philocelte, comme on disait au xvi^ s.

3. \oir Reu. d'Hist. litt. de 1900, p. 344, et Bl., II, 127, 376, 387, 395-96 ; V, 96, 341 ; VII, 247, 320, 332, 337.

4. ^^ son commentaire du Lac : '• .l'ai toujours pensé que la musique et la poésie se nuisaient en s'associant Elles sont l'une et l'autre des arts complets : la musique porte en elle son sentiment, de beaux vers portent en eux leur mélodie. »

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