Coual, thèse fr. sur CaliiUe, liv. II, ch. i
4. Par exemple les passages où il parle du Cheval « reçu dans les craiches des
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bon que pour le Collège deCoqueret, d'où cela n'aurait jamais dû sortir. 11 était impossible que Henri II et Mellin de St-Gelais goûtassent le « grécisme » des odes de Kousard, encore moins Henri IV et Malherbe, eocore moins Richelieu et l'Académie, encore moins Louis XIV et Boileau. Au fur et à mesure que la lièvre de la Renaissance allait tomber, que la superstition de l'antiquité allait céder la place à un culte raisonné, et que le goût artistique, dirigé par les salons parisiens et par la Cour, de scolaire allait devenir mondain, toutes les odes qui sont encombrées d'allusions, de périphrases et d'épithètes mythologiques, devaient nécessairement paraître un « faix » plus « pesant entre les mains », selon l'expression de Ronsard lui-même '.
A cet égard, certains critiques et poètes du xvii' siècle ont laissé des témoignages qui sont très nets, entre autres P. Deimier dans son Académie de rArt poétique (1610)-, Desmarets de St-Sorlin dans l'argument de ses Vixionnaii-es (1637) -^j Ménage dans ses Observations sur les Poésies de Malherbe (1666) *, et La Fontaine dans une E pitre à Racine datée de 1686 ■". ils n'ont pas eu tort de penser que Ronsard a trop
dieux », du Taureau qui « deerouille de sa corne la porte de l'an nouveau », du Troyen (C qui verse l'eau de sa bu3'e », de la Chèvre que Jupiter « mit au ciel », des Frères Jumeaux, de la Chienne cuisante, et de la Vierge Astrée jBl.,11, 60, 105, 110, 151, 190, 346-47). Sur lastronomie mythologique et les animaux que la Fable avait mis au ciel, cf. II. 410, et surtout V, 172.
1. III, 252. Ce quatrain bien connu : Les Framois i/ui mes vers liront..., écrit en 1578, est relatif à la Fruiiciade. Mais Ronsard aurait pu 1 appliquer également à plus d une de ses premières odes graves. Chose curieuse, il est inspiré de la lin d'une épigramme grecque de r.ln(/io/oyie qui glorifie le poème de Ljcophron (n" 191 des Epigr. descriptives) ; mais il se pourrait bien que Honsard y eût exprimé un regret et comme un pressentiment de sa chute.
2. P. Deimier nous apprend que dès 1590 l'abus de la mythologie en poésie avait été condamné par « les grands de la Cour... veu que les Poèmes en estoient toujours brouillez d obscurité et de confusion »; et lui-même, tout en admirant Ronsard comme « l'une de ses neuf Muses », condamne son érudition mj'thologique (Préface, et chap. X, De la clairté ou claire intelliyenee dont la Po<jsie doit estre accompagnée). — (Juant à Malherbe, il admettait bien les lictions de la m3thol., mais à condition que le poète choisit les traditions les plus connues ; il proscrivait d'ailleurs les périphrases composées de noms ou d'épithètes de la mythol , que F. Rrunot appelle très justement « des périphrases de Gradus » (Doctrine de Malherbe, pp. 168-70, 192j.
3. Dans cette comédie le personnage d'Amidor est une « charge » du poète ronsardien du temps de Louis XUl. \oir surtout acte 1, se. 2 à 4 ; III, se 4.
4. V. notamment pp. 526 et 531. Cf. le Menagiana, qui nous apprend que sous Louis XI\' on eût trouvé difficilement une personne « qui osât se vanter d'avoir les poésies de Ronsard et de les lire » Ed. de 1715, tome III, p 103).
5. Ed. Moland, tome VII, pp. 354-57. Il y rapporte des vers qu'il se proposait d'insérer dans une lettre au prince de Conti. Malgré l'interprétation qu'on a donnée jusqu'ici de tout cet extrait, nous pensous que La Fontaine y exprime l'opinion de la Cour sur Ronsard bien plus que la sienne. Tout en accordant que Ronsard a fait abus de ses « éruditions », il se plaint que la Cour ait « sacrifié à l'ignorance » au point de ne plus permettre aux poètes l'usage de la mythologie. Il revendique pour eux ici, comme il l'a fait ailleurs, le droit de parler « la langue du Parnasse» (Cf. une lettre à Fouquet de janv. 1663. le début du livre V des Fables, une lettre de novembre 1689 au prince de Conti, et le Songe pour la princesse de Conti, également de 1689;. Il préférait
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« périphrase », « métapliorisé » et « mylhologisé », et nous comprenons qu'aux yeux de « l'honnête homme » du xvii" siècle, il ait passé pour un « pédant », c'est le mol qui revient sous la plume de tous ses juges Malherbiens.
Mais le grand tort de la plupart d'entre eux c'est d'abord d'avoir jugé en sa personne toute la « tourbe » de ses méchants imitateurs, et cela malgré les précautions qu'il avait prises pour séparer sa cause de la leur. Devait-on le rendre responsable des aberrations de ceux de ses disciples, qui, renchérissant sur les excès de ses premiers recueils, avaient fait saillir aux yeux de la postérité ce qui aurait dû rester dans l'ombre ? On le devait d'autant moins qu'il s'était plaint de leurs « singeries » avec une singulière vigueur dès 1556 i, et que, renouvelant ses doléances vers la fin de sa carrière, il avait condamné les poètes « qui s'ampoullent et font sans choix Mercure de tout bois ». Leur vaillance les perdra, disait-il, en faisant peut-être un retour attristé sur lui-même et sur les conseils qu'il avait reçus jadis de ses meilleurs amis -. Il pressentait qu'étant la tête de tous il paierait pour tous, et c'est ce qui arriva.
Les Malherbiens intransigeants eurent aussi le grand tort de juger l'œuvre de Ronsard en bloc et comme si elle avait paru en une seule fois ; de ne pas l'étudier dans son évolution ; de ne faire aucune distinclion entre ses différentes manières ; de confondre notamment ses odes élégiaques et légères avec ses odes héroïques ; bref de le condamner tout entier après une enquête partielle et superficielle. Leur premier devoir était de dresser un tableau de ses poésies dans l'ordre de leur publication et de les apprécier par séries chronologiques. Ils se seraient aperçus que Ronsard n'a « pindarisé » et même « pétrarquisé » à outrance que pendant une période relativement courte ; qu'il a réagi tout le premier contre ses propres excès; qu'il n'a pas cessé de s'amender et de s'améliorer dans le sens même de la réaction Malherbienne ; que les progrès faits par le goût, de l'humanisme érudit au classicisme pur, existent déjà chez lui ; qu'il a indiqué lui-même par le précepte et par l'exemple la voie que suivit après lui la poésie française ; que ce furent son précepte et son exemple, non pas sa disgrâce, qui rendirent plus « retenus » Desportes et Bertaut, d'ailleurs bien inférieurs à lui pour la vigueur de la pensée et la hardiesse delà forme ;
cvidenimeiit Marot et Maltieibe à Ronsard, mais ne partageait certainement pas le mépris de la Cour et de l'Académie pour un poète auquel il a fait plus d'un emprunt-
1. Epître A Cltr. de Choiseiil 'Bl., VI, 201). Tout le début de cette pièce est comme l'écho d'une lettre que Pasquier écrivit à Ronsard en 15.% (Litlres, liv. I, a" 8). Cf. ci-dessus, pp. 170 et 284.