‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 478 sur 509 · LA TROISIEME · texte numérisé non relu

LA TROISIEME

Il n'est Bergier ny Dryade en ce bois, Ny en ceste eau Naiade» qui ne crie, Heureux Carlin et trois et quatre fois, Puis qu'il revoit celle qui est sa vie, Puis qu'il revoit sa désirée sœur.

Laquelle il aime autant comme son cueur.

[Suit la description du costume d'Orphée] Ledit Orphée recita devant leurs Majestez ce qui s'ensuit :

iEoLE, Doride. Arethuse, et Cynthie, Les quatre sœurs du Gavre et de la Doux, Ayans leur part de vostre aise sentie.

Avec mon lut et leurs vers et chant doux Vont marier, Charles, de vostre sœur La grand'verlu, la beauté cl douceur.

Ledit Linus habillé, comme l'Orphée susdit, récita ce qui s'ensuit :

Je ne voj^ rien, Charles, qui ne contente

\'ostre œil et vostre cueur.

Puis que le Ciel n'a frustré vostre attente.

Et que vous avez 1 heur.

L'aise et le bien, la joye et le plaisir. Dont vous avez si long temps eu désir.

Qu'il n'y ait donc Nymphe icy, ny Dryade

Ny Triton en ceste eau, Ny Dieu marin, Syrene, ny Naiade,

Qui du nom d'Vsabeau Ce fleuve et bois ne face retentir, El jusqu'au ciel vostre joye sentir.

Apres que les trois Nyiuphes et les deux Poètes eurent recité leurs vers, les Majestez passèrent outre et s'en allèrent le long de ladite allée droit en la grand salle, qui estoit au bout d'icelle. [Description de la salle, où a lieu le festin, suivi du ballet des Nymphes, par lequel se termine le compte rendu de la fête M

1. Cf. Mémoires de Marguerite de Navarre, éd Lalanne, pp. 9 et 10.

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