‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 480 sur 509 · Collection Michaud, tome X · texte numérisé non relu

Collection Michaud, tome X

4. La musique d Orlande de Lassus, comme on peut le supposer d'après ce titre d'un dialogue entre la France, la Paix et la Prospérité (op. de Dorât, f» 2, r°) :

Dialogiis ad numéros inusicos Orlandi.

Orlande était arrivé en liSTl de Bavière à Paris, où sa réputation l'avait fait accueillir avec les plus grands honneurs par les musiciens français En 1572, Ronsard, dans une Préface sur la Musique, adressée au roi Charles IX, l'appelait « le plus que divin

laX APPENDICE

comme dans un camp, et après s'estre bien faict voir ainsi, elles vindrent toutes à descendre de ce roch, et s'estant mises en forme d'un petit bataillon bizarrement invanté, les violons montans jusques à une trentaine, sonnans quasy un air de guerre fort plaisant, elles vindrent marcher soubs l'air de ces violons, et par une belle cadance sans en sortir jamais, s'approcher et s'arrester un peu devant Leurs Majestez, et puis après danser leur ballet si bizarrement invanté, et par tant de tours, contours et destours, d'entrelasseures et meslanges, affrontements et arrests, qu aucune dame jamais ne faillit de se trouver à son poinct nj' à son rang : si bien que tout le monde s'esbahit, que parmi une telle confusion et un tel désordre jamais ne faillirent leurs ordres, tant ces dames avoient le jugement solide et la retentive bonne, et s'estoient si bien apprises. Et dura ce ballet bizarre pour le moins une heure, lequel estant achevé, toutes ces dames représentans lesdictes seize provinces que j'ay dict. vindrent à présenter au roy, à la reyne, au roy de Polongne, à Monsieur son frère, et an roy et reyne de Navarre, et autres grands et de France et de Polongne, chacune à chacun une placque toute d'or, grande comme de la paulme de la main, bien esmaillé et gentiment en œuvre, où estoient gravez les fruicts et les singularitez de chasque province, en quoj- elle estoit plus fertille, comme : la Provence des citrons et oranges, en la Champaigne des bledz, en la Bourgongne des vins, en la Guyenne des gens de guerre (grand honneur certes celuy-là pour la Guyenne), et ainsy consécutivement de toutes autres provinces ' ».

Cette narration, rapprochée du compte rendu de Dorât, permet de fixer le moment de la fètc où la Nymphe de France récita sa pièce de vers- Dorât termine en effet sa description du rocher des Nymphes en ces termes :

Amhulat et sua jam fJectit uestiçjia rupes :

Jam Majestatiim o& l'ertit ad ora suum. \on oerlit frustra : &ed cantntiira uidetar

Nescio quid summa Gallia rupe sedens.

Ref/um, reginaeqiie simul praeconia dicet Carminé : sit jam pax aiiribuSt ecce canit.

Suit la traduction latine de l'ode de Ronsard :

Nympha GaUica.

Gallia ego en adsiim Caelestùm maxima natu Filiay cui caelt tanta indidgentia faitit, L't non sit regio in terris, sive uhere glebae, Seu virtute viriim, quae se milii comparet alla

Donc la Nymphe de France récita sa pièce de vers du haut de son rocher, après la promenade ou parade de ce rocher, et immédiatement avant le ballet des 16 Nymphes provinciales, — ce qui explique le sens des trois dernières strophes de l'ode de Ronsard.

Orlande ». (Cf. édition Bl., VII. pp. 337 et 340, et Rei>. d'Hisl. littéraire de la France, n" de juillet 1900. art. de C. Comte cl P. Laumonier, pp. 352 et 353.) 1. Mémoires, éd. Lalanne, \'II. pp. 371 et 372.

LHYMXE A LA NUIT, IMITE DE PONTAXO.

(Voir ci-dessus, p. 511.)

Je cite le texte latin d'après l'édition Aldine de 1518, Amorum lib I, f*^ 8, v*', et le texte français d'après rédition prlnceps des Odes^ 1550-

Je cite en notes les variantes latines de l'édition Aldine de 1533, Epigrammata^ f" 230, v^, et les variantes françaises de l'édition collective de 1573. la dernière où parut la pièce du vivant de Rousard.

Hgmnus in \octem *.

Hinne à la Nuit.

\ox amoris conscia^ quae furenti Ducis optatam jiweni puellam, Graia Dis magnis^ et arnica hlandae- A'o-r bona lunae :

Quam colunt unam Geniusque Hymenque Et suo gandens Erycina nato Cum férus diras acuit sagittas

Tendit ^ et arcum O voluptatis contes et ministra^ Quae bona ex te fert thalamus torusque, Quas sopor fert illecebras^ Jocosque

Deîitiasque *, Quas simul jancti faciant amantes Inter amplexus trepidumque murmur^ Inter et ludos, tenerasque rixas

Dnni funt ardor ■'', Dum micant linyuis. animaequefîorem ^, Ore deducunt querulo, parique Concidunt motu, resolataque postquam

Grata libido est.

Nuit, des amours ministre, et sergente ^

[fidèle Des arrests de \'^enus, et des saintes loix Qui secretle accompagnes [d'elle.

L'impatient ami de l'heure accoustumée, O l'aimée ^ des Dieus, mais plus encore Des estoilles compagnes. [aimée Nature de tes dons adore ■' l'excellence. Tu caches les plaisirs dessous muet silence.

Que Tamour jouissante Donne, quand ton obscur estroittement

[assemble Les amants embrassez, et qu'ils tombent

[ensemble Sous l'ardeur languissante.

Lorsque l'amie main court par la cuisse,

[et ores

Par les têlins ausquels ne s'accompare

Nul ivoire qu'on voie ^** : [encores

Et la langue en errant sur la joue et la face

Plus d'odeurs et de fleurs, là naissantes,

Que l'Orient n'envoie. [amasse

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