Chamard, op. cit., p
2. Marij-Laveaux : (• A son retoui' de Bapaume c'esl-à-dire vers août 1547), Dorât fut nommé principal du Collège de Coqueret, où il transféra les élèves qu'il avait eus d'abord chez lui. » {Notice sur Dorât, p. xvii.l
3. V. mon édition de la Vie de Ronsard par Binet, Cominenlaire, aux mots « se loger avec \iiy ».
4. Binet semble le dire, et c'est vraisemblable, le domicile de Ba'if étant voisin du Collège de Coqueret.
5. Bien ne s y oppose. V. mon édition de la Vie de lionsard, loc. cit.
6. Auteurs grecs : Homère, Hésiode, Pindare, Kschyle, Aristophane, Platon. Callimaque, Théocrite, Nicandre, Lycophron. Cf. Chamard, op. cit.. pp. 53-58, et mon édition de la Vie de Ronsard, Commentaire, passim.
7. La clientèle de Dorât se composait de pensionnaires, comme l'étaient Ronsard et A. de Baif, et d'auditeurs libres. V. mon éd. de la Vie de Ronsard. Commentaire, aux mots « une académie » et « la place u.
DE l'oeuvre lyrique DE RONSARD 49
Dans le nombre se trouvaient, outre Carnavalet (?), Antoine de Baïf, Pierre des Mireurs et Claudede Ligneri, dont nous parlerons plus loin, Bertran Berger, Jean de la Ilurteloire, Julien Peccate et René d Urvoi, cités parmi les gais compagnons du Voycuje d'Bercueil, qui eut lieu avec une partie de la Brigade et le professeur Dorât en juillet 1549 ' ; peutêtre aussi René d'Oradour et Antoine Chasteigner'-. Je date donc de 1545, au plus tôt, à 1549, au plus tard, les odes, toutes horatiennes, qui leur sont adressées (n°" 15 du liv. I ; 12, 14 et 17 du liv. Il ; 523 du liv. 111 ; 17 du liv. IV), et j'y ajoute, sans grandrisque d'erreur, l'ode De la jeune amie d'un sien ami ^ imitée d'Horace, elle aussi, et placée dans le recueil immédiatement après l'ode à Hurleloire (15 du liv. II).
Mettons à part un autre condisciple, qui, philologue distingué, avait déjà le titre de Maître et devait être un jour le collègue de Dorât comme
1. Bl., VI, 358-77. Berger était un poêle fantaisiste de Poitiers, âgé de 50 ans en 1549. I^onsard, exprimant au retour d'un vo\'age en Gascogne ■15-17 ou 48j sa joie de revoir Paris, le compte parmi les nombreux amis qui vont lui faire fêle :
Et mon Berger, qui s'est fait gouverneur
Non de troupeaus, mais de gloire et d'honneur
Tiendra mon col lassé (Jacé) d'une main forte. {Bl., II, 456.)
V,, sur ce personnage, Chamard, thèse fr., p. 47.
Hurleloire est inconnu. La forme Harleloire que ce nom présente dans le Voyage d'Hercueil correspond à un Kef de Touraine, et je crois que c'est la vraie leçon. Sur la famille tourangelle des de Betz de la Harteloire, cf. Annales fléch., de mai 1906, pp. 189 et suiv., et A. Van Bever, éd. des Foluslries, p. 18, note 4.
Julien Peccate ;c'est le vrai nom, et non pas l'acate, traduction de la forme latine Pacatus) était du Mans, ainsi que Peletier et Denisot. C'est très vraisemblablement lui qui fut camarade de Bonsard à Coqueret, et non pas Guy Peccate. En effet, Guj- Peccate, auquel s'adressait Iode 7 du livre IV, était religieux profès de l'abbaye de la Coulure dès le 11 février 1528, ce qui lui donne environ *20 ans de plus qu'à Bonsard et nous permet de croire qu'en 1549 il résidait dans son prieuré de Sougé-sur-Loir (v. cidessus, p. 7, n. 2, et Hauréau, Hist. litt. du Maine, t IV). Au contraire, .lulien Peccate, qui, plus jeune que son homonyme, était « recteur de l'église de Thoré •» en 1561 et sous prieur en 1568, résidait à Paris, dans le quartier de la Bièvre (L. Froger, Rons. eccl., pp. 39, note, et 58;.
L'rvoi était un gentilhomme breton, auquel Du Bellay adressa la 3' pièce de ses Vers Lyriques imars 1549!. C est tout ce qu'on sait de lui.
2. Oradour, abbé de Beus {Bus-Saint-Hémy dans l'Eure ?| était probablement un gentilhomme auvergnat ou limousin. Ronsard, revenant de Gascogne, regrette qu'il soit absent de Paris et retenu en Anjou « sous l'empire assez dous de s'amie ». On ne sait rien de plus sur lui, si ce n'est qu'il alla avec Ch. de Pisseleu visiter Lambin aux environs de Lyon en mai 1553 (v. une lettre de Lambin à Ronsard publiée par H. Potez, Hev. d'Hist. litt., 1906 ; l'identiDcation d'Auradurus à René d'Oradour est due à L. Froger, Annales fléch , 1907, pp. 90 93).
Antoine Chasteigner de la Roche-Posay est beaucoup plus connu ; né en janvier 1530, prieur de Marignac, puis abbé de Nanteuil-en-\'allée (Charente), il étudiait à Padoue en 1550. Ayant résigné ses bénéfices ecclésiastiques pour suivre la carrière militaire, il prit le titre de seigneur de l'Isle-Bapaume et guerroya en Picardie jusqu'au siège de Thérouane. où il fut tué le 23 juin 1553. Bonsard lui a consacré une longue épitaphe RI., Vil, '202'. Il a laissé un recueil de Poésies françaises, parmi lesquelles trois odes à Ronsard, dont l'une a pour sujet la mort de Claude de Ligneri, élève de Dorât. Il était cousin d'Ant. de Baïf (cf. André du Chesne, Hist. généalogique de la maison des Chasteigners, Paris, Cramoisy, 1634, p. 290 , et de Ronsard (H. Longnon, positions de thèse, Ecole des Chartes,) janvier 1904, appendice IV).
Lecteur du Roi : Denis Lambin. Elève d'un collège voisin, il vint compléter ses études de grec aux cours de Coqueret, peut-être même servir de répétiteur au professeur principal, et c'est ainsi qu'il fut non seulement le compagnon (socii(s), mais encore le conseiller (f(f/?HOH!<o;') de Ronsard pour l'explication des philosophes et des poètes grecs '. Or Lambin partit pour Toulouse dans la première moitié de 1548 au plus tard et ne revit pas notre poète avant la publication des Odes ; on peut donc dater de 1547 ces vingt vers qui sont comme l'écho d'une conversation entre les deux jeunes gens sur la théorie de la « réminiscence » de Platon (n" 7 du liv. III).
Quant a Joachim du Bellay, il ne vint s'enfermer au Collège de Coqueret ijue vers la fin do 1347 au plus tôt 2, sur les instances de Ronsard ; deux odes (14 et 2'i du liv. III) lui furent adressées avant la publication de l'Olive (mars 1549), comme le prouve leur dernière slroplie'î; trois autres sont postérieures, les n°^ 9 et 16 du liv. I, qui font allusion à ses brillants débuts et le traitent comme un poète déjà glorieux après contact avec le public, elle n° l.'l du liv. III, où Ronsard se réjouit avec Louis Meigret de la convalescence de leur ami commun *.
C'est aussi chez Dorât que Ronsard se lia familièrement avec deux Toulousains inséparables, Pierre de Paschal et Pierre de Maulôon, protonotaire de Durban. Nous le savons par les derniers vers de l'autobiographie qu'il adressa plus tard à Pierre de Paschal :
chez lui premièrement
Nostre ferme amitié print son commencement. Laquelle dans mon âme, à tout jamais, et celle De ton ami Durbam, sera perpétuelle '.
1 V. la lettre déjà citée de Lambin à Ronsard (155.3) et la dédicace du 2'' livre de son édition de Lucrèce (1563). Cf H. Potez, Rei>. d'IIisl. litl., 1902, pp. 411-13 ; 1906, pp,495-98.