‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 86 sur 509 · Traduction du distique de Properce · texte numérisé non relu

Traduction du distique de Properce

Cedite Romani scriptores, cedite tiraii : Nescio quid majus naseitnr Iliade.

Le distique grec reparut en tète du Cinquiesnie liure des Odes avec cette légère variante :

E':aT£ vjv 'it'/.r^-iz- '.o' a-jT'jv'.T,î^ àoioo'.

6. En même temps que la littérature gréco-latine, P. des Mireurs P. Mirarius) étudiait la médecine, comme il ressort de la strophe que Ronsard lui a consacrée dans les Bncchanales (131.. VI, 362), et on le retrouve établi médecin à Dieppe en 1553 [Hev. d'Hist. litl.. 1899 pp. 356.59). Il a collaboré en vers latins et français au Tombeau de Marguerite de Valois. Les Xaeniae de Salmon .Macrin (1550 contiennent aussi des vers de lui Enfin Maclou de la Haye lui a consacré un dizain élogieu.x dans ses Œuvres poét , f» 52 v". La devise qui lui servait de signature est : lijnoli nulla cupido.

72 GENÈSE ET ÉVOLITION

un des plus doctes survivants de l'ancienne école, était ;\ proprement parler un rallié, qui, bien loin de faire chorus avec les « rimeurs » de la Cour contre Ronsard, s'était rangé tout de suite de son côté, sans hésitation. Nous en avons une autre preuve, décisive, dans une épîlre latine des premiers jours de juin, oii Charles de Sainte-Marthe a exprimé en quinze vers son enthousiasme pour notre poète :

Ronsardiis meus ille, (jiicm ilineriHi Sticiai'il sihi : ciii suada Pillio Dextro Merciiiio irrigavit ora, Qui (noiit velit invidus) poêlas Inler, conspicnus locum tenebil '.

Il est piquant de relever un pareil éloge sous la plume d'un poète marotique, au moment même où Mellin de Saint-Gelais, se révélant le chef de l'opposition, dénigrait la jeune école et surtout ce « pindariseur » ambitieux, qui prétendait le supplanter dans la faveur du roi et dans l'opinion publique.

C'est, en effet, soit en mai, soit en juin 1350, que je place (on verra pourquoi tout à l'heure) la fameuse scène de la médisance, oii Saint- Gelais lut à Henri 11 les vers pindariques de Ronsard en lui faisant ressortir l'obscurité et l'emphase de certains passages perfidement choisis. Déjà dans rOt/erfe /a /*ai\r Ronsard cherchait à parer les dangereux coups de langue des adversaires personnels qu'il avait à la Cour 2, se rendant très nettement compte que, malgré la réserve élogieuse qu'il avait cru habile de faire à l'égard de Saint-Gelais dans la préface des Orfes 3, celui-ci ne lui pardonnait ni la violence des attaques dirigées contre les Marotiques en général, ni surtout la condamnation brutale des poètes courtisans qui goûtaient alors « les mannes de la royale grandeur » *. Mais il n'avait sans doute pas encore la preuve matérielle que Saint-Gelais le desservait auprès du roi ; ses présomptions et ses craintes ne devinrent une certitude que le jour où Madame Marguerite

1. La date de cette épître est fixée par un vers où Cli. de .Sainte-Marthe dit que la mort de la reine de Navarre arrivée le 21 décembre 15-t9i est passée depuis prés de six mois : Jam sextiis prope mensis est.., dormiunt .'iileitlqiie. Elle parut dans VHecalO' dislichon des sœurs Seymour en juin 1550. — Sur le Poitevin Ch. de SaiuleMarlhe, oncle de Scévole, v. La Croix du Maine (^Bihl. fr.), Goujel (t. XI). Dreux du liadier {Bihl. hist. du Poitou), P. de I.,onguemare [Vue famille d'auteurs aux XVI', Al'//' et XVIII'^ s. -■ les Sainte-Marthe), et le compte rendu de ce dernier ou\'rage par H. Chamard Ret} d'Hist. litt. de 1903, p. .344 . Il est surtout connu par sa Poésie françoise recueil de vers paru à Lyon en 1540, et par son Oraison fun. de Marguerite de Navarre, dont il avait été le familier.

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