‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 96 sur 509 · Publié par L. Froger, Prem. poésies de R., p · texte numérisé non relu

Publié par L. Froger, Prem. poésies de R., p

2. Magny artirmc dans ses Gajjele: que Denisot a fait le portrait de sa Marguerite d'après le naturfl (réimpression de l'éd. de 1554, par Blancheniain, pp. 5-14), et dans ses Odes il vante ses portraits « dignes d'un second Apelle ». On lui attribue d'autre part celui de Marguerite de Navarre placé en tétc du Tombeau, et celui de J. Grévin. Son habileté de dessinateur était très appréciée dès 1539 (G. Marcel, Rev, de Géographie, 1894, pp. 193 à 199). Cf. la thèse de Cl. Jugé sur Denisol.

3. Voir Bl., I, p. 6, sonnet IX. et p. 77, sonnet C.WXV. Cf. pp. 21, 52, 58. Je pense donc qu'on a eu tort d'attribuer à Jean Cousin les portraits de Honsard et de Cassandre qui sont en tête du recueil de 1552 (cf. Rochanibeau, Famille de Ronsarl, p. 119).

Il me reste cependant des doutes sur l'e.'iistence réelle des portraits dont parlent Ronsard et Magnj'. Car en 1552, dans le premier livre de ses Amours, Baif s'e.\tasie devant un portrait de Méline, peint par Denisot (éd. Marty Lav., I, 29). Or nous savons par Baif lui-même que sa Méline est une maîtresse purement imaginaire. Il est possible qu'il ne faille voir dans les vers de Ronsard et de Magny, comme dans ceux de Baïf, qu'une réminiscence du sonnet de Pétrarque : Quando giunse a Simon.

4. Aut. de Baïf, qui lit paraître ses .4moHr.s de Méline en décembre 1552 ; Muret ses Juuenilia en janv. 1553 ; Macloude la Haye, ses Œuvres poétiques en juin 1553. Quant à Bouguier et à Jean Tagault, ils ont collaboré au Tombeau de Marg. de Valois, où ils encensent Ronsard, mais c'est la seule trace qu'ils aient laissée dansl'histoire de la poésie française. — Ce sonnet-épilogue est suivi d'une épigr. grecque signée René Goulu,

5. Supcri«s-, T«nor, Contratenor, Bassus. — Ces quatre parties sont imprimées non pas en fascicules séparés, comme il est arrivé le plus souvent pour la commodité des musiciens, mais ensemble et les unes en face des autres.

siirer sur la lyre (ce que nous n'avions encore aperceu avoir esté fait de tous ceux qui se sont exercités en tel genre d'escrire) suyvanlson enterprise avec le vouloir que j'ay de lui satisfaire et pour l'amour de toy Lecteur : J'ay faict imprimer, et mettre à la fin de ce présent livre, la Musique, sus laquelle tu pourras chanter une bonne partie du contenu eniceluy: te promectant à l'advenir de continuer ceste manière de faire (en ce qui s'imprimera de la composition dudicl Ronsard) si je congnoy qu'elle te soit aggreable * ». Cette musique était l'œuvre de trois professionnels des plus célèbres, Cerlon, Goudimel, Janequin, et d'un amateur, l'humaniste M. -A. Muret. Des dix mélodies harmonisées qu'elle comprenait, quatre s'adaptaient à des œuvres qui intéressent notre étude : l'une de Janequin sur 1' « amourette » Petite Ni/mphe folastr^ l'autre de Goudimel sur l'hymne Qui r'enforcera ma voix ; les deux autres du même sur l'ode A Michel de L'Hospital avec cet avertissement final : « Au reste saches, Lecteur, que tous les strophes et antistrophes de l'ode à Monsieur de l'IIospital se chantent sur la musique du premier strophe, Errant par les champs delà Grâce, et les epodes de l'ode mesmes sur la musique du premier epode, En qui respandit le ciel. »

Si, comme le déclarait l'éditeur, la régularité strophique en vue de la musique était une nouveauté, — relative d'ailleurs, nous le verrons -, — on ne pouvait en dire autant de l'alliance même de la poésie et de la musique « sœurs » ■'. Ronsard la souhaitait vivement pour son compte personnel depuis plusieurs années, et il ne cessa, jusqu'à sa mort, de proclamer que le chant est le complément nécessaire des vers lyriques*. Mais, en France, depuis les trouvères, le poète et le musicien n'avaient souvent fait qu'un, et l'union traditionnelle des deux éléments constitutifs de l'art lyrique français existait encore à l'époque de la Renaissance. La harpe, surtout le luth et la guitare, étaient alors très répandus parmi les poètes; ils s'en servaient, eux ou leurs interprètes, pour soutenir la voix isolée qui chantait leurs vers lyriques, et ces noms d instruments, loin d'être sous leur plume de vaines métaphores, correspondaient à des réalités bien concrètes-'. Les Chansons de Cl. Marot étaient réellement chantées au son de l'épinette ou d'un

1. Ce texte a été réédité pour la 1" fois dans la Rev. d'Hisl. lilt, de juin 1900, art. de Ch. Comte et P. Laumonier sur Ronsard et les Musiciens du XVI" s., pp. 345-46.

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