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LES SOURCES D'INSPIRATION DANS L'OEUVRE DE ROPS
« À vous bien de vrai cœur ; car j’en ai deux, un vrai et un véritable. A celui-ci, je mets un faux nez; et, encore, pour le mieux cacher, une feuille de vigne par-dessus ! »
VI. — Paniconographie. — Enfin la voici femme, à son œuvre de femme, de quelque pays qu’elle arrive, de la plastique Grèce, ou de la tribade Asie Mineure, ou de la terre blanche des Barbares. Assise sur les genoux d’un faune, elle agace et saisit à deux bras par la tête le bonhomme Ægipan qui, à deux mains, saisit à son tour par les flancs la lutine, et l’introduit aux mystères sacrés de l’amour. Vous ne savez quelle pitié profonde vous émeut, au spectacle premier de ce combat de chair d’où l’homme vainqueur sortira affaibli, et la femme blessée aux entrailles, de cette blessure qu’un instant de passion a ouverte et qu’une vie de désirs incessants ne fermera plus. C’est humain, mais combien triste !
Où sont maintenant, dites-moi, les poses inviolables et inviolées de l’ancienne impeccable Vénus ? Où la grâce totale des formes, qui harmonisaient idéalement sa personne sacrée P Où seulement le pur éclat de son visage que le sourire illuminait innocemment, sans le plisser ? Cette pandème est ridée sur tout son corps de corruptrice; son visage, crispé par le plaisir, n’existe même plus puisque, pour se pâmer avec plus d’aise, elle n’apparaît que de dos. Elle est couchée par terre, comme pour mieux la posséder. Devinez-vous une autre prostration, après cette dernière ? Et les dieux grecs, bien tombés cette fois, vont-ils enfin faire signe aux dieux romains de régner sur le monde, à leur place ?