MANETTE SALOMON
J.de Goncourt)
(pour E
mn
Ne
se
FÉLICIEN ROPS À SON ATELIER
d’enfer, et je sens immédiatement descendre en moi le juste sentiment de l’art macairesque, macaronique et simiesque, qui est nôtre, à nous tous!
« Au fond, tout cela ne vaut pas le chant glorieux de l’alouette au premier matin, ou le bouquet de fleurs blanches que la viorne amoureuse jette au rebord de ma fenêtre... »
L’alouette à son sillon, la viorne sa haie, et l'artiste sa planche où, nonobstant ses airs de matamore en grande rage, il nous semble qu'il chante aussi harmonieusement que l’alouette et où, malgré son humilité sincère et digne, comme la viorne sauvage et ignorée, il se trahit par son parfum. Effeuillez cette viorne et écoutez chanter cette alouette, et ouvrez sans plus tarder cet album aussi énorme que rare. Rops vous l’expliquera mieux que quiconque en sa prose mordante, comme eau-forte, et qui caractérise si originalement les légendes fortuites dont seront encadrées quelques planches. Sur ces mystères de nuit et d’art nous aurons tout au plus tenu levée une lampe, un carcel, un lumignon infime, comme un obscur élève de Rembrandt, éclairant religieusement son maître pour la Leçon d’anatomie dont la propre lumière suffit à irradier de telles œuvres, impérissablement vouées à survivre à de si valeureux artistes et à leurs si mal comprises mémoires.