‹ Roquesante, 1619-1707Chapitre 23 sur 40 · MO · texte numérisé non relu

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arrive que, aucuns de ceux qui en avaient obtenu des lettres d'ampliation, veulent les rendre immortelles, particulièrement le nommé Erguilhon, jadis procureur, et parce que cela est très préjudiciable à la dignité et à l'autorité de la compagnie, tant pour la liberté que quelques avocats au Conseil prennent de parler dans l'énoncé de leurs requêtes avec mépris, que pour le mauvais exemple que celte liberté donne au public. Ayant sceu qu'il y avait une instance entre lui et M. de Saint-Giron, le sieur procureur général ^'^ a dressé de très humbles remontrances qu'il vous envoie et nous avons bien voulu- les accompagner de cette lettre pour vous prier de les appuyer de la belle façon : nous les croyons très justes et que vous y emploierez tous vos soins. C'est le sujet de cette lettre qui vous assure que nous sommes toujours, monsieur

Id. du 5 juillet 1C64.

« Monsieur, nous vous avons déjà fait dépèche à ce qu'il vous plût d'appliquer vos soins pour empêcher, que par surprise ou autrement, il ne fût brèche à l'évocation de nos affaires du parlement de Grenoble à celui de Toulouse ; nous vous faisons cette recharge sur ce que nous avons appris qu'il y a quelques personnes qui en poursuivent la révocation ^^K Vous ne nous saurez obliger plus sensible-

la pari de Louis XIV par l'insulle dont son ambassadeur à Rome, le duc de Créquy, avait été victime, les habitants d'Avignon avaient été, si nous interprétons celte phrase, autorisés à jouir de ce droit d'évocation.

(1) Ce magistral élail alors Guilhaume de Rubasse, seigneur de Vergons.

(2) Voir aux supidémeuts aussi l'explicalion de la cause qui niutiva celle lettre.

ment que do nous donner avis de ce qui arrivera et qui viendra à vôtre connaissance desdiles poursuites. Nous sommes

Id. du 14 août 1664.

« Monsieur, nous vous serons toujours à charge jusque à ce que vos soins nous aient procuré un arrêt qui confirme les lettres-patentes du roi qui révoquent les évocations fondées sur les mouvements derniers.

« Il y a une affaire criminelle du sieur Perrin, écuyer de la ville d'Arles ^'^ en règlement des juges au Conseil, sur laquelle nous vous prions de jeter les yeux et y agir avec tout le pouvoir que vous avez. Nous l'espérons du soin que vous avez toujours témoigné au bien de la justice et à l'intérêt de cette compagnie composée, monsieur, de vos très affectionnés... »

Id. du 6 novembre 1664.

« Monsieur, vous avez déjà vu l'arrêt que messire de Forbin ^^\ archidiacre de l'église métropolitaine de Saint- Sauveur, a obtenu pour raison de sa place en ladite église qu'il ne veut céder à aucun du corps ; et comme cette pré-

ci) M lo baron Scîpion du Roure penso qu'il s'agit ici d'un procès mù entre Jacques de Perrin, fils de Michel, contre dame Marguerite Bcrilielicr, son (^'pouse, qui s'accusaient réciproquement de sévices graves, d'adultères, etc. Après divers arrêts du parlement d'Aix intervenus en 1G61 et 62 l'afTaire avait été évoquée au parlement de Toulouse.

(2) M. de Forbin était Louis de F. d'Oppèdc, frère du premier président, qui venait d'être nommé évê(jue de Toulon en 16G4 et qui occupa ce siège jusqu'en 1675, y ayant eu pour successeur un Vintimille du Luc M""» de Sévignc signale encore cet évcque, faisant reinarciuer que toutes les baules fonctions 'le la province étaient alcrs dans les mains de la puissante maison des Forbin.

lenlion est injuste, ayant, nous, litre et possession continue depuis plus d'un siècle, le procureur général, pour satisfaire à une partie de cet arrêt et pour le crime révoqué, quant à la possession qui a été donnée audit archidiacre, dressa ses très humbles remontrances qu'il envoya.

« Et comme nous venons de vous dire qu'il y a grande injustice et que très assurément, sur nos dites remontrances, la possession nous sera continuée, nous vous prions, mais autant qu'il vous est possible, d'y agir avec la dernière affection et nous donner avis ponctuel de ce qu'il y aura à faire. Nous l'attendons de vos soins et de la passion que vous avez pour la dignité de ce corps qui sera toujours en état de vous en témoigner sa gratitude aux occasions où il pourra, étant... »

Nous retrouvons dans la table résumée des anciennes archives de Saint-Sauveur, année 1 657 à 1 669 fonds de révêque Rey à la bibliothèque Méjanes, quelques détails sur l'incident dont il est ici fait mention ; les voici :

Le Parlement avait le vendredi avant le dimanche

des Rameaux de 1 664, soit le 7 avril, rendu un arrêt portant que l'archidiacre de Forbin venant d'être nommé à révéché de Toulon, céderait la place qu'il occupait dans le chœur de Saint-Sauveur, cathédrale d'Aix, à messieurs ses présidents et en leur absence au plus ancien de ses conseillers...

Le soir même où cet arrêt avait été rendu, le chapitre de Saint-Sauveur s'était assemblé et avait délibéré que, pour éviter un scandale public, il céderait à la force, mais qu'il allait de suite porter plainte au roi contre le susdit arrêt ;

en même tcinps il oilrail à M. de Forbin tous les moyens en son pouvoir pour lui facililer son appel devant le conseil du roi.

Il paraît donc qu'un arrêt du conseil était intervenu, auquel fait allusion la lettre adressée à Roquesante, arrêt qui avait maintenu dans ses droits l'archidiacre de Forbin et c'était contre cet arrêt que le Parlement était si mécontent et outré. Nous ne savons pas si Roquesante obtint que le conseil du roi se déjugeât en faveur du Parlement.

Nota. — Nous donnerons aux additions de ce travail de nouveaux détails sur ces questions d'évocation, tirés des lettres royaux de l'ancien parlement de Provence. Ces détails achèveront d'expliquer les difficultés pour lesquelles ce parlement avait recours à M. de Roquesante, pendant son séjour à Paris.

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