CHAPITRE XIV
Accueil du public au jugement de la Chambre. — Opinion de Guy Patin. — Chansons qui se débitent dans Paris. — Fouquet enfermé à Pignerol. — Le prétendu masque de fer. — Fin de la famille du Surintendant.
Le Surintendant avait la vie sauve, ce grand point était obtenu, et dés le soir du 20 décembre ^*s la marquise de Sévigné avait pu écrire à son ami : « Louez Dieu, notre pauvre ami est sauvé, il a passé de treize de l'avis de M. d'Ormesson et de neuf de celui de M. de Sainte-Hélène. »
On a dit avec raison que le retour des juges à une nouvelle opinion consacra le triomphe du conseiller au parlement de Provence ; triomphe amené par le talent et l'adresse, malgré l'exemple des sept commissaires qui avaient parlé avant lui, malgré les intrigues du chancelier et les agissements des puissants ennemis de l'accusé, en même temps que la crainte de déplaire au roi.
« Tout Paris attendait cette nouvelle avec impa-
« tience, écrit M. d'Ormesson, elle fut en même temps « répandue partout et reçue avec une joie extrême, même « par les plus petites gens de boutique. »
(<) 1664, lettre à M. de Pompone.
On entendait de toute part le public donner mille bénédictions à MM. d'Ormesson et deRoquesanle, raconte un peu plus bas cet auteur. Dans certains quartiers on voulut faire des feux de joie ; dans les cabarets on buvait à la santé des juges qui avaient été favorables au condamné ; les grands exemples de piété et de résignation qu'il montra joints à la trop grande animosité de ses ennemis, avaient totalement retourné l'opinion publique ^^K
« M. Fouquet est sauvé, écrivait de son côté Guy
Patin à son ami Falconet de Lyon.... On en donne le premier honneur à M. d'Ormesson et le second à M. de Roquesante, conseiller de Provence Dieu bénisse de si honnêtes gens, je voudrais que le roy fit l'un ou l'autre chancelier de France, pour leur noble et courageuse opinion ; aussi bien M. Séguier n'en peut plus ^'^> »
« M. le chancelier était sien colère, raconte ailleurs
M. d'Ormesson, que M. delà Guilhaumie, lui ayant présenté des arrêts à signer, il les jeta dans le feu et les brûla. . . »
On supputait à la cour les raisons qui avaient pu engager les juges à ne pas voter à la mort, malgré les pressantes sollicitations faites à chacun d'eux : M . de Lesdiguiéres avait, disait-on, gagné M. de la Baulme, ailleurs on imputait à M. le Prince l'avis de M. de la Toison, pour M. de Roquesante et autres on fesait aussi mille suppositions ; « ... On cherchait partout des raisons, sans penser que ces juges
(I) Quant après l'arreslalion de Fouquel, d'Artagnan commis à sa garde, cherchait à l'empêcher de s'évader, le peuple lui criait de ne pas redouter une rvasion, qu'il saurait lui-même garderie prisonnier et se faire jusiii-e.
•2) Lettre du 21 déc. 1661. M. Séguier le chancelier de France.
avaient une conscience... *^ » finit par dire encore M. d'Ormesson à la fin de ses remarques-
(( Ainsi le procès s'est terminé je puis dire par les
« fautes importantes dans les inventaires '^-\ Les coups de « haine et d'autorité qui ont paru dans les incidents du « procès, les faussetés de certains agents de la cour, les « mauvais traitements que les amis du surintendant et « les juges mêmes recevaient dans leurs fonctions partice culiéres, ont été les grands motifs qui ont sauvé Fouquet « de la mort et la disposition des esprits sur celte affaire « a été vue par la joie publique que tous, petits et grands, « font paraître, chacun louant les juges favorables, et donce nant des malédictions aux autres avec toutes les mar- « ques de haine et de mépris » (DOrmesson ; mémoires, l. 2, p. 289.)
{i) Dans son siècle de Louis XIV Vuliaire n'a pas craint d'écrire que sur les 13 juges qui opinèrent contre la mort plusieurs acceptèrenl des présents de Gourville (*). Sur quelle cerliluJe a pu s'appuyer cet auteur ? sur quelque mémoire de la Cour probablement, né de ces supputations dont parle 51. d'Ormesson. Aucun des historiens modernes de Fouquet, si sérieux dans leurs travaux, si attentifs à saisir tout ce qui a trait à ce personnage, n'a pris au sérieux ces allégations. Quant à Roquesante nous avons fait remarquer que c'était précisément son obstination à ne rien accepter qui lui avait créé une sorte de réputation dont Guy Patin s'était fait l'écho
(*) Financier, ami de Fouquet, auteur de mémoires.
(2; Les inventaires des papiers du surintendant qui avaient été dressés au moment de son arrestation. Dans Tespoir de compromettre Fouquet, Colbert et son ami Berryer avaient compris dans ces inventaires des lettres, des mémoires et documents qui furent plus tard reconnus faux et mensongers, comme nous l'avons dit. C'est dans celte catégorie que l'on classe aujourd'hui, grâce aux éclaircissements qui se sont faits depuis, la plupart des lettres galantes trouvées dans la cassette du surintendant, qui y avaient clé adroitement placées pour compronicllrc certaines personnes et activer rirritali<>n de Louis XIV.
De grossiers el méchants couplets furent imprimés cl débités dans Paris et même en province ; on les appelait des vers du Pont-Neuf et même des poiUs-neufs, tout court, comme en général ces sortes de poésies que des chanteurs ambulants et vendeurs, installés sur ce point très passager, répandaient dans le public ; M™^ de Sévigné en parle dans sa lettre du 26 décembre 1664.
M. Chéruel indique qu'on en trouve un grand nombre dans les recueils manuscrits de l'époque. 11 donne notamment les suivants tirés de la bibliothèque de l'arsenal et de la collection Conrart ^^- qui viennent bien à l'appui de ce qu'écrivait d'Ormesson.
Malgré les juges courtisans Le cordon de Fouquet filé depuis trois ans
Est maintenant à vendre ; Mais nous avons Golbert, Sainte-Hélène et Bcrryer (*)
C'est assez de quoi l'employer,
C'est assez de voleurs à pendre
C'est assez de fous à lier.
fi) In-folios, t. XI, p. 223 Bibliothèque Nationale.
(2) Louis Berryer qui joua un rôle 1res important dans le procès du surintendant. C'était, dit d'Ormesson, une créature de Golbert, un de ses agents secrets les plus dévoués dans ses agissements contre son ennemi. 11 était ouvertomenl accusé d'avoir soustrait des papiers du surintendant qui auraient aidé à disculper celui-ci de certaines accusations, d'être le pivot de toutes les intrigues de la Chambre et d'employer sa haute intelligence à tout brouiller pour faire avancer sa fortune. D'Ormesson ne l'aimait pas et donne de lui (t. 2, p, 288) un triste portrait, il finit en disant qu'il mourut fou après avoir été très riche el conseiller d'Etat quoique parti de très bas.
L'annuaire de la noblesse de France, année i870, dit que celte maison n'avait aucun rapport avec celle du grand Berryer moderne qui en a adopté cependant les armoiries et qu'au siècle dernier elle s'était éteinte en la personne d'une présidente de Lamoignon.
Ailleurs encore le même auteur donne aussi de longs couplets qui parurent aux fêles de Noël de celte année 1 664, au sujet du jugement qui venait de se rendre. Chaque commissaire est passé en revue à son tour.
Bien que deux de ces couplets seulement visent Roquesanle, nous les donnons tous, trouvant avec raison qu'ils sont l'image la plus exacte de l'opinion que le public avait de chacun des commissaires de la Chambre. Leur originalité ne fait pas toujours leur seul mérite comme on pourrait le croire à premier examen ; M. Lair trouve avec raison qu'ils sont quelquefois très Gns, pleins d'esprit et absolument historiques dans leurs appréciations.
A la venue de Noël Chacun se doit bien réjouir, Car Fouquet n'est point criminel, On n'a pu le faire mourir.
Quand par ses malices, Berryer Dedans Fabîme l'attira, 11 était dans un grand bourbier, Mais d'Ormesson l'en retira.
Sainte-Hélène fort s'emporta Quand il se mit à rapporter, Et le premier il protesta Qu'il le fallait décapiter.
.l'ai, dit-il, un double argument.
Messieurs, pour fonder mon avis.
L'un est : je serai président (^) Et l'autre dans la loi « si quis. »
0 srand Dieu, s'écria Pussort, Qu'il est profond, qu'il est savan En peut-on trouver un plus fort Pour régir le sénat normand (^) ?
Mais, Messieurs, ajoutons encor Un troisième raisonnement Par où je conclus à la mort Et non pas au bannissement :
Que d'ardoise il couvrit un toit, L'autre de tuiles seulement.
Fut-ce pour tromper le roi ; Répondez à cet argument (2) ?
(1) La cour avait, disail-on, promis à M. de Sainte-Hélène la première présidence du parlement de Rouen.
(2) On avait prétendu que Fouquet, en construisant son château de Saint- Mandé, avait fait mettre des tuiles ordinaires sur les parties de ses toitures bien visible? du public et des ardoises sur les autres parties i^fîn de moins attirer l'attention des jaloux.
st furt bon, dit GizaucourI Fcrréol pareillement ; jSienrs, admirons son discours le suivons aveuglément.
ault dil : vous n'avez pas tort, quand il n'aurait fait que Vaux, st-il pas diç^ne de mort jvoir tout dépensé en eaux (*) ?
ir moi je n'y répugne pas, ute le petit Nogués, I je prétends l'évêché Dax r mon frère le Béarnés.
•ante, assuré provençal,
nit alors en grand émoi
m : Messieurs, vous faites mal
md vous tronquez ainsi la loi.
'ur expliqua donc la loi ne très savante façon, int : Messieurs^ une autre fois prenez mieux votre leçon .
Toison, sitôt qu'il finit, faveur de Fouquet parla le voulut pas qu'on punit lui les crimes de Silla (2).
Baulme vint à son secours iuivit le grand d'Ormesson.
'Iqu'un m'a dit que son discours très petit, mais qu'il fut bon.
Verdier l'cniporta la-dessus, Et, par maint auteur allégué, Il leur prou\a (jue tout au plus Il devait être rélégué.
Mais pour ces Messieurs contenter, Dit, raillant, le grand Massenau, Si l'on lésait décapiter Les mirmidons qui sont à Vaux.
Je ne leur ferai pas de mal,
Non plus qu'à Fouquet, dit Moussy ;
Ni moi, dit encor Catinat ;
Ni moi, dit La Féron aussi.
Je sais bien, dit Brillac, par où Vous mettre, Messieurs, tousd'accord:
Qu'on lui mette la corde au cou, Mais qu'on ne serre pas fort.
La corde au cou, cria Regnard !
Je crois que vous n'y pensez point.
Dieu nous préserve, dit Besnard, D'un ministre la touche au poing (3).
Poncet ne montra point de fiel, Gomme avait fait Pussort ; Mais, par un discours tout de miel, Conclut doucement à la mort.
Monsieur le prévôt des marchands ^^^ Ne parut pas si modéré.
Ce n'est pas qu'il soit trop méchant, Mais Fouquet l'avait ulcéré :
[i, 11 paroil que ce commissaire 11e buvait jamais que du vin pur ou du cidre el détesliiil. l'eau.
(2) Lucius Cornélius Sylla ou mieux Sulla, célèbre général roniain, qui lernit i^a gluîre militaire par de nombreux crimes dont il se rendit coupable.
(3) Les suppliciés, avant d'aller à la mort, devaient faire amende honorable une torciie à la main.
(i) Voysin, un des membres de la Chambre. (Vcst à lui que s'appliquent les paroles du couplet suivant, car on racrusail iinutement d'avoir altéré les pro' ces-verbaux de l'épargne et ce.-t à '.elle allcralioii que ronlcharlrain fait ensuite allusion.
En raisonnements superlhis Je ne veux point perdre de temps, Ni combattre des corrompus, Des lâches et des ignorants.
[noms Pontchartrain dit : ces nouveaux Nous conviennent bien moins qu'à Tes rentes et tes pensions [toi,
Tes procès-verbaux en font foi.
Si Séguier eut raison ou tort Je ne déclarerai pas ce point, Je l'honore et vénère fort C'est pourquoi je n'en parle point
Mais pour finir notre chanson Que chacun se mette à crier :
Gloire soit au grand d'Ormesson Et le diable emporte Berryer !
Le fait du jugement du surintendant défraya plusieurs semaines les conversations de Paris. « ... Je suis surpris que, y ayant plus de quinze jours passés que cette histoire est finie, les discours n'en finissent point encore car on en parle par toutes les compagnies comme au premier jour. . . » écrit d'Ormesson.
La reine-mére témoigna hautement sa joie de l'issue du procès. On sait qu'elle ne partageait pas l'inimitié de la cour et de son fils pour Fouquet. Guy Patin raconte qu'un jour avant l'issue de l'affaire la mère du surintendant étant allée la voir elle lui dit : priez Dieu et vos juges, Madame, car du côté de mon fils il n'y a rien à espérer.
Une tradition existait dans la famille de Roquesanle, qui était que, peu après le jugement rendu, la reine-mére fît témoigner au conseiller de Provence la satisfaction personnelle qu'elle éprouvait de sa solution et de ce qu'il avait si puissamment contribué à son résuhat.
Le roi ne fut pas satisfait de l'arrêt ; Racine affirme qu'il aurait laissé exécuter la sentence de mort. Seul peut-être de tous les ennemis du surintendant Colberl avait su dissimuler une partie du dépit que le jugement lui avait causé.
Le bannissement était la liberté, dit M. Lair, et après ce que Fouquet avait publié sous les verrous, libre, que ne
ferail-il pas ? Qu'apprendrait-on sur Colbert el sur Mazarin, son ancien mailre ? On fît vite partager au roi celte crainte pour son propre compte en même temps qu'on lui persuadait qu'il était de toute nécessité pour les affaires de l'Etat, dont le Surintendant avait eu le secret, que le condamné ne sortit pas du royaume. Louis XIV signa sans hésiter un décret qui commuait le bannissement hors de France en une prison perpétuelle ^''.
Fouquet fut donc conduit de suite, à travers les neiges des Alpes, dans la forteresse de PigneroH^). Ses biens furent conOsqués. el quand un invenlaire exact de son actif et de ses dettes eut été dressé, on trouva qu'on aurait de la peine à sauver les fortunes de ses deux femmes et de sa mère.
On exila aussi, dans diverses villes de France, les membres de sa famille : sa mère et sa femme furent envoyées à Montluçon ^'^\ ses frères, les uns prélats distingués, virent
(1) M. de Royer, plus tard garde des sceaux, dans son discours prononcé en 185G corame procureur général devant la Cour de cassation sur les réformes judiciaires el législatives du règne de Louis XIV dit qu'en droit la peine do Fouquet fut diminuée bien qu'en fait elle fut aggravée, parce que le bannissement emporlait la mort civile. (M. Pijotat, déjà cité. p. G7 )
(2) Ville alors française, bien qu'on y parlât piémonlais. Elle ne fui cédée à à la maison de Savoie qu'aux traités de 1696. Le gouverneur en était un parent de Louvois, le ir.arquis de Pionnes, mais îa citadelle séparée de la ville avait encore un commandant particulier.
(3) Marie de Maupeou. la mère du surintendant, était une femme supérieure du plus haut mérite (l dune grande piété. Elle ne mourut qu'après son fils et nonagénaire. La deuxième femme de Fouquet, Marie-Madeleine dcCastille, personne distinguée, fille d'un magistral de Paris, qu'il avait épousée en i65l, ii'c^t morte qu'en 1716. Ces dames furent plus lard internées à Moulins où M-uc (le Sévigné, allant à Vichy, ira les voir en t076.
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leurs revenus ecclésiastiques supprimés, les autres eurent leurs charges confisquées.
Fouquet vécut encore 15 ans dans sa prison, mais dans la plus sévère réclusion et sous la garde de l'officier des mousquetaires, Saint- Mars, dont l'histoire du masque de fer a rendu le nom populaire : privé de tous les moyens de communication avec l'extérieur il ne fut soutenu dans sa rude pénitence que par sa grande piété. Sa mort arriva subitement le 23 mars 1685 au moment où ses amis venaient d'obtenir un peu d'adoucissement à sa dure captivité.
On sait que quelques écrivains ont cru voir en lui le célèbre masque de fer. Les romanciers ont donné à celle version une certaine créance qui intrigua jadis le public au plus haut point. Mais aujourd'hui, grâce aux sérieuses recherches d'érudils passionnés, recherches qu'a su résumer M. Lair avec une clarté si pleine d'intérêt, il n'y a plus de doute, pour tout lecteur attentif et sérieux, que Fouquet n'a jamais été en réalité ce personnage mystérieux.
L'opinion de cet auteur, que nous adoptons de tous points, est que celte histoire d'un prisonnier important couvert d'un masque de fer, a été bâtie sur des documents en grande partie imaginaires, inventés par Voltaire. Si les nombreuses et minutieuses recherches qui ont été faites à son sujet dans tous les dépôts de documents, où on aurait pu trouver quelques éclaircissements, n'ont jamais rien établi de positif, c'est qu'elles avaient pour objectif, dit avec raison l'auteur que nous citons, un fait qui tient du roma?ïtique et du merveilleux.
La famille du surintendant, pauvre après la chute de son chef, ne larda pas à reparaître dans l'histoire et à se
relever. Mais elle fut peu après frappée par ce destin de Dieu, qui supprime les maisons les plus puissantes et les plus fortunées au moment où, au fait des richesses et des honneurs et représentées souvent par de nombreux rejetons, elles semblent devoir se perpétuer longtemps encore.
Le maréchal de Belle Isle ^*^ petit-fils du grand Nicolas Fouquet, après avoir de nouveau illustré son nom mourut en 1701 ne laissant aucune postérité et ayant successivement perdu quatorze frères ou sœurs qui n'en laissaient pas davantage ; son fils unique, le comte de Gisors, appelé aussi par son intelligence à une haute destinée, avait été malheureusement tout jeune encore, tué en 1758 à la bataille de Créfeld ^^'.
(1) Dans son siècle de Louis XIV, Voltaire a dit que le maréchal de Belle Isle sans avoir jamais été ministre, ni grand général, ni fait des choses extraordinaires, avait une réputation supérieure à tous ses contemporains et passait pour l'homme le plus capable de France*^a même de conduire une armée et gouverner un Etat au besoin.
(2) De nos jours le célèbre château de Vaux laissé par le maréchal, et qu'habita il y a un demi-siècle le comte de Choiseul-Praslin de triste mémoire, est la propriété d'un de nos grands rafflneurs de France, M. Alfred Sommier, qui. il y a quelques années, n'a pas craint, après y avoir dépensé des sommes énormes afin de le rendre digne de son premier propriétaire, do sacrifier encore près d'un million pour remettre en mouvement l'ancien jeu des eaux qui avait contribué à la célébrité de celte demeure princière.