‹ Rosa Bonheur, sa vie, son œuvreChapitre 7 sur 53 · ÉTUDE DE TAUREAU (1843), SCULPTURE · texte numérisé non relu

ÉTUDE DE TAUREAU (1843), SCULPTURE

La seule épreuve qui a été faite.

(Le module bronze appartient à la famille.)

des indications techniques dont elle avait besoin comme dessinateur et comme peintre.

Désormais, Rosa a commencé le cycle d'études et de compositions auquel la mort seule mettra un point final : elle nous racontera, au hasard deses voyages, où elle sut se documenter solidement, la vie des bêtes dans la vie rustique ; elle n'est pas seulement un naturaliste qui fait le portrait d'un animal et note, pour l'utilité des classifications, les caractères apparents de cet animal ; son effort a plus de pénétration : elle interprète l'animal dans la nature

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où il évolue, et dans le rôle qui lui est celui : et sa façon à elle de chanter un cantique à la création c'est de peindre avec passion les êtres qui se meuvent dans un paysage, selon l'ordre chromatique où le caprice des heures les lui montre, et ce cantique, pour réel que soit son objet, n'en a pas moins sa poésie et son émotion.

Il fut un temps où la comparaison s'imposait entre Rosa Bonheur et George Sand : c'était le temps où deorgeSand, déjà sur le retour, était dans toute sa gloire tandis que Rosa commençait seulement à solliciter raticniit)n de la foule, ayant déjà conquis, d'ailleurs, le sulVrage des gens de goût et des connaisseurs. Un critique de cette époque, que nous avons déjà cité, M. Emile Cantrel. n'a pas échappé à la comparaison, et il le fait en termes qui valent d'être rappelés: « Il v a. disait-il, une très intime parenté entre les deux talents. M"^' Rosa Bonheur lit souvent George Sand, c'est son auteur de prédilection, et je ne serais pas surpris que M'""' Sand eût la même préférence pour les paysages de Rosa Bonheur. Le génie de George Sand est surtout un génie paysagiste, et Rosa Bonheur, dans ses tableaux, fait chanter l'arbre et parler éloquemment la bête, l'herbe et le nuage. Toutes deux savent entendre les symphonies muettes de la création, toutes deux savent nous les lendre par le langage passionné et harmonieux de l'art; l'une, dans les descriptions d'une plume qui vaut le pinceau de Ruysdael et la palette du Lorrain: l'autre, dans les récits d'une palette qui a tout le génie, toute la fermeté de st3ie, toute la vigueur du coloris, qui ont fait si justement la gloire de la plume. George Sand et Rosa Bonheur sont deux paysagistes de l'école de Jean-Jacques, deux femmes supérieures que l'Europe nous envie, deux peintres sérieux et convaincus dont la France aura le droit de se glorifier, — deux génies frères!... »

Et de fait, il esta remarquer que Rosa Bonheur, par des qualités mâles, que son jeune talent manifesta dès les premières années de début, échappe à la loi de la nature, qui veut que dans les créations de l'art, les femmes soient inférieures aux hommes. Bain a dit justement' que " plus les provisions intellectuelles de l'artiste

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