‹ Rosa Bonheur; sa vie, son œuvreChapitre 109 sur 220 · PREMIÈRE ESQUISSE DU « MARCHÉ MJ S CHEVAUX », PAR ROSA BONHEUR · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ESQUISSE DU « MARCHÉ MJ S CHEVAUX », PAR ROSA BONHEUR

d'un buisson épineux : en cela ils se montreraient bien plus habiles.

Que de fois j’ai entendu mon père exprimer son admiration pour Arago, qui avait trouvé le secret de parler avec clarté de la lumière ellemême. J'espère bien qu’un jour on élèvera un monument littéraire digne de lui à la mémoire de cet homme illustre.

J'ai lu quelques traités d’astronomie ; ils m’ont laissé cette impression que, pas plus que l’art, la science ne doit perdre de vue les applications pratiques dont elle est susceptible ; autrement, elle est maudite et ses fruits sont empoisonnés. L’art et la science possèdent du reste un pouvoir magique ; je ne cesserai jamais de le dire : tous deux épurent et ennoblissent nos pensées.

Mais je reviens à mon sujet.

Après la mort de mon père, je n'eus plus d'autres maîtres que ceux dont les œuvres sont au Louvre, sans compter la bonne nature, dont

le livre magnifique reste toujours ouvert devant nos yeux. Les enseignements de celle-ci se mêlaient aux souvenirs de ceux-là.

Ainsi m’arrivait il, au milieu de maquignons éprouvant leurs chevaux, de songer aux frises du Parthénon. Et pourquoi ne ferais-je pas quelque chose de ce genre? pensai-je. Mon idée n'était pas d'imiter, vous vous en doutez bien, mais d'interpréter. Dans cet esprit, j'ai fait des compositions et des études innombrables. Cet ouvrage, je me pro-

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