I.E DÉPART POUR LA CHASSE, PAR ROSA BONHEUR
Ici, j’ai dû faire bien des réparations, des modifications, des changements de toutes sortes, dans la maison et dans le parc, qui devenait en réalité mon atelier; il serait bien utile d'en faire encore quelques-unes, ne fût-ce que pour remettre le kiosque en état. On l'appelait jadis le temple de l'Amour, tout comme à Trianon, et parfois les anciens propriétaires, m’a-t-on dit, y tenaient des réunions joyeuses. Nathalie en a plus d’une fois restauré les peintures, mais depuis la mort de ma chère amie, j'ai laissé aller tout cela : une partie de la toiture s’est effondrée; un petit arbuste s’est avisé ironiquement de prendre racine au sommet. Cependant je veux le faire réparer, ce petit kiosque, et nous l’appellerons le temple des Muses.
1. A l’époque où Rosa Bonheur me racontait tout ceci, son pied-à-terre parisien était, depuis plusieurs années, rue Gay-Lussac, 7.
Dans le tciiain d a-côté, j ai établi des enclos, j’ai fait construire de petites cabanes. Rien n'a été négligé pour y installer confortablement ma ménagerie, car, à certain moment, c'est une véritable arche de Noé que j ai eue là. On y a vu des mouflons, des cerfs, des biches, des isards, des sangliers, des moutons, des chevaux, des bœufs, et même des lions.
J aimais beaucoup tous mes pensionnaires, mais ceux que j’affectionnais le plus particulièrement, c'étaient les moutons. J'en ai eu à la fois