‹ Rosa Bonheur; sa vie, son œuvreChapitre 132 sur 220 · LE CERF DE SAINT HUBERT ( I 868), PAR R OSA BONHEUR · texte numérisé non relu

LE CERF DE SAINT HUBERT ( I 868), PAR R OSA BONHEUR

jonchaient la terre. Bien que tout aussi patriote que moi, elle était moins impétueuse de caractère. Elle crut bien taire de recoller soigneusement tous ces morceaux et de reconstituer ainsi ces lettres pour en faire usage s’il était utile.

Voici le message du maire de Pithiviers :

Mademoiselle,

Pithiviers, le 27 septembre 1870.

Le maire de Pithiviers, au milieu de ses tristes occupations nécessitées par la guerre, est heureux de remettre à une personne qui part pour Malesherbes (la route de Pithiviers à ce pays étant libre) le sauf-conduit ci-joint, qui vient de lui être remis par un chef prussien. Il souhaite que ce sauf-conduit vous parvienne de suite, selon son vœu bien sincère.

Avec ses hommages, recevez, mademoiselle, l'assurance de ses respectueuses salutations.

H. Brierre.

Une seconde lettre était jointe à celle-ci :

Mademoiselle,

Versailles, 26 septembre 1870.

S. A. R. Msr le Prince Royal de Prusse m’a chargé de vous transmettre la sauvegarde ci-jointe, que j’ai l’honneur de vous faire parvenir avec l’expression de mes hommages respectueux.

Cte Leckenhoff,

Aide de camp.

Quant à la sauvegarde, en voiti la traduction :

COMMANDEMENT GENERAI.

t>F. l.A 3e ARMÉE

Quartier royal. Versailles, 26 septembre 1870.

Par ordre du commandant de la 3° armée, S. A. R. le Prince Royal de Prusse, il est enjoint à tous les commandants militaires de respecter la propriété de Rosa Bonheur, artiste peintre, et son château de By, près Fontainebleau, et de lui donner toute la protection dont elle aura besoin.

De par le commandant supérieur de la 3V armée, le quartier-maître général,

O. v. Gottberg .

Je dois ajouter que, malgré la manière dont j'avais traité cette lettre de sauvegarde, je n’en étais pas moins reconnaissante au fond de l’hommage dont j'étais l’objet. Plus d’une fois dans la suite, j'ai pu m'apercevoir, du reste, que des ordres avaient bien été donnés pour que ma demeure fût respectée.

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