‹ Rosa Bonheur; sa vie, son œuvreChapitre 137 sur 220 · K OSA BONHEUR ET SA LIONNE FATHMA · texte numérisé non relu

K OSA BONHEUR ET SA LIONNE FATHMA

deux lionceaux, mâle et femelle, mais pas plus hauts que des yorkshires terriers. Bien entendu, nous nous sommes gardées de dire aux employés qu ils avaient eu deux lions à surveiller : ils seraient peut-être morts de peur rétrospective.

Le mâle n'a guère vécu qu'un an et demi, tandis que la remelle a pu atteindre l'âge de trois ans. Je l'avais nommée Fathma. Elle était caressante et plus affectueuse encore que Pierrette, me suivant partout comme un caniche. Elle était si gentille que Céline la laissait entrer librement dans sa chambre. Par exemple, dans ses ébats, il lui arrivait souvent de tout mettre en désordre : « N'avez pas peur, disais-je à la femme de chambre, je vous remplacerai tout ce que Fathma vous abîmera. »

Lorsqu'elle fut toute grande, je lui ai fait construire une cage pour la nuit, car, avec les chiens, il y aurait eu bataille, mais elle était si bien apprivoisée que je la laissais mettre ses deux pattes autour de mon cou ; je lui prenais la tête, je l'embrassais. C'était un modèle d'obéissance et de docilité.

Un jour, pour je ne savais quelle cause, Fathma semblait ne pas vouloir que je m'éloignasse d'elle, elle me retenait et ses yeux avaient une expression attendrissante. Je m’en allai pourtant, en lui disant que je ne pouvais demeurer davantage, car il me fallait aller travailler. Aurais-je pu supposer que ma pauvre Fathma était malade ? Deux heures plus tard, je descendis, avec l'intention de la caresser pour lui faire oublier mon absence. Hélas! elle était morte! Avant de succomber, elle avait réussi à se traîner jusqu'au bas de l'escalier, sans doute pour mourir plus près de moi Pauvre bête !

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