EN AUVERGNE ( I 8 8 9 ) , PAR ROSA BONHEUR
M icas ; j'énumère ce que j'ai fait pour les miens, je montre que je n'ai rien à me reprocher envers eux. Quant à mon frère Isidore, vous trouverez, pour ce qui le concerne, des indications suffisantes dans ces papiers. J’ai foi dans votre loyauté.
Les mois trop peu nombreux qui suivirent cette conversation ne devaient rien modifier aux dispositions de Rosa Bonheur à mon égard. Jusqu'à son dernier jour, son affection demeura aussi vive et sa confiance aussi absolue. Quels que soient l’embarras et le trouble que je ressente à entretenir le lecteur de sentiments qui rencontraient chez moi la plus tendre des amitiés, l'admiration la plus respectueuse et le plus absolu dévouement, je n’achèverai pas ce chapitre sans donner à
l'appui des propos qui précèdent une lettre écrite au mois de mars par Rosa Bonheur à ma mère.
By, ce 3i mars 1899.
Chère et mille fois bonne Madame,
Votre Anna est un ange de bonté et plus je la connais, plus je l’estime
et je l’aime.
Par mon âge, mon expérience de la vie et de l’espèce humaine, j’ai le droit de la garantir, car elle serait facilement dupe des faux bonshommes.
Nous sommes heureuses, et j’espère bien que les méchants ne pourront pas troubler notre vie d’honneur et de travail.
J’espère vous voir arriver près de nous. Votre Anna vous adore et je partage ses sentiments pour la meilleure des mères. Soyez bien tranquille et sachez, chère Madame Klumpke, que, malgré mon âge plus avancé que le vôtre, j’ai pour vous et pour votre famille l’affection la mieux placée et l’estime, le respect le plus profonds.