ROSA BONHEUR SUR SON LIT DE MORT
Je le regardai avec effroi, et un sanglot souleva ma poitrine lorsque je l’entendis proférer le terrible arrêt :
— C'est fini Embrassez-la !. ...
Et pendant qu’à travers mes larmes je contemplais le visage pâli de celle qui n’était plus, tout mon être se fondit dans un hommage de profonde gratitude à l’égard de la femme illustre qui m’avait trouvée digne de sa confiance et de son affection.
Rosa Bonheur semblait dormir paisiblement. Sur son visage se répandait une expression de sublime sérénité. Quels impénétrables mystères entourent le passage de la vie que nous connaissons, à celle qui nous est ouverte par la mort?
Déjà l'atelier était sous scellés lorsque ma sœur Julia me fit penser à la couronne de laurier que Rosa Bonheur avait souhaité emporter dans son cercueil. Pour me permettre de prendre cette relique, le juge de paix de Moret voulut bien consentir à briser le cachet qu'il venait d'apposer. J'enlevai avec précaution, du bois de cerf auquel ma vieille amie les avait suspendus, les rameaux désséchés dont les feuilles conservaient cependant encore un peu de leur verdeur; je les déposai sur la
Photographie Braun, Clément et C»e. Collection Tedesco frères.