‹ Rosa Bonheur; sa vie, son œuvreChapitre 20 sur 220 · LE DUEL, PAU ROSA BONHEUR · texte numérisé non relu

LE DUEL, PAU ROSA BONHEUR

taire l’acquisition d'un tableau à l’intention d’un musée de peinture dont elle venait de doter l’Université de Rowdoin, à Brunswick (K. -U.).

L’attention de Miss Walker se porta sur une étude de cheval blanc.

— .le ne vends pas mes études, lit Rosa Bonheur, mais pour vous être agréable, je veux bien me servir de celle-ci, qui vous plaît, pour en taire un tableau.

— Ft combien le paierai-je? mademoiselle.

— Cinq mille.

— Cinq mille dollars, n'est-ce pas? Que je serai heureuse de posséder une œuvre de vous à ce prix! s’écria vivement la visiteuse.

Vous avez mal compris, dit Rosa Bonheur en l’interrompant. Un qualité d’amie de Miss Klumpke, ce sera cinq mille francs et non pas cinq mille dollars.

Miss Sophie Walker se confondit en remerciements, et, pour mon compte, je ne manquai pas d'être très sensible à un procédé aussi flatteur pour moi qu’il était avantageux pour ma compatriote.

L’occasion d'une présentation du même genre se renouvela dans le cours de l'hiver. Je reçus un jour la visite de M'"e Thaw, de Pittsburg, dont le patronage m’avait été précieux pendant mon dernier séjour en Amérique. K lie avait récemment acquis, à New-York, un tableau de Bouguereau et un autre de Rosa Bonheur, qui avaient provoqué chez elle le désir très vif de connaître l’un et l’autre de leurs auteurs.

Déjà elle axait été rendre visite à M. Bouguereau, qui l’avait fort aimablement accueillie. Tant qu’à Rosa Bonheur, elle savait combien il était difficile d’être admis dans^ son atelier, et c’est pourquoi elle recourait à mon entremise, ne doutant pas de ma bonne volonté à lui être agréable. Les lettres si affectueuses que j’avais reçues de Rosa Bonheur à Boston, et qu elle connaissait, lui étaient à l'avance un gage de la réussite de ce projet de visite, dont elle attendait, pour elle et pour ses filles, un souvenir précieux, disait-elle.

Ainsi que l’espérait bien M"10 Thaw, la réponse de Rosa Bonheur à ma demande d’entrevue fut aussi prompte et aussi favorable qu’il était permis de l'espérer. Trois jours plus tard, Mme Thaw, sa sœur, ses deux filles et moi, nous étions à By. Rosa Bonheur avait réservé à ces dames la joie de les recevoir vêtue de son costume masculin, à l’étrangeté duquel elles furent bientôt accoutumées, tant celle qui le portait savait mettre d’affabilité dans son accueil et de vivacité dans son langage.

Par contre, deux petits chiens de race Yorkshire nous traitèrent de toute autre façon : l'un d'eux s'était mis à aboyer avec un acharnement et un bruit extraordinaires pour sa taille minuscule, en nous montrant

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