‹ Rosa Bonheur; sa vie, son œuvreChapitre 63 sur 220 · L’acte de mariage de Raimond Bonheur est ainsi conçu · texte numérisé non relu

L’acte de mariage de Raimond Bonheur est ainsi conçu

« Le vingt-un mai mil huit cent vingt-un, après midi, par devant nous, adjoint au maire de la ville de Bordeaux, délégué pour remplir les fonctions d’officier de l’état civil, ont comparu en l’hôtel de ville, pour être unis par le mariage, d’une part, M. Raimond Bonheur, surnommé en famille Oscar, peintre d’histoire et professeur de dessin, âgé de vingt-cinq ans,

Mon père avait alors vingt-cinq ans et ma mère vingt-quatre. Vous avez devant vous le premier fruit de leur union ; on le nomma Rosalie.

Lorsque mon avènement à la vie se produisit dans la bonne ville de Bordeaux, le 16 mars 1822 \ dans la rue Sainte-Catherine, il n’y eut auprès de mon berceau aucun astrologue pour tirer mon horoscope. Mais depuis mon installation à By, j’ai pris goût à observer la marche des corps célestes et la curiosité m'est venue de savoir la manière dont les astres étaient disposés lors de ma naissance.

J’ai appris ainsi que le cœur du ciel était occupé par le signe bienfaisant du Bélier et que Mars trônait majestueusement. C’était de bon

né à Bordeaux le vingt mars mil sept cent quatre-vingt-seize, y demeurant, rue d’Entre-deux- Places, 5q, fils de sieur François Bonheur, sans profession, et de Marie Pérar, habitants de cette ville. Et demoiselle Sophie, âgée de vingt-quatre ans, née à Altona, en Allemagne, en l’année mil sept cent quatre-vingt-dix-sept, demeurant à Bordeaux, rue Poissac, 1, fille de père et mère inconnus, ainsi qu'il résulte d’un acte de notoriété reçu par le juge de paix du troisième arrondissement de Bordeaux, le vingt-huit avril dernier, homologué le quatre du courant par jugement du tribunal de première instance de cette ville, desquels acte et jugement il nous a été remis expéditions en forme, pour tenir lieu d’acte de naissance de la future épouse, d’autre part. Lesquels comparants voulant s’unir en mariage, agissent comme majeurs; le premier du consentement de ses père et mère ici présents et la dernière libre et maîtresse de ses droits et actions, n’ayant aucuns ascendants connus. En conséquence, ils nous requièrent de procéder à la célébration de leur mariage, dont les publications ont été faites devant la principale porte de l’hôtel de ville, les six et treize du courant, à l’heure de midi. Et attendu qu’il ne nous a été signifié aucune opposition.

» Après avoir donné, aux parties et aux personnes qui les assistaient, lecture des pièces ci-dessus mentionnées et du chapitre six du titre cinq du code civil, nous avons reçu des contractants, l’un après l’autre, la déclaration qu'ils veulent se prendre pour époux, et avons prononcé publiquement, au nom de la loi, que M. Raimond Bonheur, surnommé en famille Oscar, et la demoiselle Sophie, sont unis en mariage. Dont acte fait au bureau de l’état civil, en présence des sieurs Jean Corbin, employé des contributions directes, cours d’Albret, 1 3 5 ; Pierre lluau, commis de la marine, allées des Noyers, 3q ; Marie-François Choppv-Desagel, professeur, fossés du Chapeau-Rouge, 20, et Édouard Subercazaux, domicilié à Tauriac (Gironde), médecin, témoins majeurs. Lecture faite du présent, les époux, la mère de l’époux et les témoins ont signé avec nous ; le père a déclaré ne savoir. »

(Suivent les signatures.)

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