‹ Rosa et GertrudeChapitre 10 sur 15 · LVIII NOTICE · texte numérisé non relu

LVIII NOTICE

Fib d'un peintre de premier ordre , artiste par nature aussi bien que par l'effet des circonstances, Tôpffer se livra avec ardeur , après avoir terminé ses études , à cet art de la peinture qui devait être sa carrière. Mais, au bout de peu d'années, une inflammation des yeux qui menaçait de devenir chronique l'obligea de renoncer à ce qui avait été pour lui le but de sa vie. Obligé de changer de carrière, il se décida à vingt ans pour celle des lettres, que lui rendaient facile les bonnes études qu'il avait faites. Tout en devenant littérateur, il ne cessa point d'être peintre ; il suffirait, pour s'en convaincre , de jeter les yeux sur Tune quelconque de ses productions littéraires , quand de charmants croquis échappés accidentellement à son crayon ne seraient pas là pour l'attester. La peinture fut encore sa dernière ressource, comme elle avait été sa première occupation ; il sut, pendaat les derniers mois de sa vie, au milieu de souffrances aiguës et de douloureuses angoisses, trouver dans cet art, qui s'allie si bien à toutes les dispositions de Tftme, des moments d'une douce distraction.

Une fois décidé à se vouer à l'étude des lettres , Tôpffer reprit ses auteurs classiques. Tout en s'attachant principale^ ment à la lecture des anciens , il se nourrit également de celle des auteurs français du seizième et du dix-^septième siècle; Montaigne, entre autres, avait pour lui un charme tout particulier. Cette circonstance explique la nature de son talent et de son style, surtout dans ses premiers essais. Le zèle qu'il mît à l'étude du grec, et les succès qu'il y obtint, l'engagèrent à publier, de concert avec deux autres littérateurs ses amis, des éditions de quelques classiques grecs, dont le texte révisé avec soin fut enrichi de notes originales.

^*^i à cette époque qu'obligé de se faire une position, il

Sra H. TflPFFER. LIX

se roua à l'éâneation de la jeunesse, et se mît bicnlOt luim&ne k la tête d'un institut qui ne tarda paa i prospérer sons ia direction d'un chef jeune, ardent et capable. En 1832 U fot appelé k la place de professeur de belles-lettres générales dans l'Académie de GenëTe. Le talent qu'il avait montré pour s'emparer de la jeunesse et pour la conduire , son habileté i développer ches les autres le pouvoir de sentir qu'il possédait lui-même à un si haut degré, le rendaient éminemment propre aux nouvelles fouctions qui lui étaient conQées, et dans lesquelles il a rendu pendant treize ans des «ervices imporlanis que relevait la plus sincère modestie. Il «lira dans le corps de l'Académie avec joie ; ce fut un vrai bonheur pour lui de s'y trouver associé aux traTanx de quelques-tins de ses amis in^mes, et d'y devenir le colique des hommes éminents qui en faisaient alors partie; le rOle qu'il y joua lui-même par son activité, son excellent jugement, l'esprit de suite qu'il apportait aui foncdonB dont il était ehar^, et le charme qu'il savait répandre dans ses relations avec ses colltgneB , laissera des souvenirs qui ne s'eD^ceront point. Son attachement pour l'Académie fut profond et invariable : et ce n'était pas sans effroi que, durant le cours de sa maladie , il entrevoyait la possibilité d'être contraint i rompre nn lien qui lui était si cher.

Aa miUeu de tontes ses occupations, Tdpffer s'était créé une distraction qui devait contribuer, suis qu'il s'en doutSt, k lui donner plus tard une position liit^Tuiie qu'il n'avait jamais cherchée, qu'il n'avait pas mèiaii rSvéc U (crivail souvent , et sa plume facile et gradeuse , clieminaut au gi'6 de cet esprit aimable et sensible , produisail ces petits chefsd'œuvre de fraJchear et de naïveté dans lesquels une liennée ' toujours élevée domine au-de»ti8 de déiuilu charmouts da |

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