SONNET
Je n^ai jamais jeté la fleur Que Tamilié m'avait douii6c,
XX NOTICB
> Pour qui observe , il est facile de remarquer que ce irait va s*effaçant à mesure que Ton monte des classes pauvres , labo* rieuses, aisées, aux classes riches, et qu*il s'efface entièrement au milieu du luxe et de Toisiveté des hommes inutiles. Ai-je donc si tort d'y reconnaître quelques liens mystérieux avec ce qui est bon ? de dire que c'est un trait honorable de notre nature et précieux pour Tâme? Un sentiment qui se trouve où il y a travail, exercice, économie, médiocre aisance; qui se perd où il y a luxe prodigue, paresse, inutile oisiveté , serait-il indifférent aux yeux de l'homme de sens? Non pas! Aussi Franklin , l'homme de sens par excellence , en faisait cas.
» Au reste, si cette disposition est plus fréquente chez les classes travailleuses que chez les classes oisives , parce qu'elle est inséparable de l'emploi du temps, de l'exercice et du travail, elle est aussi bien plus générale dans les sociétés jeunes encore que chez celles qui sont arrivées aux derniers raffinements de la civilisation. Homère décrit toujours avec soin un mors, un bouclier, un char, une coupe, une armure ; il prête sans cesse à ces objets inanimés des qualités morales qui en font le prix aux yeux de leur possesseur, et qui leur valent l'estime ou les affections de l'armée. Les temps de la chevalerie présentent le même caractère. Aussi Walter Scott ne néglige pas un trait si vrai et sî favorable au pittoresque. Gooper lui-même, dans son roman de la Prairie y voulant peindre un homme des villes qui s'est volon-
— Petite fleur, même fanée, — Sans que ce fdt à conlre-cœur.
Je n* ai jamais contre un meilleur Changé le meuble de Tannée, L^objet usé de la journée , Sans en avoir presque douleur.
Je n'ai jamais qu'à faible haleine Et d'un accent serré de peine * Laissé tomber le mot adieu ; ^
Malade du mal de la terre , Tout bas soupirant après Fère Où ce mot doit mourir en Dieu.
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tairement reporté à la vie des bois, est fidèle à U vérité lorsqu'il QDÎt d*amitié le trappeur à sa carabine. Cette arme Ténérable prend une physionomie , un caractère ; elle devient un personnage qui a sa bonne part dans rintérétqùe nous portons au vieux chasseur des prairies... »
Pais, revenaDt à son bâton d'encre de Chine :
« Ceci , dit-il, tient à notre vie privée ; aussi éprouvé-je quelque répugnance à en entretenir le public. Mais je ne puis résister à Tenvie de faire connaître les innocentes relations qui m*unissent à lai. D^ailleurs, je serai discret.
» Ces relations sont anciennes, elles datent de vingt ans ; elles me sont chères à plus d*un titre , car ce bâton , je le tiens de mon père, y compris la manière de s'en servir et la manière d'en parler. Il est rond, doré, apostille de chinois, et d'une perfection sans pareille, si pourtant l'amitié ne m'aveugle. Un beau matin je !e trouvai cassé en deux morceaux ; cela m'étonna , car il n'avait jamais fait de sottises qu'entre mes mains... Aussi n'était-ce pas une sottise, je venais de me marier.
> Maîs^ outre ces circonstances qui me le rendent cher, que de moments délicieux nous avons coulés ensemble! que d'heures paisibles et doucement occupées ! quelle somme de jours calmes et riants à retrancher du nombre des jours tristes, inquiets ou ingratement occupés ! Si l'on aime les lieux où l'on a goûté le bonlieur; si les arbres, les vergers, les bois, si les plus humbles objets qui furent témoins de nos heureuses années ne se revoient pas sans une tendre émotion , pourquoi refuserais-je ma reconnaissance à ce bâton qui non-seulement fut le témoin, mais aussi l'instrument de mes plaisirs?
> Et puis quels plaisirs! Aussi anciens que mes premiers, que mes plus informes essais; car, ce qui les distingue de tous les autres, c'est d'être aussi vifs au premier jour qu'au dernier, de s'étendre peu , mais de ne pas décroître. Aujourd'hui encore, quand , m'apprétant â les goûter, je prends mon bâton et broie amoureusement mon encre tout en rêvant quelque pittoresque pensée, ce ne sont pas de plus aimables illusions, de plus séduisantes images , de plus flatteuses pensées qui m'enivrent , mais du moins ce sont eucore les mêmes; la fraîcheur, la vivacité, la plénitude , s'y retrouvent , ellee s'y retrouvent après vingt ans î
Et combien Mt-il de plaisira que vingt au B'aient pu décolorés, détraiu: L'amilié seule, peut-être, quasd elle est vraie, et que, seoiblable h un vin généreux, les tnnéet )a laÙTiMent ea l'épurant. > Durant ces vingt annéei d'usage régulier, ce blton ne s'est pas raccourci de trois lignes : preuve de la finesse de aa substance , gage de la longue vie qui l'attend. Jjongtemps je l'ai regardé comme mon contemporain; mais depuis que j'ai compris combien plus le cours des ans Aie i ma vie qu'à la sienne, je l'envisage ï la (ois comme m'ayant précédé dans ce monde et comme devant m'j survivre. De li une pensée un peu mélaucoliqne, non que j'envie à mon pauvre bSlon ce privilège de sa nature, mais parce qu'il n'est pas donné k l'homme de voir sans regret la jeunesse en arriére et en avant le déclin*... >
La cbapitre qui suit, sur le pinceau , a beaucoup de piquant; le caractère du pinceau, Bnivant M. Tôpffer, c'est d'être capricieux ; il est le contraire du bâton , de l'ami solide. Il a des moments sublimes, d'autres détestables ; il emporte EOD maître et, lui joue des tours. Méûez-vous du pinceau.
Sur les limites dn procédé et de Vart ; qu'ft est bon que pour chaque homme Vart soit à recommencer ; sur h différence fondamentale de la pemlure antique et moderne ; sur le dair-obscur et Rembrandt; qu'en face de la nature lesplvs serviles ont été lei plus grands , et qne c'est bien ici qve ceux gui s'abaissent seront élevés; que la peinture pourtant csi un mode , non pas d'imitation , mais d' expression: il \ a là-de^us une soite d'instructifs et délicieux chapitres, oiï la pensée et le technique se balancent et s'appuient heureusement, oil le goût pour la réalité et pour les Flamands ■>e Tait tort en rien au sentiment de l'idéal , où Karel Dit Jardin tient télé sans crànerie ï ItaphaëL Tout au travers
* 11' livre du Traité du Itm* à l'encre de Chine-
SUR M. TÔPFFER. XXfll
passe et repasse plus d*ane ibis , avec cmnpbisance et nondudoir, on certain âne qui sert à Tantenr de démonstration £umljère à ses théories, et cela le mène à venger finalement rhoonéte animal, son ami, calomnié par cet autre ami La Fontaine. Ce chapitre de réhabilitation est victorieux et restera dans l'espèce ^ ; mais, pour commencer , on ne peut font citer.
En lisant ces pages pittoresques et vives, où la lumière se joue , on ne peut «'empêcher de partager les espérances de l'auteur, lorsque, vers la fin, en vue de l'avenir de l'art dans ces cmitrées où il n'eut point de passé , on l'entend qui s'écrie : « Toutefois, Suisse, ma belle , ma chère patrie, les temps s(mt venus peut-être! J'en sais, de vos amants, qui vous rendent plus que le culte de l'admiration, qui étudient vos beautés^ qui se pénètrent de vos grandeurs, à l'âme de qui se découvrent vo9 charmes méconnus. » Le brottiUard dans ces vallées se lève tard , voilà qu'il semble se lever aujourd'hui Ce sont des amants qui aimaient trop et de trop près; Si force de sentir» ils ne pouvaient dire. Â leur tour, enfin, de parler.
Dans la Suisse allemande , cela s'est passé un peu autrement , je pense. iPar la poésie au moins et par la littérature » la Suisse allemande , dès Haller et Gessner, s'est bien plus exprimée elle-même que la Suisse française ne l'a fait encore. GeDe-ci a eu Rousseau , sans doute ; comment TouMier ? Mais, tout en la peignant, il l'a désertée autant qu'il a pu. Le grand historien helvétique , un des plus grands historiens modernes, le vrai peintre et comme le poète épique des vieux âges, Jean de MûUer, est de cette autre Suisse qui n'a polnti
« Cbap. VIII du III' livre du Traité,
cnirc l'Allctni^ae et elle, les mêmes foarrii^res de croyances et de purisme que li Suisse française se sent à l'égard de la France. Et ici je me permettrai de blâmer H. TOpffer sur uu point.
Indépendamment des articles d'art et des pi(iuant5 chaiùtres sur le lavis, il en a fourni plusieurs autres à la Bibliothèque universelle de Genève , excellent recocU en beaucoup de parties et d%De d'une cité qui a produit au début Jean Le Clerc, le second et très estimable journaliste h côté de Bayle. Mais trop souvent dans ces articles de H. TOpffer ', comme dans la plupart de ceux que la Bibliothigue vniver- *e//c publie sur lalittérature, je regrette de trouver la France Uaitée comme une nation étrangère, nos écrivains à la mode pris ti partie et entre-choqués, comme on le pourrait faire par delà le détroit. Cette espèce d'opposition, inutile d'abord, est surtout di^racieuse; rien de moins propre à diminuer nos préjugés d'ici. Nous avons du purisme à l'endroit de Genève; on y répond par du puritanisme, et notre purisme va en redoubler de dCdain. Une telle polémique, morale par l'intention, mais où il entre pour le détail beaucoup d'inexactitudes, tend ti prolonger un état de raideur et de secte, uu système de défensive qui ne me parait poiut du tout favorable à ce que je désire le plus avec M. Tdpfler, l'expressioa libre et poétique de la Suisse par elle-même.
Assez de critique. M. TopfFer commença à poindre comme romancier dès 1832, par un charmant opuscule , la Bibliothèque de mon oncle, qui fait aujourd'hui le milieu de Yliistoire de Jutes. L'année suivante, il pubUa la première
' Quelquea-UDs ont été recueillis dans uu volume de Naueeltet « Mélanges (Genève, Cherbuliei, 1840),
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partie du Presbytère i ; après quoi il se délecta , non pas, dît-il, à foire des suites à ces deux parties, mais à compléter le tableau dont elles étaient pour lui un fragment. Êlisa et Widmer ne fut même qu'une étude où il s'exerçait à trouver des tons pathétiques pour la fin du Presbytère. En \%l!x^ il donna V Héritage^ où ces tons touchants , pour être contrariés par une veine bizarre, ne ressortent que mieux. J'indiquerai encore, dans l'intervalle de 1833 à 1840, comme ayant paru à part ou dans la Bibliothèque universelle j la Traversée^ la Peur, et quelques petites relations de voyages, la Vallée de Trient, le Grand Saint-Bernard, le Lac de Gers , le Col d^Anterne 2. De ces derniers petits récits , j'aime la vérité sinïple, la grâce rustique et naturelle, la belle humeur et la moquerie sans ironie. D'ordinaire, il y intervient un touriste ridicule, un Anglaiii gourmé, un Français entreprenant, une jeune fille charmante et qu'on prot^e, et qu'il faut trop tôt quitter. J'y vois une sorte de protestation modeste et de reprise en action contre les trop spirituelles impressions de voyage et les enjambées de nos grands auteurs, par quelqu'un du terroir, et qui, ayant beaucoup laissé dire, se décide à son tour à raconter. Chaque année en effet, en de certains mois, les voyageurs fondent sur la Suisse de tous les points de l'horizon, comme des volées d'étourneaux qui s'abattent. C'est une manière de transformation civilisée des anciennes invasions barbares : il y a aussi , selon le plus ou moins de talent , les simples pillards et les conquérants. Us sont jugés les uns et les autres très justement, très finement,
* Aujourd'hui le premier des cinq livres dont se compose ce roman {le Presbytère, 2 vol. in-S% 1839).
' Le tout recueilli daus le volume, déjà cité, de Nouvelles et Mélanges (Genève, 1840).
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par les humbles habitants ou naturels du lieu (comme dit George Sand)» qui sonflk^nt dans leur cœur de ces légèretés de passage , qui s*en affligent pour les objets de leur culte, et qui, entre soi, après, se gaussent des railleurs. M. TôpfFcr répond à ce sentiment local dans ses gouaches franches sans hâblerie et sans pompe.
Chose bien singulière et petite moralité à tirer pour nous chemin faisant I nous autres Français qui, en France et chez nous, distinguons si parfaitement les Gascons et croyons leur fixer leur part , une fois à Tétranger, nous faisons tous un peuTefTetde Fêtre.
La Peur est un récit minutieux et dramatique d*uae impression d'enfance. Agé de sept ans environ, Je jeune enfant 9e promenait en un certain lieu solitaire , et non loin du cimetière de la ville, avec son digne aïeul qui lui servait presique de camarade , comme c*est la coutume des excellents grands-pères, depuis le bonhomme Laèrte jusqu'à grand-papa Guérin ^ Mais , au milieu des jeux folâtres et au sortir dû bain qu'il prend en s'ébattant dans une petite anse, voilà tout d'un coup qu'à la vue d'un débris , ou , pour parler net , d'une carcasse de cheval étendue sur le sable, l'idée obscure de la mort se pose à lui pour la première fois : un vague frisson l'a saisi pour tout le reste du jour. L'année suivante, son aïeul meurt, et l'enfant, qui suit le convoi sans trop savoir, se retrouve tout ému aux mêmes lieux. Quelques années après encore , vers l'âge de douze ans, sorti de
* Le vieil et célèbre avocat Loisel , retiré à Chevilly, près Villejuif , tout à la fin de ses jours , et n'y ayant pour compagnie que son petit-fils , a fait ce dislique charmant :
Qois Giyilliacù lateat si quseris eremo :
Laeriesque senex, Telemachusque puer.
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la ville aa hasard, sous l'impression d*an chagria violent et nu peu burlesque, d'un précoce dépit amoureux, il se retrouTe le soir, seul, dans le même endroit de mystère. U oublie l'heure , les portes de la ville se iermcnt , et il est obligé de passer la nuit entière en proie aux terreurs. C'est la description de cette crise, dans toutes ses péripéties , qne l'auteur a retracée avec un naturel parfait et comme miDute par minute : joli tableau malicieux qui semble pointillé par la plnme de Charles Lamb, ou sorti du pinceau d'un maître flamand.
La Traversée rentre dans la donnée à*Ourika ou dv £épreux^ c'est-à-dire dans le roman par infirmité. U s'agit d'un jeune bossu qui a des instincts chevaleresques, des velléités oratoires, qui a surtout des besoins de tendresse et qui souffre de ne pouvoir se faire aimer. Toute la première partie de l'histoire est aussi vraie que touchant^ et délicate ; je hasarderai une seule critique sur la fin. Le petit bossu,
dans une traversée qu'il fait aux États-Unis d'Amérique, parvient \ se faire remarquer par ses soins auprès d'un passager malade et de sa jeune femme qui va devenir veuve. Arrivé à terre, il continue de les assister. La femme reste sans protecteur; il l'épouse, il devient père, il est heureux; il écrit à son ami de Suisse, confident de ses anciennes douleurs: « Envoyez-moi donc vos bossus, nous leur trouverons femmes...» Ceci me choque. Ce jeune homme, même guéri de ses regrets, même heureux, ne devrait jamais, ce me semble, plaisanter de la sorte. Il a Fâme fière, chevaleresque. Or, les âmes fières, on l'a justement remarqué, aiment encore moins l'amour et son bonheur pour ce qu'elles y trouvent que pour ce qu'elles y portent; et l'infirmité inévitable qu'il y. porte, et qui l'a humilié si longtemps, devrait lui coû-
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ter à rappeler, à nommer, — à moins pourtant qu'il ne soit devenu tout-^-fait Américain^ ce qui est très possible, maÎ9 ce qui n'en serait pas plus aimable.
On ne saurait croire, hors de Paris, combien nous sommes sensibles, au delà de tout, aux plus légers manques de dis* tinciion à Textrême surface,' et c'est aussi la seule raison (si raison il y a ) qui m'empêchera d'oser considérer comme chef-d'œuvre VHérïtage^ dont l'idée est très heureuse, et l'exécution souvent fine et toujours franche. Un jeune homme de vingt ans, orphelin, destiné à une immense fortune que lui assure un oncle son parrain, s'ennuie et bâille tout le jour. Il se croit malade par manie, il se fait élégant faute de mieux ; sa jeunesse se va perdre dans les futilités, et son âme s'y dessécher, lorsqu'une nuit, allant au bal du Casino, un incendie, qu'il admire d'abord comme pittoresque, le prend au collet sérieusement ; il est obligé de faire la chaîne avec ses gants blancs; il s'irrite d'abord, puis la nouveauté de l'émotion le saisit ; le dévouement et la fraternité de ces braves gens du peuple lui gagnent le cœur : il a retrouvé la veine humaine, et son égoïsme factice s'évapore. Une jeune fille qu'il aperçoit saisie elle-même par la chaîne, et qu'il reconduit ensuite avec une modestie discrète, achève la guérison. Le voilà amoureux d'une inconnue distinguée et pauvre. Son oncle qui l'apprend, et qui a sur lui d'autres projets, l'en plaisante comme d'une fredaine; puis, le trouvant sérieux, il se fâche et finalement le déshérite. Lui, tout allégé, épouse la jeune fille et trouve le bonheur. On conçoit le charme et le pro> fond de l'idée ; mais, dans toute la première partie, le jeune homme, qui est un élégant de là-bas, ne nous paraîtra pas tout-à-fait tel ici. C'est une affaire d'étiquette et de tailleur peut-être, affaire des plus importantes toutefois pour notre
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superbe délicatesse. Ce jenne homme parle beaucoup trop de ses instruments de barbe (est-ce qu*on se fait la barbe encore?), de son savon perfectionné^ de son cure-dent surtout, et de la côtelette qu'il mange. Ce sont des riens; ils font tache pour nous, sans qu'il y ait guère de la faute de Tanteur, qui n'était pas tenu de deviner nos entre-sols de lions à la mode, quand il ne peignait qu'un mirliflor du quartier.
N'est-ce pas à propos de VEéritage encore, et comme ▼enant a^raver ces élégances qui retardent^ qu'il m'est permis de noter granmnaticalement plusieurs locutions particulières qui se reproduisent assez souTent dans les pages de M. Tôpffer, et qui semblent appartenir à notre vieille langue surannée ? Je leur bâille contre, pour, je leur bâille au nez. Et en parlant au valet qui annonce à contre-temps l'oncle parrain : «Imbécile ! j'étais sûr que (u me le pousserais dessus, n Molière, dans la scène II du Mariage forcée fait dire à Sganarelle, que Géronimo salue chapeau bas: ^Mettez donc dessus^ s'il vous plaît; » ce qui signifie: Couvrez-vous. Dans l'idiome du canton de Yaud, on dit encore vulgairement 7e me suis pensé ^ pour /ai pensé; ainsi dans les Contes et les nouvelles Récréations attribués à Bona* venture Desperiers, à la nouvelle LXV du tome II, on lit: « Ce régent se pensa bien que, pour aller vers une telle dame, il ne falloit pas estre despourveu... » Toutes les locutions singulières du patois genevois ou vaudois sont loin sans doute de pouvoir ainsi s'autoriser par d'authentiques exemples. M. Tôpffer le sait bien, et en général il fait choix; en vrai disciple de Paul-Louis Courier, il ne va pas toujours aussi couramment qu'il en a l'air. Tous ces mots du cru, ces locutions jusque-là éparses chez lui un peu au hasard, se s. ut